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Pour l'ouverture de sa semaine suisse,le festival Impetus nous démontre une fois de plus, si cela était encore nécessaire que les enfants du psyché ne sont pas morts, loin de là.

 

 

 

En arrivant à Lausanne, ce dimanche soir d'avril, il est clair que je ne m'attendais pas à ressaisir autant l'importance qu'avait eu le rock sur ma personne. Tant de par la technique dont on fait preuve les deux groupe présent que par les liens qu'ils mont permis de retisser avec mon histoire musicale.

Tout d'abord, Jack and the Beardead Fishermen, il leur a été donné la tâche d'ouvrir pour les vieux "papys" que sont Motorpsycho. C'est sans crainte et avec pas mal d'assurance que le quintet a commencé à enflammer le D!.

D'abord peu peuplé, la salle s'est rapidement laissé conquir par les riffs métal des besancenois. Ambiance de mers déchainées, la proue et les guitares en avant, les musiciens se démenènent sur la scène "restreinte" du D!, le matos de Motorpsycho étant déja installé. Je me prends à repenser aux premières élucubrations de Mastodon, ou encore A Storm of Light pour la pesanteur du son. Autant dire qu'en moins de 45 minutes de concert, ils m'auront convaincu.

Reste à comprendre pourquoi mettre un groupe métal avant un groupe psych-rock. en tant pseudo-esthète je me devais de me poser la question, et la réponse se fait au fur et mesure que j'écris. Tout me semble se situer dans les influences du jeu: entre envolées lyriques et hachage menu de leur audience respectives.

Lorsque Motorpsycho prend place sur scène, je dois avouer que jen'avais réellement prété l'oreille qu'à leur dernier disque: A Death Defying Unicorn, a fancyful and fairly far-out music fable, ainsi que leur crossover avec les trompetteux de Jagga Jazzist pour la série In the Fishtank. Autant dire que je m'étais confiné dans une perspective étrangement expérimentale, à la limite des opéras rock que j'avais pu entendre chez Mars Volta ou autre descendants de nos papys norvégiens.

Débuté par les morceaux de leur dernier opus, les trompettes jazz appelent aux féeries et aux contes obscurs et le concert sur lance sur Out of the Woods et the Hollow Lands, et installe l'ambiance pour le reste du concert: rétro-futuriste, sobre, émotionnel et vivace.

Les trois compères de base jouent avec plaisir avec l'auditoire en commencant fort et engageant pour enchainer dans des pénombres plus lentes et plus expériementales. On est à la limite du doom avec des accents chantés et murmurés parfois. Je vibre en mon fort intérieur, c'est de toute beauté.

Stale Storlokken, le pianiste free jazz invité sur Death Defying Unicorn arbore une cape blanche qu'il ne quittera pas de tout le concert, mis à part pour le dernier morceau où tous les musiciens se laisse aller à des envies plus progressives, King Crimson ou Hawkwind ne sont pas loins non plus. Mis à part des voix peut-être trop mises en avant quant à leur qualité de vocalistes, le son a pour une fois été valable au D qui m'a souvent percé les oreilles à n'en plus finir.

Alors que je cours pour prendre mon train, j'entends les dernières notes de Motorpsycho (Hogwash) s'éteindre au travers des murs du D Club. Le conte s'arrête pour moi après deux heures de concert, la nuit et le festival perdurent, il va me falloir rattraper vingt ans de discographie maintenant.

 

 

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