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Pour sa 33ème édition du 10 au 18 avril, le Cully Jazz Festival promet un jazz chaleureux, convivial et… bien arrosé. Le jazz, le vin et Cully sera sans faim.

 

Cully Jazz Festival 2015

Pendant 9 jours, le Cully Jazz Festival offrira musique de haute qualité pour tout public, avec ses 30 concerts payants et ses 70 concerts gratuits. Le village vigneron de Cully se transformera encore une fois dans un endroit féerique où une gigantesque multitude d’instruments - première entre tous la voix - s’est donné rendez-vous. Parmi les grands noms qui vont se produire cette année : Mayra Andrade (CV), Anouar Brahem (TN), Ablaye Cissoko (SN), Moncef Genoud (TN, CH), Brad Mehldau (US), GoGo Penguin (UK), Gregory Porter (US), Joshua Redman (US), John Scofield and Jon Cleary (US), la révélation Lisa Simone (US), fille de l’inoubliable Nina.

Fréquence Banane ne manquera pas de publier articles, interviews et toute l'actualité de la 33ème édition du Festival de Cully. À travers ce dossier, vous allez revivre concerts d’artistes talentueux et prestigieux et voyager de l’Afrique au Moyen-Orient, de l’Europe aux États-Unis jusqu’en Amérique Latine.

Laissez-vous alors séduire par les quais et les caveaux cachés entre les ruelles de ce village au cœur de Lavaux et allez découvrir la programmation sur le site du festival.

 

 

Drum on your drums, batter on your banjos,

sob on the long cool winding saxophones.

Go to it, O jazzmen.

Carl Sandburg, de Smoke and Steel, 1920

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Dernière journée du festival mais aussi journée internationale de la femme. Qu'elle plus belle manière de clôturer ces 10 jours en assistant à cet ultime débat : "Les femmes dans les processus de paix". Pour accompagner ce sujet et ce débat, un film : Pray the Devil Back to Hell.

 

Choisir d'Agir et Réagir

Un film retraçant le rôle des femmes dans les processus de paix au Libéria dans les années 1990.

Le Libéria, élu domicile de prédilection par les afro-américains dans la fin des années cinquante, subit tensions et guerres civiles depuis le départ de ceux-ci. Avant la « décolonisation », les américains ont à leurs habitudes privilégié certaines ethnies au dépend d’autres, instauré un régime voué à la discordance et aux conflits d’intérêts et ont, bien sûr, saupoudré le tout d’argent et de fusils.

Et on remercie les Etats-Unis pour leur énième contribution à la paix dans le monde ! Cela mérité bien un prix nobel de la paix pour le président !

Ce climat propice à la démocratie et modèle de justice, ne tînt que quelques instants avant de s’effondrer dans le chaos le plus total. Le chef du gouvernement commettant crimes de guerre et joyeuses ripailles sur le dos de son peuple quant à la l’armée rebelle, chargée de libérer son pays de ce tyran, usurpateur de pouvoir, celle-ci… et bien elle était tout aussi innocente que sa proie, commettant crimes de guerre à la chaîne et maintenant terreur et insécurité tout en ayant pouvoir et argent constamment dans sa ligne de mire.

L’histoire que je suis en train de vous narrer n’est qu’une infime partie de ce qui s’est passé au Libéria et ne concerne qu’une infime partie de la population, une population mâle, dopée aux testostérones, avec un désir insatiable de tuer et de violer ! Ces hommes ont peut-être produit cette histoire mais ce sont les femmes qui en ont changé son cours !

Femmes et enfants, premières victimes de pays, économies et régimes instables. Femmes et enfants, premiers absents de négociations pour la paix, pour le changement et pour débats ou initiatives s’intéressant à leur sort. Femmes et enfants longtemps boudés par le droit, longtemps niés un statut de citoyen, être humain parmi d’autres. Femmes dont le corps est le premier a être envahi et souillé lors de conflits. Enfants dont l’âme et les désirs sont corrompus et manipulés vers la haine et la destruction…

Femmes et enfants, pourtant, seuls instances d’espoir qui restent quand les hommes ont tous basculés dans l’innommable et l’inhumanité.

Les hommes au Libéria, se faisant une fierté d’être au combat, n’admettent pas les femmes. Celles-ci n’ont donc aucune responsabilité directe dans les conflits, leurs mains ne sont pas recouvertes de sang, seuls leur cœur et corps saignent et subissent. C’est cette situation qui a été propice aux mouvements des femmes du Libéria pour la paix.

En 1989, les villageois s’étaient tous réfugiés à Monrovia, capitale du Libéria. Les forces rebelles commettaient dans les villages viols et autres hostilités morbides ce qui poussait les populations dans la capitale où ils se pensaient à l’abri, sous la direction directe de Taylor, le despote…Or, Taylor voyait leur présence comme néfaste à l’image qu’il voulait avoir de la gouvernance de son pays. Il commença a y avoir des rumeurs, des bruits affreux courraient dans les camps de réfugiés : les forces rebelles avançaient sur Monrovia et Taylor allait déplacer le conflit dans les camps pour soi-disant protéger les réfugiés mais saisir, en réalité, l’occasion de nuire et d’éliminer la plupart d’entre eux dans le chaos qui s’annonçait.

C’est à ce moment, que les femmes en eurent assez ! Assez d’avoir peur, de courir, fatiguées de voir leurs enfants violés, tués, de les voir disparaître, de vivre dans une guerre incessante, de vivre avec la faim et la peur au ventre.

Assez de voir tous ces hommes mener cette zizanie et n’avoir comme seule ambition : pouvoir et argent ; sans le moindre souci de leur peuple ou de ses souffrances.

Ces femmes vivaient un calvaire sans fin, leurs intérêts n’étaient pas défendus et elles étaient prisonnières de ce climat mortuaire et martial, sans un mot à dire ! Jusqu’au jour où elles en eurent assez, où ils étaient allés trop loin, où les femmes surent que si la paix devait arriver un jour, cela n’arriverait pas avec eux mais avec elles !

Elles étaient le dernier espoir de paix pour le Libéria. Consciente du devoir et des responsabilités qui leur incombés, elles y mirent toutes leurs âmes et courage.

Ce film est leur histoire, leurs combats et leurs victoires !

Finalement ce FIFDH aura été riche en émotions et en découvertes. Il ne me reste plus qu’à trouver le courage…d’AGIR car les exemples et les héros dont s’inspirer ne manquent pas et grâce leur soit rendue !

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Nous sommes le 7 Mars.

Le Festival prend fin demain et notre aventure avec.

Beats of Antonov

Charlie’s Country

Dirty Gold War

sont les trois films vers lesquels on a décidé de se tourner.

Gaks gold

On croit souvent faire le premier pas, faire nos propre choix et être les seuls résponsables de nos sacrifices or, il n’en est rien !

Au FIFDH, ce sont les films qui vous choisissent, les documentaires qui vous élisent, les acteurs qui vous confient leurs combats.

Et vous dans tout ca ? Vous êtes la boîte de réception, le réceptacle !

Ce n’est pas vous qui vous tournez vers tel ou tel film, c’est le film qui vous fait tourner la tête, qui vous bouleverse et vous marque au fer à tout jamais.

Quand on rentre dans une salle de projection, nous devenons du bétail conscient qu’il ne ressortira pas vivant de l’abattoir à bons sentiments et du voile de l’ignorance.

Trois films nous ont donc élu, nous ont donc confié leurs messages et leurs doléances.

Beats of Antonov, Charlie’s Country et Dirty Gold War.

Les trois se penchent sur l’éradication de peuples et cultures, se tournent vers un non-retour de l’humanité, vers une terre déjà bien entamée par les méfaits de l’homme et sa cupidité, vers la destruction de l’homme et l’effacement de son humanité.

De cette torpeur s’élèvent pourtant des cris, des chants, des voix qui eux y croient encore, qui espèrent encore pouvoir faire valoir leurs droits, qui n’ont pas encore perdu la foi et qui comptent encore se faire justice.

Pourquoi est-ce qu’alors nous n’y croyons plus ? Pourquoi est-ce que nous voyons l’humanité condamnée ? Pourquoi est-ce que ce sont ceux qui subissent et souffrent le plus de la mondialisation, de la modernité et d’intérêts étrangers, qui y croient le plus ? Sommes-nous tant pessimistes que ca ? Avons-nous donc perdu tout espoir ?

Si cela est le cas… autant mourir maintenant que de subir et d’être asservi à un système et une société qui n’y croient plus et dans laquelle nous n'avons plus foi. Autant céder notre place à ceux qui le méritent, ceux qui se battent et luttent pour un monde meilleur, un respect de la vie, de la terre et de la diversité. Nous, vous, eux, tous ceux qui se disent où ne s’avouent pas défaitistes qu’ils croupissent dans une honte éternelle.

Ne sont pas dignes à la vie, ceux qui ne croient plus en elle.

Ne sont pas dignes d’être sur terre, ceux qui n’en prennent pas soin.

Ne sont pas dignes d’aimer, ceux qui n’aiment pas leurs voisins.

Ne sont pas dignes d’être heureux, ceux qui se réjouissent en tant qu’individu uniquement !

Vous l’aurez compris ce FIFDH, vous n’en sortez pas indemne !

Vous pensez y aller pour apprendre et découvrir sur l’autre, sur la condition des droits humains et de l’humanité dans le monde mais, en réalité, l’unique chose à laquelle vous êtes confrontée c’est vous même. Que ceux qui n’ont pas la conscience tranquille, prennent garde !

C’est peut-être égocentrique, égoïste, nombriliste de voir ce festival ainsi ! Comme un énième service rendu aux riches et nordistes avides de purifier leurs âmes. Mais il nous rend véritablement service et nous apprend une leçon :

Là où la mort et la tristesse règnent le plus, est aussi là où la vie et la joie triomphent!

Beats of Antonov

Des peuples entiers dans le sud du Soudan, réfugiés dans la région du Nil Bleu et de la Montagne Nouba. Chassés depuis des années, victimes de racisme, de guerres ethniques, des « sacs noirs » auxquels on n’accorde aucune valeur, vivant au rythme des bombardiers, de maisons brulées, bétails tués et proches disparus… Désarmés, aucun fusil en main ; leurs seules armes : la beauté, la musique, le chant et des couleurs radieuses !

Charlie’s Country

Nous suivons Charlie, un vieil aborigène d’Australie. Son aigreur et sens de l’humour nous emmènent vers de nombreux horizons de réflexion. Charlie n’est pas son prénom, son véritable prénom est trop compliqué à prononcer ; comme sa culture qui est devenue trop compliquée a intégrer dans la société moderne et post colonialiste d’Australie. Charlie se cherche une identité. Il tente un retour à la Terre Mère mais celle-ci le rejette. Il est déjà bien trop atteint par la société et ses maladies. À Darwin, il se mêle aux siens- ceux qui ont quitté les campements- déchéance et alcool le mène en prison. Là il perd toute identité. Son ami d’enfance avouera ne pas réussir à lui parler tant il est changé : cheveux et barbe rasés. Sorti de prison, Charlie rentre au village artificiel et surveillé où les siens sont pour la plupart enfermés. Face à la l’échec de son retour aux sources, de sa quête pour un état de complétude et d’harmonie entre ce qu’il a été, ce qu’il est et ce qu’il aimerait être ; Charlie se soumet à sa condition mais s’engage dans sa communauté pour que eux, les jeunes, n’aient pas à vivre son cheminement d’errance entre cultures et identités, pour qu’ils aient une chance de faire perdurer la richesse de leurs origines dans la brutale et écrasante société australienne.

Dirty Gold War

L’or de la mine à la vitrine. Plus jamais vous ne regarderez vos alliances, bijoux ou caprices de la même manière et… tant mieux ! Personnellement, je pencherais pour rendre l’or, son utilisation en tant que monnaie et ou décoration : illégale ! Alors qu’il est si évident de bannir le commerce d’ivoire, d’ailerons de requins ou de graisse de baleine pourquoi n’en est-il pas de même pour l’or ?!

L’or est un fléau, son histoire n’est pas glorieuse ! La beauté qu’on lui attribue, les valeurs qu’elle est supposée faire éclater au nez de tous : richesse, élégance, finesse… Toutes ces choses sont très relatives et ne valent rien au regard des dégâts et de l’horreur qu’elle amène : morts, pollutions et corruptions sans parler des génocides historiques et ruées animales vers la richesse ! Si la valeur de l’or est à revoir, ce film aussi est à voir, et revoir et ce, jusqu’à ce que tout un chacun enregistre dans son petit cerveau qu’il est temps de mettre un terme à cette industrie de la mort !

Dès aujourd’hui, refusez le port ou l’achat d’or, informez-vous sur le sort des réfugiés du Sud Soudan et militez pour la survie des populations indigènes !

FIFDHment vôtre…

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Hier j’ai assisté à deux projections fort intéressantes. Emballée dans les rouages du festival, j’ai consommé de l’image avec gloutonnerie, dévoré deux films d’affilés, englouti deux reflexions sans les mâcher cerebralement, absorbé tout leurs sucs jusqu’au point de m’y étouffer et surtout je me suis gavée des souffrances et de la tristesse du monde comme si de rien n’était.

(c) https://deerjaws.wordpress.com/tag/fishing/

Peut-être, en rentrant, ai-je pédalé avec plus de conviction, mais c’est tout ! Faire un Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains crée des métasituations auxquelles l’on ne penserait pas immédiatement :

- L’intérêt que peut avoir un Festivalier pour tout ce qui va être présenté

- La frustration et la honte de devoir choisir quel sujet l’intéresse le plus, quel thème ou débat risque de lui apporter le plus

- La crainte d’agir sans état-d’âme, d’être purement un consommateur sans conscience

- La conscience de vivre une farce mais la reconnaissance d’avoir accès à toutes ces histoires et combats

- Un combat avec soi même, lorsque confronté à sa passivité et soumission

- Une soumission au monde comme il est

- N’être et n’agir pas différemment, être simplement plus « aware »

Le FIFDH nous engage dans la contemplation et non dans l’action, il ne donne pas de solutions, n’apporte aucune aide… Il se contente d’informer et de surfer sur la vague exclusive des droits humains dans le monde, laissant l’homme sur le bas côté au profit d’une cause, d’un concept ridiculement lointain : l’humanité…

Choisir, favoriser , jauger le film qui nous fera le moins perdre de temps, qui en vaudra vraiment la peine et donc risquer d’agir sans une once d’humanité; écartant simplement, d’un geste de l’esprit, les autres causes et combats. Mais bon, ils n’avaient qu’a être présenté à un horaire convenable ou ne pas se chevaucher avec la projection du film tant acclamé par les critiques…

Hier, j’ai donc consommé de la chair humaine à la chaîne., enchaînant une projection sur les « Enfants Forçats » et une autre sur les pirates en Somalie «Fishing without Nets ».

Enfants Forçats : Quand les enfants se prennent en main

Un film, un sujet, un débat ? Non, il n’y avait pas de débat. Le film ne laissait pas de place au débat et le sujet était trompeur. On nous explique, avant la projection du film, quelques dates, faits et chiffres ; on contextualise le film.

« Des millions d’enfants travaillent encore soit sous le joug de l’esclavagisme soit dans des conditions qui mettent en péril leur éducation et santé . Or, dernièrement la Bolivie a fait passer une nouvelle loi concernant les enfants au travail : les enfants de 10 à 18 ans ont dorénavant le droit de travailler. Est-ce si mal de faire travailler les enfants ? Si ceux-ci travaillent dans de bonnes conditions, ont accès à une éducation, des soins et une vie libre. Qu’est-ce qui nous empêche de les faire travailler ? De leur permettre de gagner quelques sous pour leur famille ou pour leur survie ?»

Le débat s’annonce intéressant, dommage que le film en à peine une heure , réduise ces questions ouvertes à des abhérations. Pendant 1h12, H.Dubois nous dresse un portrait sinistre de la condition des enfants au travail. Inde, Mali, Burkina-Faso, Etats-Unis…nous y retrouvons des témoignages d’enfants esclaves, des activistes déplorant le sort des enfants au travail, rêvant à un futur où tous les enfants seraient à l’école et non dans les mines, derrières des échoppes, dans les usines, dans la rue, dans des tombes…

H.Dubois, ne nuance pas ses propos, il nous frotte le visage contre des images d’enfants squelettiques, en pleurs, désemparés, adultes avant l’âge, morts-vifs… Le documentaire installe l’auditoire dans une mare de mal-aise, ceux qui voient l’enfant au travail comme une opportunité, une chance ou une nécessité se sentent incriminés. Je suis perdue, pourquoi ne pas voir le travail comme une part de l’éducation obligatoire qu’un enfant devrait recevoir.

Travailler jeune permet l’indépendance, permet de se débrouiller, d’être autonome, d’être libre et insuffle le courage et le respect.

Dubois rêve d’enfant éduqués, ayant un avenir devant eux… Mais pour nous, petits occidentaux éduqués et nourris dès notre plus jeune âge de livres, multiplications et d’ambition de fonctionnaires ne sachant que faire de leurs 10 doigts à part réaliser un travail mécanique ou consommer dans l’immédiat- car incapable de se débrouiller ou de subvenir à nos propres besoins- nous, ou du moins je le crois, sommes les véritables « Enfants Forçats » asservis par un système, une compréhension du monde et une élite ayant peur de basculer à tout moment. Le film enraye toute vision positive des enfants au travail.

Le véritable problème ce n’est pas les enfants au travail mais les conditions de travail. Résultat, le Bolivie doit se justifier et expliquer pourquoi elle a passé cette loi…au lieu de la louer et de prendre exemple, nous reculons apeurés par l’aspect révolutionnaire de leur idée.

Ô droits humains et de l’enfants comme vous semblez éloignés des hommes que vous défendez…

Fishing Without Nets

Une histoire d’amour, d’argent et d’espoir. Je suis heureuse d’être partie à temps du débat vindicatif des « Enfants Forçats » pour le film explosif et terrible qu’a été « Fishing Without Nets ».

Percussions et shoots de Khat rythment le film.

C’est l’histoire d’un pêcheur Somalien, simple et aimant, qui pour rejoindre sa femme et son enfant envoyés au Yemen, s’enrôle dans la piraterie.

L’histoire s’emballe, saccadée d’arabe hurlé et de coups de fusil elle s’enroule aussi autour de cœurs tiraillés et d’une pauvreté tourbillonnante. Le film nous emmêle dans un filet invisible. Un filet dont la maille se resserre, forme un étau et finit par entailler celui qui y est capturé. Nous sommes pris en otage comme tous les personnages de ce film, nous sommes coincés dans les eaux de la fiction en attendant que la réalité nous remonte et nous écorche vif, sur le pont si vermoulu qui forme le lien entre mer et terre, fiction et réalité, nature et culture, monstres et humanité.

« Fishing Without Nets », un film, une histoire, une expérience a vivre et voir avec précaution, le risque étant de rester coincé dans les filets si tendres et tant de fois réparés, que sont l’espoir, l’amour et…l’argent.

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« Pourquoi est-ce que lorsque certains passent les frontières, ils meurent et d’autres pas ? »

« Il y a une lune et un soleil pour tout le monde, pourquoi la terre, elle, devrait-elle être divisée ? »

« Mort aux passeurs »

« No Borders »

« If you have to live, live free »

Extraits du documentaire: “On the Bride’s Side”

Exil en préparation
Pour la plupart des personnes migrantes d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient, l’arrivée n’est ni l’Italie, ni la Grèce; ce sont uniquement des zones de transit avant d’arriver en Suède. Or, rares sont ceux qui parviennent à échouer sur les côtes européennes et plus rares encore sont ceux qui parviennent à atteindre la Suède.

Leurs voyages sont semés d’embuches et de dangers. Pour quitter leurs pays, ils s’endettent, se confient à des passeurs sans état d’âme et se retrouvent dans des situations à hauts risques où la mort n’est jamais bien loin.

Lors de leurs périples, s’ils ne meurent pas sous les rafales de bombes ou fusillés, ils risquent l’épuisement, la faim, la soif ou encore la noyade, puis arrivés sur sol européen ils subissent humiliations et misères, prison ou renvoi, indifférence ou haine.

Au fil des années, la situation n’a cessé d’empirer. De plus en plus de migrants meurent en mer, les préjugés et la xénophobie escaladent vers une tolérance zéro, l’intérêt des nations pour ces gens est symbolique, politique, les frontières se ferment et le migrant vus comme délinquants…

Dans ces conditions et à la vue de cette situation qui empire du côté des migrants mais ne bouge pas de l’autre côté de la frontière.

« On the Bride’s SIde », lui, nous emmène de l’autre côté.

Nous ne sommes plus assis devant les nouvelles, avec une vue aérienne sur un bateau grouillant de monde et de morts ou à bord d’un chalutier se refusant d’aider les noyés car ils n’avaient qu’à ne pas faire le voyage, ils connaissaient les risques et puis ceux qui mourront ici, feront des migrants en moins sur nos terres car vous savez ce sont de véritables délinquants et profiteurs sans éducation… bref, ce discours est sans fin et les arguments, bien que faibles et non-fondés, pullulent par milliers…

Nous sommes aux côtés des migrants, de ceux qui n’ont qu’un seul rêve, trouver refuge et sécurité pour eux et leurs proches. Et la sécurité dans le cas présent et bien c’est la Suède.

Nous suivons l’aventure de quatre hommes et une femme. 5 palestiniens et syriens coincés en Italie et qui n’ont qu’un rêve, atteindre la ô tant et combien louée Suède.

Nous avons un couple, un père et son fils ainsi qu’un jeune homme.

Maintenant la question est : Comment vont-ils y arriver ?

C’est là, que commence notre documentaire

L’histoire de comment des migrants et italiens se sont débrouillés pour exhausser le rêve de leurs amis et compagnons.

L’idée c’est de se faire passer pour une procession de mariage. Qui arrêterait un mariage ? Les migrants deviennent parents, cousins, oncles, mariés… Ils sont cinq dissimulés parmi des italiens d’origine et des amis migrants intégrés à la société européenne, tous se sont lancés dans ce projet insensé d’accompagner ces cinq migrants en Suède.

Ils passeront par la France, le Luxembourg, l’Allemagne et le Danemark avant d’arriver en Suède. Nous les suivons tout au long de leur voyage. Répartis dans trois voitures, ils partagent avec nous leurs craintes, vies, histoires, espoirs et tristesse. Nous croisons des partisans du projet dans chaque pays, risquant prison ou autre représailles pour l’aide qu’ils apportent.

Ce documentaire déchire, on en vient à espérer que ce n’est qu’un film et non un documentaire. On en vient a souhaiter que rien n’est vrai, que tout est fiction, qu’aucun n’a réellement vécu ce qu’ils racontent, un à un, au fil du voyage :

Amis décédés, proches noyés, aide refusée, guerres insensées, vies déchirées : l’exil ou la mort.

Nous découvrons la tendresse et la douleur de ces gens, l’incohérence de nos politiques de migration, l’absurdité des frontières mais aussi l’importance d’avoir et d’appartenir à un peuple, une nation, un état…

Ce documentaire, je le recommande à tous et j’en viens sérieusement à penser que ce FIFDH devrait être permanent. Nous devrions injecter les Droits de l’Homme dans l’enseignement primaire, secondaire, universitaire… Mais aussi prendre garde aux supports que l’on utilise pour véhiculer les conditions et aberrations dans lesquels l’humanité est approchée, traitée, blessée, vendue et manipulée. Prendre garde à l’image; les films c’est bien mais l’on oublie vite que ce n’est pas que de la fiction. Le film permet de prendre trop de distance vis-à-vis de ce qu’il traite…

Ainsi, j’ai vu se lever après la projection nombre de festivaliers, comme si de rien n’était. La séance finie, ma B.A faite, ma sensibilisation entamée, ma sortie culturelle accomplie, je peux maintenant aller boire un verre avec mes copines, filer à la maison regarder ma série qui va commencer, sortir danser, me dépêcher d’aller au théâtre Pitoëff où Snowden pourrait apparaître via Skype…

> Est-ce que l’on ne finit pas par endosser un comportement irrespectueux et indécent ?

La formule du Festival est d’approcher ces sujets, tous plus sensibles les uns que les autres, concernant tant de monde et de douleurs, s’ingérer dans les plaies et le chagrin, analyser telle ou telle situation… n’y-a-t-il pas un moment où tout ceci perd de son sens. Ou les droits de l’homme deviennent divertissement ? Où l’on tombe dans le voyeurisme élitiste et occidental de : « ô regarde comment ca se passe là-bas, combien c’est terrible, combien ces gens sont courageux… »

Comme nous sommes tous ridicules assis là bien confortablement dans nos sièges alors que l’on aborde des sujets aussi terrible et impensable que : l’exil ou la mort…

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L’enlèvement et Words with Gods sont les derniers films auxquels j’ai assisté. Pourquoi eux ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Ai-je eu raison ? Saurais-je, un jour, si j’ai eu raison ? Et maintenant ?

Ganymede enlevé par Jupiter, Le Sueur Eustache
Hier encore, deux films sélectionnés difficilement depuis la liste foisonnante de films du FIFDH. Heureusement je ne regrette aucun des deux ! Vous savez, la vie peut-être dure lorsque l’on regarde ainsi autant de film en si peu de temps. Et elle l’est d’autant plus quand il y a le risque de louper et d’écarter des films de génie et de beauté !

Par exemple, ce soir pour quelle projection devrais-je opter ? Une qui pourrait aboutir avec un skype en compagnie de Snowden mais qui comporte le risque de m’ennuyer ou bien une qui m’intéresse mais qui pourrait me faire regretter mon choix…

Que de décisions dont l’unique personne à trancher peut-être moi ! On a beau mettre nos actes et paroles sur le dos des autres, ce sont toujours nous qui les accomplissons; alors vais-je réussir à assumer mes choix ? Ou bien vais-je hanter les générations futures des spectres de choses que j’aurais pu faire mais que je ne n’ai jamais faites !

De l’espace de Culte

Projection au temple St.Gervais, comment aurais-je pu deviner que cela allait être dans une église ? J’ai hésité, je n’y ai pas vraiment cru lorsque j’ai passé le pied de la porte de l’église paroissiale de St.Gervais.

J’ai pensé aux petits yaourts colorés, au fait que dernièrement je n’ai mis les pieds dans des lieux de culte uniquement par dessein touristique, qu’en fin de compte bientôt on oubliera la fonction première des églises, mosquées, synagogues et que celles-ci se métamorphoseront, comme elles le font déjà, en restaurants de luxe, magasins d’habits, ateliers d’artistes, salles de cinéma…

La plupart de nos pratiques, aujourd’hui, ne sont pas seulement modernes et ne font pas seulement appel à énormément de ressources et technologies, elles sont aussi envahissantes et avalent tout sur leur passage. Elles rasent nos capitaux culturels, nos patrimoines historiques et sociaux et transforment le tout en une charmante bouillabaisse d’oubli et de squelettes.

C’est très étrange de voir combien les cultes, qu’ils soient religieux ou pas, ne changent jamais vraiment de nature. Que l’on vénère la fiction et le cinéma ou des textes sacrés et leurs écrivains décédés, notre dévotion demeure égale.

À 13heures, personne ne priait dans l’église mais tous attendait impatiemment la manifestation du messie de l’image et de l’imaginaire.

Peut-être, est-ce cela l’unique différence entre cultes centenaires et cultes modernes : la conception du temps, de l’espace et de l’homme.

Aujourd’hui, on a plus le temps, on a tous l’espace que l’on désire et l’homme a la possibilité de s’élever au même niveau que ses divinités. Avant, on avait du temps, de l’espace et des hommes, simplement.

Grossier résumé, je vous l’accorde mais je veux en venir au film : esthétique mais creux. Une coquille dont toute présence divine se serait évanouie, le bruit d’une maison d’escargot sèche que l’on écrase pas inadvertance sans se retourner pour chercher le propriétaire.

Beau mais décevant. Le lieu qui l’accueillait avait plus d’histoire et de raison d’être que ce film aux prétentions avortées; parce que même la fiction a ses limites et ne peut reproduire fidèlement ou comprendre entièrement la religion sans paraître désuet de sens et d’intérêt

À l’enlèvement, le soulèvement du voile de l’ignorance

Frank Garbely et Juan Gasparni ont croisé et recoupé leurs enquêtes et travaux pour « L’Enlèvement ».

Véritable coup de théâtre !

Argentine, Espagne, Italie, France et Suisse: pays et citoyens impliqués

Fiat, Renault, Peugeot : entreprises corrompus et dépourvus d’éthique

Genève, Zurich, Paris, Gènes : allers-retours d’argent et de preuves, repères familiers

Hector, Luchino, Peron, Agnelli, Giscard d’Estaing , Chambon, Gasparini, Cafatti : acteurs et victimes

Animation et Documentaire : choix intéressants mais pas assez exploités

Régimes politiques, emprisonnements, humiliations : les dessous-des-cartes

Droits Humains : peu de choses lorsqu’Entreprises et Nations font le choix, main dans la main, de passer outre

Nous suivons le fil de l’enquête menée par ces deux hommes et l’évolution de la déchéance d’un homme trompé par ceux auxquels il vouait fidélité.

Il est difficile de retenir tous les noms mais une chose est sûre, c’est que les faits et les révélations d’hier soir ne sont qu’une infime partie de l’Iceberg. Peut-être, une reproche : de ne s’être appuyer sur l’animation uniquement pour véhiculer scènes ou histoires violentes, ainsi qu’une impression à la fin de cette petite heure, qu’ils auraient pu, qu’ils auraient dû aller plus loin.

En tant que spectateur, on ressent, que sais-je, un petit je ne sais quoi de terreur de la part du réalisateur et co-auteur de ce documentaire.

Se sont-ils retrouvés confrontés à un élément, une révélation de trop ?

Le mystère du livre noir, disparu mais bien ancré dans la tête de la victime nous laisse septique et suspicieux.

Alors que «L’Enlèvement » désirait faire lumière sur des faits et une histoire manigancée, j’ai l’impression qu’il a certes éclairé certains pans du récit mais que l’autocensure ou les précautions ont réussi à former une nouvelle enveloppe protectrice.

Encore une fois, les plus gros et les plus méchants gagnent !

Des choix intéressants mais inaboutis pour ma part, peut-être que ce soir sera une autre aventure ! Et vous ?

À demain :)

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Le 3 mars, c’était la journée de la femme !

Non ? Comment ça, non ?

Aya
Mais si je vous le dis qu’hier c’était la journée de la femme ! Je ne raconte pas n’importe quoi, quand même !

Non, c’est le 8 mars ?! Et pourquoi ça ? Qu’est-ce qui vous dit que c’est le 8 et non le 3 !

L’histoire ? Les sites officiels et les manifestations qui vont avoir lieu ce jour-là ?!

Ah… Si c’est comme ça, alors je dois m’insurger, m’indigner car je trouve et je pense de tout cœur que la journée de la femme c’était hier !

OUI ! Hier ! Arrêtez de me contredire et laissez-moi vous expliquer, peut-être comprendriez-vous mieux ensuite.

Mardi 3 mars, était donc la journée de la femme.

Au FIFDH, ce jour-là se sont suivis deux films, deux documentaires, deux perles du 7ième Art. Chacun d’eux avait pour protagoniste principal, une femme.

Une femme de courage, tristesse, solitude, force, ténacité et amour. Une femme dont le portrait et l’histoire te secouent, te font trembler d’émotion, fierté et admiration. Une femme que tu n’oublieras jamais et pour qui tu as décidé de te battre !

Me battre ? Oui, me battre ! Ces femmes-là, ces femmes dont je vais vous parler et que vous devez absolument découvrir par vous-même, car mon article loin d’être exhaustif est beaucoup trop subjectif, ces femmes-là n’ont pas besoin d’être défendu.

Il est passé l’âge, le temps, la possibilité de les défendre. C’est parce que personne n’est venu à leur secours qu’elles sont si fortes aujourd’hui, que je les respecte du plus profond de mes entrailles.

Emprisonnées, battues, humiliées, intimidées, détruites, violées et forcées dans le silence, ces femmes se sont battues, se battent et se battront encore pour leurs libertés.

Certes, ces femmes ne sont pas du même monde, n’ont pas les mêmes combats, priorités, blessures…mais il n’en demeure pas moins que ces deux femmes, ce sont battues vaillamment et mérite notre admiration pour ça !

D’un côté, Aya.

De l’autre, Rebiya.

D’un côté, le Cambodge.

De l’autre, la Chine Occidentale- Le Turkestan oriental, la région Xinjiang.

D’un côté, l’esclavagisme, le commerce d’êtres humains.

De l’autre, l’annihilation d’un peuple, d’une culture.

D’un côté, une lutte personnelle avec soi-même

De l’autre, un combat pour une nation

D’un côté, l’amour intime d’une fille pour sa famille, sa vie

De l’autre, l’amour inconditionnel d’une femme pour les siens

D’un côté, le silence, la mélancolie, la tristesse

De l’autre, la fougue, l’énergie et l’espoir

On peut continuer ainsi longtemps… De toute manière, je ne vais pas y arriver. C’est impossible de retranscrire la beauté et la force de ces deux femmes, de ces deux êtres.

En quelques heures, à travers images et débats, ces femmes sont maintenant devenues une partie intégrante de mon être.

Mélange d’héroïnes et d’anti-héros, j’en suis tombée amoureuse et je décrète que le 3 mars sera dorénavant la journée de la femme, de ces femmes, de celles qui n’abandonnent jamais vraiment, de celles qui gardent la tête haute, de celles qui arrivent chaque jour à poursuivre leur combat, chacune à leur manière.

Très chère Aya, très chère Rebiyia, et chères consœurs je vous remercie pour hier. Vous nous avez accordé votre temps, votre âme, votre espace de réflexion et vos combats. Je vous serai à jamais reconnaissante…

Merci aux réalisateurs et au FIFDH de leur avoir accordé une place, de nous avoir donné l’opportunité d’aller à leur rencontre et de vibrer au son de leurs voix.

Femme, et « Homme », je vous rendrai fières et ferai tout pour ne jamais salir votre travail, vos combats et je compte à partir de ce jour vous célébrez dignement, tous les ans, le 3 mars !

The Storm Makers, Guillaume Suon

The 10 Conditions of Love, Jeff Daniels

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Nestlé et le Pakistan : Le scandale du lait infantile.

Première soirée passée, confrontée à des incohérences et injustices qui dépassent l’entendement. Un film de fiction mais des invités bien réels.

Enfant Nestlé vs. Enfant Allaité

« Votre premier engagement dans ce combat doit être le boycott » Mike Brady, directeur de la coordination et du networking, Baby Milk Action.

« Le problème avec Nestlé c’est son management »Yasmine Motarjemi, Ex-Assistante, ancienne cheffe de la sécurité alimentaire chez Nestlé et lanceuse d’alerte.

« Je suis venu témoigner à l’OMS, ils m’ont accordé 2minutes »Syed Aamir Raza, ancien vendeur de lait infantile pour Nestlé et lanceur d’alerte pakistanais.

« Nous ne pouvons pas endosser cette responsabilité… », Nestlé.

Il y avait quatre invités de prévus hier soir, seul trois sont venus. Nestlé et l’OMS se sont cloîtrés dans un coupable silence. Un silence, que les trois personnes présentes ont brisé. Une culpabilité que Mike, Yasmine et Syed essayent de prouver depuis de nombreuses années.

Nestlé semble être une entité lointaine et abstraite, tant ses agissements détonnent avec son image. Comment est-ce possible ? Comment pouvons-nous cautionner de telles politiques commerciales ?

Car Nestlé est politique, Nestlé fait même sa propre politique dans le monde entier. Assassine et non-éthique, Nestlé siège sur corruption et terreur. Tapi là où on ne l’attend pas, c’est un monstre tentaculaire.

Abusés, nous, vous, eux…même les invités ! tous se sont fait avoir à un moment donné. Son gros sein poudreux, gonflé de rêves pour vendre toujours plus, plus d’un y ont tété ! Pour les uns ce fut involontaire : Nestlé s’infiltrant dans toutes les chaines de production alimentaire, dans des produits dont l’on ne soupçonnerait jamais sa présence… pour les autres, ce fut l’argent, le prestige, l’ignorance, la cruauté, la lâcheté…

Triste portrait de l’humanité qui a été dressé : les hommes sont à l’unanimité allaités par Nestlé.

Une solution? Nous, comme toujours.

Boycott

Des Solutions? L'OMS? (Taille: 42.57MB)
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Nous sommes le 27 Mars et le Festival a officiellement commencé. C'est partiiiii!

Que sais-tu vraiment?

Bananes. Bananes,

Ici, votre Banane envoyée spéciale au FIFDH. L'accréditation en poche et les contremarques imprimées (soit 17 pour le moment)...

Je suis heureuse de vous annoncer que Fréquence Banane est fin prête a couvrir l'évènement!

Lorsque je me suis lancée dans le projet, quelques remarques et questions ont surgi:

- Es-tu une fine critique en cinéma?

- As-tu fais des études en relations internationales?

- As-tu suivi des cours au sujet de la technique dans le cinéma?

- As-tu une culture cinématographique?

- Suis-tu l'actualité? Les nouvelles?

Non, non et non.

Devrait-on me retirer mon accreditation? Certains le pensent sûrement; j'y ai moi-même réfléchi.

Suis-je assez "aware"?

Est-ce que je mérite cette place privilégiée dans le festival? Y ai-je ma place? Après de longues heures à tergiverser, je me suis dis que même si je n'y ai pas ma place, il n'est pas encore trop tard pour m'en faire une; et que d'une certaine manière le simple fait d'être humaine justifiait ma présence, comme celle de nombreux autres festivaliers!

Être sensible, prêt à apprendre, désireux de découvrir, ce sont des bases saines et sûres pour entamer ce festival. D'ailleurs, si l'on y pense... ce festival, les droits de l'Homme et toutes les institutions qui en découlent se sont tous, à un moment donné- avant de s'intellectualiser et de devenir hermétique au monde- simplement intéressés au sort de l'homme et à la condition humaine.

Je m'en vais donc tête baissée, mais l'esprit ouvert, à la découverte de ce fameux FIFDH! Et ce soir ca commence fort!

Un film, un sujet, un débat à 20h15 au théâtre Pitoëff: Nestlé au Pakistan, le scandale du lait infantile...

En espérant que vous aussi trouviez votre place ce soir.

Des bananes

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Pour cette 18ème édition, le JazzContreBand propose un début d'automne pas sérieux, et même un peu fou. Du 2 au 25 octobre, le jazz est à l'honneur en France voisine et en Suisse romande.

jazzcontreband 2014

Pas moins de 50 concerts dans 20 salles différentes ! C'est à nouveau un éclectisme de jazz que ce festival réputé propose au public : « tant de lieux, tant de musiciens, tant de spectateurs pour une cause commune, la fête, le Jazz, la rencontre et quelques ambitions utopiques d'un autre âge : le partage, la communion ou l'abolition des frontières ».

Le JazzContreBand englobe la région lémanique pour diffuser une grande variété musicale entre concerts, jams et master classes. Car le jazz n'est qu'un prétexte fédérateur, qui réunit les professionnels de la musique improvisée et propose à de jeunes formations l'opportunité de se produire.

Au-delà, il rassemble divers styles, du swing manouche à la world music tout en proposant du jazz des plus classiques pour les spécialistes. La palette d'artistes laisse aussi aux amateurs et néophytes la possibilité de découvrir un genre musical aux possibilités infinies ; des musiciens de la scènes régionales, nationales et internationales pour un programme haut en couleur.

Ecoutez bientôt les chroniques de l'événement sur notre émission bimensuelle de musiques épicées, Radio Masala. N'hésitez pas non plus à vivre les concerts en direct. Vous retrouverez toute la programmation sur le site du festival JazzContreBand. Et pour les noctambules ? Le Chat Noir de Carouge vous invite à leurs nuits blanches... « On n'est pas sérieux quand on a 17 ans ». Le comité du festival nous rassure : « On ne l'est pas plus à 18 ».

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Le weekend du 23 et 24 mai, le jazz club genevois de l’AMR donne carte blanche au bassiste et compositeur Christophe Chambet qui y dessine les lignes de son nouveau projet, « Time Lapse », en collaboration avec Patrick Muller au piano et Fender Rhodes, Christophe Calpini à la batterie et sampler, Ganesh Geymeier au sax ténor.

Blanc. Blanches sont les partitions. Blanche est la Calvinus sur ma table dans la salle de concert de l’AMR. Blanche est la carte que le jazz club genevois a donné à Christophe Chambet, compositeur et bassiste, pour ce weekend de fin mai. Liberté est le mot-clé.

A propos de liberté, le musicien s’explique : « Quand l’AMR m’a offert l’opportunité de cette carte blanche, ce sont d’abord ces éléments qui ont servi de réflexion pour élaborer le projet. Le premier travail a été de faire table rase des fichiers audio « sauvés » sur disque dur pendant dix ans, pour écrire un répertoire à partir de nouvelles idées. J’ai alors choisi de travailler au piano et c’est là que tout s’est accéléré. La musique sera donc un voyage à travers tout ce que j’aime : du jazz, de la pop, de l’électro, de la musique de film, du groove… »

Ainsi, place à l’improvisation, place aux nouvelles idées ! Il y a environ six mois, Chambet accepte le défi d’une carte blanche pour deux soirées et dessine le brouillon de Time-lapse. Il fait ensuite appel à deux collègues de longue date: Patrick Muller (piano) et Christophe Calpini (batterie, sampler). Le pinceau de Muller donne les premiers coups à l'aquarelle sur la toile pendant que Calpini repasse les contours des esquisses au feutre. Le projet inclut aussi une new entry, le jeune créatif Ganesh Geymeier (sax ténor). La dernière touche de couleur, c'est à son tour de la donner.

Le résultat est irisé et le créateur en est déjà satisfait après tous les efforts et le stress du début. Radio Masala va donc à sa rencontre peu après le dernier concert. Christophe Chambet partage avec nous l'histoire de Time-lapse, sa composition et ses musiciens. Aussi, il dévoile aux micros de Radio Masala tous les secrets derrière les morceaux et leurs titres, qui souvent cachent des jeux de mots très sympas. On souhaite donc longue vie à ce projet qui vient de voir le jour il y a si peu de temps, et à vous, chers auditrices et auditeurs, une bonne écoute !

Image: © Laprod.ch

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Macropolis Kultur accueille jeudi soir Tatiana Auderset, la coordinatrice du Festival de théâtre universitaire, Commedia. Laissons donc parler l'éditorial de l'événement avant d'écouter l'émission.

Commedia

Le théâtre tient une place particulière au sein des universités. Chaque année, ce sont des centaines d’étudiants qui, poussés par le désir du jeu, perpétuent l’acte théâtral, visitant ou revisitant des auteurs, des formes et des époques différentes.

Commedia, festival de théâtre universitaire – Genève, la Comédie de Genève s’associe aux troupes théâtrales des universités alentours.

Pour sa première édition et en collaboration avec Fécule, Festival des cultures universitaires de Lausanne, Commedia accueille, du 13 au 17 mai sur les scènes de la Comédie, huit spectacles venant des Universités de Lausanne, Neuchâtel et Genève. Cette semaine, placée sous le signe de l’échange, invite le public et les étudiants de différentes provenances à se rencontrer autour des spectacles, lors des activités et des soirées organisées par le festival.

Commedia est également l’occasion de réfléchir aux rapports entre théâtre et université lors de débats ou grâce à des collaborations, notamment avec R.E.E.L. – La Revue Écrite par les Étudiant-e-s en Lettres, en charge de s’immiscer dans les coulisses de l’événement.

Spectateurs d’un soir ou public fidèle, c’est avec cette passion pour le théâtre que nous vous invitons à découvrir les étudiants briller sous les feux des projecteurs !

 

Tatiana Auderset, coordination Commedia
et Ambroise Barras, responsable des Activités culturelles de l’UNIGE

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Célébrations avec un duo magistral d’amis : Marc Copland & John Abercrombie

De l’album jazz-rock Friends de 1973, enregistré dans une New York jeune, explosive et folle, jusqu’au plus récent chef d’œuvre, 39 steps, publié en 2013 : Marc Copland (piano) et John Abercrombie (guitar) expliquent l’évolution d’une amitié de quarante ans.

Une demi-heure avant le concert, je les rejoins dans la salle à manger au deuxième étage de l'AMR, le jazz club le plus prestigieux de Genève. Ils viennent de terminer le dessert et très amicalement me reçoivent à table. Pour Marc Copland et John Abercrombie, c'est une journée de travail comme les autres, journée dédiée à leur musique : le jazz. Ils sont en tournée pour présenter leur dernier chef d’œuvre, 39 steps, publié en 2013 par ECM Records, le label allemand auquel Abercrombie reste toujours fidèle.

Mais pour le public qui fait la queue dans les escaliers de l'AMR et qui commence déjà à réchauffer l'air dans la salle de concerts, le 30 avril 2014, ce mercredi nuageux, est un jour de fête. C'est la 3ème Journée Internationale du Jazz, proclamée en 2011 par l'UNESCO et l’Ambassadeur de bonne volonté, Herbie Hancock. Irina Bokova, Directrice Générale a dit à cet égard : « Tout au long de son histoire, le jazz a été un moteur de transformations sociales positives et l’est encore aujourd’hui. C’est pourquoi l’UNESCO a créé la Journée internationale du jazz. Depuis ses origines enracinées dans l’esclavage, cette musique a fait entendre sa voix passionnée contre toutes les formes d’oppression. Elle est une langue de liberté qui parle au cœur de toutes les cultures ». De nombreux gouvernements, organisations de la société civile, institutions éducatives et citoyens, actuellement engagés dans la promotion de la musique jazz, saisirent cette occasion pour favoriser une plus grande appréciation non seulement de cette musique mais aussi de sa contribution à l'édification de sociétés plus inclusives. Chez nous, à Genève, c’est l’Association pour l’encouragement de la Musique impRovisée (pour les amis, l’AMR au 10, rue des alpes) qui s’est chargée d’organiser cette journée en collaboration avec le Club de Musiques des Nations Unies. Des concerts ont été organisés dans le foyer de l’AMR, la salle des assemblées du Palais de Nations Unies et finalement dans l’intimité de la salle de concerts au premier étage du jazz club.

C'est bien ici que, sous des lumières claires qui caressent les yeux d’une salle comblée, le duo Copland & Abercrombie s'est produit. Ils se réchauffent avec un standard « Alone Together » , introduit dans le musical de Broadway « Flying Colors » (1932) et rendu célèbre grâce aux versions de Dizzy Gillespie en 1950 ou Art Blakey en 1955. Le morceau sonne tristement un peu rouillé comme les deux musiciens semblent très fatigués lors d’une entrée assez lente dans le « right mood » du concert. L’énergie arrive juste après. Copland et Abercrombie passent aux compositions sorties toutes fraîches du dernier album 39 Steps comme : « Another Ralph's », copie de l'original Ralph's Waltz Piano qu’Abercrombie a composé pour son collègue et ami Ralph Towner mais sur un ton différent ; « As it stands », ballade par Abercrombie ; « Greenstreet », dédié à un acteur anglais un peu costaud dont Abercrombie imite la grosse voix et « LST (little swing tune) » écrite par Copland ... mais qui ne nous doit pas rappeler «another thing or substance », dit Abercrombie en mode nostalgique car « those were the good days ». Tout le monde rit. L’atmosphère sur scène est très agréable. On a l’impression d’être dans notre salon en train d’écouter deux chers amis jammer ensemble. Abercrombie et Copland prennent leur temps, rigolent souvent, se lancent des messages avec le regard ou par la voix aussi (« Give me another ! » dit Abercrombie tout excité). Leur tranquillité envahit la salle : Copland, pendant qu’il joue, enlève ses chaussures pour effectuer plus confortablement son élégant jeu de pédale, Abercrombie murmure ses morceaux comme si il dirigeait sa guitare vers la note exacte. La façon dont sa main droite touche les cordes qu’avec le pouce est étonnante : il joue aussi bien sur un rythme rapide que sur une mélodie où chaque note a une importance et donc un poids différent. Je me tourne vers le public : il y en a plusieurs qui écoutent yeux fermés, en train de savourer la musique.

Les deux se sont rencontrés en 1970 lorsqu’ils jouaient pour le Chico Hamilton Quartet dans une New York explosive, entre le rock psychédélique à la Woodstock ou les débuts R&B de Motown et la naissance du hard-rock à la Led Zeppelin ou la mode du Saturday Night Fever, une New York de la crise du pétrole, une New York qui voit la fin de travaux des tours jumelles du World Trade Center. Copland à l’époque était étudiant à l’Université Columbia et jouait professionnellement du saxophone alto depuis plus de dix ans. Abercrombie, lui, venait d’obtenir son diplôme du Berklee College of Music de Boston et était membre du groupe jazz-rock Dreams. En 1973 ils enregistrent dans une petite salle de la Columbia University l’album « Friends » (1973) pour la Oblivion Records. C’est un exemple de jazz électrique où Copland expérimente l’ajout d’appareils électriques à son saxophone. L’histoire de Copland et Abercrombie après cet album veut qu’ils se séparent vers deux directions totalement différentes pour une bonne dizaine d’années. Copland abandonne le saxophone, instrument trop limité pour sa musique de plus en plus compliquée, et laisse la scène jazz de New York pour aller étudier le piano à Washington. Abercrombie commence une phase de jazz-fusion (il se produit aussi avec la mandoline électrique et la guitare synthétiseur) puis il est invité par Jack DeJohnette à jouer dans son groupe. Au fil des années, les collaborations ne tardent pas à arriver : ils travaillent aux cotés de musiciens comme Michael Brecker, Joe Lovano, Dave Holland, John Scofield, Gary Peacock, Ralph Towner, Billy Hart, Kenny Wheeler, Drew Gress, Dave Liebman, Enrico Rava et tant d’autres. Mais c’est leur collaboration qui dure le plus : quarante ans et neuf albums dont je vous rappelle « My Foolish Heart » (1988), « Second Look » (1996), « Speak to Me » (2011) et « 39 Steps » (2013).

Les cent cinq minutes du concert et le rappel volent sans que n’ait le temps de regarder sa montre. Le choix de jouer vers la fin du concert la toute première composition de John Abercrombie est donc parfait: « Timeless », en version acoustique avec piano et guitare. Parce que c’est ça la beauté du jazz : pas le temps de penser à ses propres problèmes, à l’âge qui passe, aux occasions qui s’envolent, aux mots qui font mal. Il n’y a que l’envie de se retrouver une fois de plus sur scène ou chez soi avec d’autres musiciens, collègues ou amis, pour jouer une musique complexe et de grand qualité. Le jazz laisse parler les instruments. Les musiciens laissent parler leurs yeux. La motivation laisse parler des émotions qui n’ont pas de mots. Et c’est là, avec Marc Copland et John Abercrombie, que j’ai compris cela. Étudiants et professeurs d’eux-mêmes en même temps, ils montrent qu’ils connaissent bien leur truc, qu’ils adorent jouer de la musique pour la musique et qu’ils s’entrainent de jour en jour pour s’améliorer, comme si il n’y avait pas de futur, ni de fin du temps.

De suite vous retrouvez l’interview pour Radio Masala avec Marc Copland et John Abercrombie. Les deux stars m’ont dédié une vingtaine de minutes juste avant le concert. Autour de leur table, dans une atmosphère très charmante et sympa, on discute de ce jour symbolique pour le jazz et on se penche sur l’évolution de leur collaboration. Des blagues et un petit scoop concernant un joint partagé avec Thelonious Monk sont au menu.

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Vous ne savez pas encore vers quel Master vous tourner ? Vous voulez en savoir plus sur l’information et les technologies 2.0 ? Vous aimeriez pouvoir rencontrer et échanger avec des professionnels de la communication et du journalisme numérique ? Si vous avez répondu oui à au moins l’une de ces questions : les étudiants en Master en Communication et Journalisme de l’Université de Genève vont vous ravir mercredi prochain !

Affiche de la table ronde

A l’occasion des portes ouvertes de leur Master, le mercredi 2 avril, Medi@LAB-Genève (Laboratoire de recherche de l’Institut des sciences de la communication, des médias et du journalisme de l’Université de Genève) et ses étudiants ont mis en place deux conférences et une table ronde suivi d’un apéritif, qui permettront aux jeunes bachelorants ainsi qu’aux curieux d’en apprendre plus et de discuter des enjeux de la communication et du journalisme numérique.

Au programme :

  • une conférence de Caroline Sauser, de l’Office Fédéral de la Communication (OFCOM) à 12h45 en M3220.
  • suivie d’une conférence de Dominique Roux, Professeur à l’Université Paris Dauphine, sur l’ère du numérique et l’émergence des Master 2.0 à 15h15 en MR150.
  • Vous pourrez ensuite développer ces différentes thématiques autour d’une table ronde (16h30, en MR280) en compagnie de
    Réginald Bien-Aimé, Responsable des Relations Médias pour les sports à la RTS
    Hannes Gasser, Head of Search pour Webrepublic
    Victoria Marchand, Rédactrice en chef de Cominmag
    et Cécile Roten, Responsable du service de presse pour le Paléo Festival.

Pour bien finir cette après-midi, l’Association des étudiants du Master en Communication et Médias (ACOM) vous offrira un verre, à partir de 18h (en MR280).

Votre radio préférée se sentant très concernée, vous y croiserez peut-être quelques bananes, incognito, qui prendront des notes. Pour plus d’informations sur cette journée, il y a l'event facebook, ou, plus généralement, sur ce master : www.medialab-geneve.ch

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Un des groupes de timba le plus populaire à Cuba, nommé aux Latin Grammy 2003 avec l’album « LIVE in the USA » et nommé aux Orgullosamente Latino 2005 dans les catégories : meilleure vidéo, meilleur album, meilleur groupe… Mesdames et Messieurs, et surtout Mesdemoiselles, la Charanga Habaneraaaaa !

Quand on dit Cuba, on pense aux plages ensoleillées mais aussi à Che Guevara et sa révolution. On pense à Ernest Hemingway qui mélancolique s'enivre au mojito à la barre du bar El Floridita mais aussi à des prisonniers habillés en orange et des chiens enragés autour d’eux. On pense aux vieilles bagnoles Volkswagen (les « machines du peuple » acclamés sur l’île) mais aussi aux sourires des enfants qui courent pieds nus derrière celles-ci. On pense aux vieilles dames qui fument leur cigares pendant que des touristes prennent des photos destinées à être, une fois rentrés en Europe : « portrait authentique d’une vieille mamá cubana authentique avec son cigare authentique ». Bref, un cocktail de vie et de mort, une sauce de beauté et des choses à en vomir … ou plutôt une … « salsaaaa » !

La « salsa » est un terme commercial né dans les années 70 pour mettre sous le même toit toutes ces musiques caraïbiques qui trouvaient leur source commune dans le són cubano et la rumba : mambo, guaracha, guaguancó, chachachá, timba … La salsa définit donc un genre musical entre la musique des Caraïbes, la musique latino-américaine et le jazz afro-cubain. Les plus grands représentants de ce mélange de musiques populaires cubaines dans le passé furent Tito Puente, Oscar d’Leon, Issac Delgado, Benny More, Adalberto Alvarez, Celia Cruz, Gilberto Santa Rosa, Los Van Van, juste pour vous faire comprendre de quoi et de qui on parle.

Nommer Los Van Van fait tout de suite penser à la « timba » dont ils furent les majeurs représentants. La « timba » est un style de salsa mais elle se démarque de celle-ci par son rythme bien plus complexe, le changement fréquent entre modes majeurs et mineurs et les pauses orchestrées, ou bloques. Ce rythme se développe à partir du rythme « songo » inventé par le percussionniste de Los Van Van, Jose Luiz Quintana « Changuito ». Le compositeur du même groupe, Juan Formell, se rendant compte de la puissance de ce rythme comme évolution dont la musique populaire cubaine avait besoin, commence à écrire plusieurs hits suivant comme « Esto te pone la cabeza mala ». Fortes sont non seulement les influences du són mais surtout du funk, soul, jazz-rock. En fait, le mot « timba » en argot cubain signifie « nouveau » et le mot « temba » signifie « vieux » : voilà donc la rencontre parfaite entre passé et futur !

Mais si jamais vous voudriez jouer de la salsa, savoir ce que c'est n'est pas suffisant ! Il vous faudrait une « charanga » qui n'est pas un tambour, ni une drogue exaltante. C'est un ensemble d'instruments qui d'abord jouait du « danzón », une forme de contre danse – habanera, pour ensuite jouer du « cha-cha-chá » et de la salsa. L'ensemble traditionnel comprend piano, violon, violoncelle, clarinette, flûte, contrebasse, congos, claves, guïro et timbales. Dans des temps plus modernes, voilà entrer la batterie, le synthétiseur, la guitare électrique, le trombone, les trompettes et le saxophone.

Il y a un groupe à Cuba qui prend nom de cet ensemble : c'est la Charanga Habanera, formé en 1988 pour élaborer un projet encadré de musique populaire cubaine dans les années 1940-1950. Ils ont gagné plusieurs prix comme une « nomination » aux Latin Grammy 2003 et aux Orgullosamente Latino 2005. Dès leur début, le succès est énorme : pour cinq ans ils partagent la scène avec des artistes comme Stevie Wonder, James Brown, Frank Sinatra, Whitney Houston, Ray Charles... juste pour nommer les plus connus. Leurs tournées les amènent au Japon, Mexique, Argentine, Pérou, Europe, Afrique du Nord et États-Unis mais c'est à Cuba qu'ils veulent rester et c'est leur premier hit en 1994 « Me sube la fiebre » qui fait ainsi qu'ils deviennent un des groupes de « timba » les plus populaires à Cuba.

Entre 1993 et 1998 la « charanga » se rénove plusieurs fois. En 1997, Michel Maza et Danny Lozada intègrent le groupe à la voix, mais ensuite Lozada, Juan Carlos Gonzalez et Eduardo Lazaga laissent le groupe, remplacés respectivement par Sandier Ante, Roberto « Cucurucho » Carlos et Gilberto Moreaux. Encore en 1998 la majorité de membres partent et la Charanga Habanera n'inclût qu'un chanteur, un chef d'orchestre et un preneur de son.

Le groupe compte bien dix-huit albums dont les deux derniers « Charanga light II » et « Se sufre pero se goza » sont le fruit de la plus récente formation sous la direction de David Calzado : Pedro Nieto Mora « el Piter, el VIP, papi », Heikel Valdez « Sexy Boy », Junior Pedraza « Baby Junior », David Montes de Oca « el Dandy » et Leisdel Gonzalez Castillo « el Chapi Wey ».

Samedi soir, 22 février, au Ramada Hotel, j’ai pu assister au concert de la Charanga prévu pour 22h et commencé avec un retard tout latino. La salle était comblée des couples infatigables qui tournaient et sautaient au rythme frénétique d'une série interminable de salsa joué par les Djs de la soirée. Les serveuses au bar étaient constamment agressées par des gens en envie continue de mojitos ou cuba libres (bref, à 2h il n'y avait plus de coca-cola, quoi). Une trentaine de minutes avant le concert de la Charanga j'ai pu approcher l'un des chanteurs, el Piter ou el VIP, pour lui poser des questions dans la loge pendant qu'un trio asthmatiforme de danseurs de rumba s’entraînait pour le court mais passionnant spectacle qu'ils auraient donné dans quelques minutes. La soirée à Genève était l'avant-dernière soirée d'une tournée de presque 25 jours et el Piter me confie qu'il a un horrible mal de gorge... comment va-t-il donc chanter ?, je me demande.

La réponse arrive pendant le concert. Les cinq chanteurs, el Piter, Sexy Boy (que de sexy a juste l'air d'un taureau), Baby Junior, el Dandy et el Chapi Wey, chantent en playback ! Le public ne se rend carrément pas compte et les filles (et leur mères) en première ligne ne font que crier excitées devant les cinq chanteurs qui portent des débardeurs en mode marin hyper serrés pour qu'on puisse noter leur biceps nourris à intégrateurs. David Calzado, le chef d'orchestre, est sur scène aussi et il chante de temps en temps comme pour donner la juste intonation ou indiquer la strophe correcte à ses cinq jeunes gigolos épuisés par la très longue tournée. Il ne lui manque qu'un fouet et c'est parfait.

Très déçue, je prends ma revanche en interviewant Donaldo Flores et Jorge Gali, deux musiciens cubains rencontrés par hasard dans la salle, et Rafael Alanya, organisateur de la soirée. Soirée qui finalement a été quand même excellente avec de la bonne musique, des cocktails bien chargés et de la nourriture cubaine fait-maison comme les « tostones » ou les « empanadas » pour rentrer droit à la maison à 5h du matin.

 

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Après une tournée de 27 dates en Hollande avec le spectacle Spring Tide à l’automne 2013, qui a réunit pour la deuxième fois le chorégraphe belge Jens van Daele et les musiciens de l’Ensemble Batida (Genève), ces artistes se produiront sur scène au Théâtre du Galpon du 27 février au 2 mars 2014 pour les uniques représentations en Suisse de Battre le Fer/Battre le Noir et Spring Tide. Cette semaine sera aussi l’occasion de workshops sur la nouvelle création du chorégraphe autour de l'univers pictural du peintre Lucian Freud. Les workshops sont ouverts aux professionnels de la danse et du théâtre et, en particulier, les résultats seront ouverts au public dimanche 2 mars, à 16h, toujours au Galpon.

La collaboration entre Jens van Daele et l'Ensemble Batida se concretise en Afrique du Sud en août 2012 lors de l'ouverture du Jomba Festival, évènement de danse contemporaine, à Durban. Tout débute par une incroyable coïncidence : une des percussionistes de l'Ensemble Batida se retrouve à Durban pour un an pour jouer avec l'orchestre de la ville. Là, elle rencontre la compagnie de danseurs Flatfoot Dance Company dirigée par Lliane Loots, à qui elle propose un projet pluridisciplinaire entre danse et musique live sur l'air du Sacre de printemps d’Igor Stravinsky, en version deux pianos et percussions. Lliane Loots ensuite invite Jens van Daele, renommé chorégraphe belge, vainqueur du prestigieux Prix Swan du meilleur danseur aux Pays-Bas, pour créer une nouvelle pièce avec la Flatfoot Dance Company sur les musiques de l'Ensemble Batida. Ainsi est né le spectacle presenté à l'ouverture du Jomba Festival: A Spring (two) Matter.

Le succès de A Spring (two) Matter et le désir de Jens van Daele et de l'Ensemble Batida de poursuivre leur collaboration emmène les artistes à la création de Spring Tide, une sorte d'évolution rock du spectacle joué en Afrique du Sud. Après une longue tournée aux Pays-Bas, Spring Tide arrive aussi en Suisse, à Genève, au théâtre Galpon, pendant les soirées de vendredi 28 février et samedi 1 mars.

Des lettres en français, des mots en anglais, des poèmes en hollandais, des machines à écrire, les pas de danseurs, la haine et l'amour, le duel et le calme : Spring Tide vous emmenera pour 70 minutes dans votre univers intérieur où vous trouverez les réponses à vos interrogations, à vos faiblesses, à vos rêves. Quatre musiciens de l'Ensemble Batida joueront sur scène en échangeant souvent leur rôle dans l'idée du partage de compétences et des émotions. Les six danseurs ne seront pas présents au Galpon mais la vidéo de la chorégraphie passera en plan-arrière. C'est une danse de couple, en cercle, qui délivre une énérgie qui touchera vos coeurs.

Le deuxième spectacle que Jens amène à Genève est Battre le fer/Battre le noir., réarrangé musicalement afin d'être joué par l'Ensemble Batida en live. Sur scène il y aura donc les musiciens de l'Ensemble et deux danseuses : Denise Klevering et Patricia van Deutekom, le véritable bras droit de Jens. C'est un spectacle en deux ronds, très original, qui mélange rock minimaliste, sons aigres, hurlés et stridents d’une guitare éléctrique, d’une guitare basse et d’un synthétiseur, sons secs et quotidiens à travers des radios, des vieux vinyles, des aiguilles à tricoter...

Alexandra Bellon, percussioniste de l'Ensemble Batida et responsable communication du spectacle, a bien voulu partager son enthousiasme avec Fréquence Banane à travers deux interviews. Dans la première, Alexandra dévoile aux micro bananiens non seulement ce qu'il va se passer pendant les quatre journées mais aussi les objectifs de Jens et les attentes envers le public. Limite physique, duel et partage sont les mots-clé de ces quatre soirées pendant lesquelles Jens cherchera (et arrivera) à vous aller droit au coeur. Dans le deuxième audio, que vous retrouverez en bas du texte, Alexandra attraverse les moments plus importants du spectacle Spring Tide. Ensemble en écoutant la bande son du spectacle, on interprète l'histoire que Jens veut transmettre et les instruments utilisés.

Retrouvons-nous donc tous au Galpon du 27 février au 2 mars toujours à 20h. En particulier, pendant les soirées du vendredi 28 et samedi 1, les deux spectacles - Battre le fer/Battre le noir et Spring Tide –seront produits sur scène. Battre le fer/Battre le noir sera encore donné jeudi 27 à 20h et dimanche 2 à 18h. Les billets sont déjà en ligne sur le site du théâtre, avec des prix réduits pour les étudiants !

 

 
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Amoureux de la musique électronique, bienvenue! L’Électron fête ses 10+1 ans et le fait savoir ! Sa 11ème édition prend de l'avance. Coup d'envoi le 23 janvier dernier. Eh oui, on n'est festival ou on ne l'est pas, et quand on l'est on est au taquet presque trois mois avant l'ouverture des festivités.

Crédits: http://www.electronfestival.ch/

Trois mois c'est trop loin, me direz-vous... Alors pourquoi se lancer si tôt dans une entreprise de communication coûteuse ? Mais parce que Électron On Tour, pardi ! Eh oui, l’Électron voit les chose en grand cette année et décide de s'expatrier aux quatre coins de la Suisse pour une série de pré-soirées endiablées. Lausanne, Neuchâtel, Bâle, Zurich, Valais... et même un passage à Bordeaux (oui, on sait Bordeaux n'est pas en Suisse – mais les bons produits, ça s'exporte bien). A vos agendas donc pour prendre note des dates de ces noces électroniques.

Sans perdre de vue, bien sûr, l'apothéose de cette tournée, à Genève du 17 au 20 avril. Car le festival signe encore une fois une programmation au top des artistes électro du moment. Daniel Avery et James Holden s'étaient dénoncés d'eux-mêmes sur leurs pages personnelles. Mais toute une flopée d'autres noms sont depuis apparus sur la page du festival...

Nouvelle année, nouvelle dimension. L’Électron met sur pied des projets inédits. Exemple à l'ouverture du festival : Francesco Tristano et David Greilsammer, tous deux pianistes de génie, montent avec l'orchestre de la Geneva Camerata un spectacle alliant musique classique et création électronique. Et ce n'est pas tout, question classique. Un orchestre valaisan qui pour l'occasion portera le doux nom de Orchestra, et son choeur rejoindront le trio Deltron 3030 (Dan The Automator, Del The Funky Homosapiens et Kid Koala) dans un opéra Hip-Hop. Attention, futurisme en vue.

Ces artistes vous donne l'eau à la bouche ? Pourtant ce n'est pas encore tout. Rappelez-vous, l'Électron ce n'est pas seulement de la musique. Les films du Spoutnik reviennent avec des spécialités pour le moins alléchantes, allègrement agrémentés de conférences, de works-shops, et de danse. Incontournable, l'exposition du festival titre cette année Power Tracks vol.1- Mécanisme et esthétique de pouvoir dans les musiques électronique occidentale et leurs culture.

En résumé, l’Électron 2014 sera puissant ou ne sera pas. D'autant que pour recevoir encore plus de festivaliers, le Palladium rejoint le bal. Il y aura tellement de choses à faire, voir, trémousser que Fréquence Banane ne sait déjà plus où donner de la tête. Donc si vous êtes comme nous, ne prévoyez pas de voyage en famille et venez fêter Pâques comme il se doit, au son des musiques électroniques.

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Ce mardi 7 janvier, dans le confort de la salle Langlois au Grütli, la programmation du Black Movie 2014 a été dévoilée. Une fois de plus, Fréquence Banane croquera du Black, en live, tous les jours de 19h à 20h en direct de la Maison des Arts du Grütli. Une affaire à suivre dans notre dossier spécial!

Crédits: www.facebook.com/BlackMovieFestival

15ème édition  sous la houlette de Kate Reidy et Maria Watzlawick, le Black Movie a su ouvrir ses bras aux films de tous les continents sans ségrégation, et en toute amitié avec les festivals étranges et étrangers que les deux comparses ont visités. Qu'il s'agisse de l'Amérique du Sud et de ses paysages hallucinés, naturels ou industriels, de l'Asie aux milles senteurs ou de l'Afrique aux contes millésimés sous un soleil de plomb, les sujets et les images cru 2014 seront gargantuesques. Nous défions même le cinéphile le plus compulsif de tout avaler.

La programmation laisse carte blanche au Festival International du Film de Pékin (BIFF) qui, victime deux année de suite d’une « panne de courant » dans le quartier qui l'abritait, puis d’une injonction de police, n'a pu projeter ses films qu'à 5 à 6 personnes par séance. Séances de rattrapage donc en terre genevoise.

A noter : la diffusion de Mille Soleils, un film de Mati Diop qui met en scène la vedette du très connu Touki Bouki, le road movie sénégalais de 1973. La trame ? L’ancienne star des années 70 Magaye Niang veut aller voir la projection en plein air du film qui a fait son succès. Mais il refuse d’y aller sans sa chemise fétiche. Mise en abîme? Questionnement de la fugacité de la célébrité au travers des yeux d'un vieil homme ? Où s’arrête le cinéma ? Sous Mille Soleils ? Lors de la diffusion de Touki Bouki, ou simplement en constatant que ces film nous ont transportés ?

Sans oublier le Petit Black Movie, 45 films destinés aux enfants dès 4ans, avec des séances composées de films d'animations courts et regroupés en thématiques enchanteresses. Spécial « 15 ans » : la projection de Soul Boy, un film kenyan aux allures initiatiques, pour les yeux des plus vieux de nos tous petits (dès 10 ans).

Enfin si vous avez manqué certaines perles cinématographiques sélectionnées par le Black Movie les années précédentes, vous pourrez vous rattraper avec la rétrospective de 15 films immanquables : Memories of Murder, 15, Gozu ou encore La saveur de la pastèque. Comme il est rare de pouvoir profiter de ces films sur grand écran, vous savez ce qu’il vous reste à faire...

Et si l'envie vous prend de prolonger la soirée, c'est le Bar des Nuits Blanches du festival Belinda B qui accueillera les plus nocturnaux d'entre-nous, sur fond de musiques bigarrées, alternatives mais non moins porteuses de mélodies accrocheuses. Comme le dit si bien l'une des affiches créées par Cetuss pour l'expo inspirée du They Live de John Carpenter Never go Back Home. Avec l'offre pléthorique de cette édition, il sera très difficile d'entrevoir le bout du jour, ou de la nuit. Autant prévoir tout de suite le coussin de voyage.

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El gran dragón nous emmène au cœur de l'Amazonie péruvienne, sur les traces des médecines traditionnelles utilisées par les peuples autochtones de cette forêt depuis des millénaires.

Magnifique documentaire extrêmement bien réalisé, El gran dragón nous emmène au cœur de l'Amazonie péruvienne, sur les traces des médecines traditionnelles utilisées par les peuples autochtones de cette forêt depuis des millénaires. Ainsi, à travers différents témoignages on apprend à mieux connaître l'ayahuasca, plante maîtresse, base de cette médecine, pouvant enseigner au guérisseur quelles plantes il peut ou ne peut pas utiliser afin de soigner différents maux.

Les réalisateurs, Gildas Nevet et Tristan Guerlotté nous propose une recherche très intéressante sur les origines de la médecine par les plantes en donnant la parole à la fois à des habitants autochtones de la forêt amazonienne la pratiquant mais également à différents médecins plus ou moins adeptes de la médecine occidentale ou tentant de concilier ces deux médecines. Ainsi, les témoignages sont prenants, sincères, souvent profonds et posent énormément de questions sur notre rapport au soin (que ce soit en Europe ou en Amazonie, puisque ce savoir tend à disparaître...), sur le rapport spirituel de l'être humain faisant partie intégrante de son environnement et de la nature, et plus généralement au mode de vie que nous pourrions choisir d'adopter. En effet, ce savoir ancestral tend à disparaître et c'est aujourd'hui, avant qu'il ne soit trop tard, que la nécessité de mettre ces questions profondes au centre de l'attention semble être primordiale. On partagera volontiers les revendications, inspirations et craintes exprimées à travers ces paroles pleines de sens.

A travers ce documentaire, on plonge dans un univers particulier, une réalité particulière qui peut ouvrir l'esprit. Ce film ne laisse pas indifférent, il interpelle, fait réfléchir, je ne peux donc que vous conseiller de courir dans la salle la plus proche pour aller le voir !

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Pénétrez au cœur d’un peuple et d’une histoire bercés d’espoir… Nicaragua… el sueño da una generación, documentaire argentin, nous plonge littéralement au cœur de la révolution menée par le Front Sandiniste de Libération Nationale à partir du 19 juillet 1979 (date à laquelle la famille Somoza, qui gouvernait le pays depuis les années 30, est renversée).

A travers les témoignages d’argentins venus soutenir le mouvement révolutionnaire et des images d’archives exceptionnelles on s’immerge dans ce processus complexe que représente la révolution sandiniste au Nicaragua.

Malheureusement, l’immersion n’est pas immédiate, en effet, les premiers témoignages défilent très vite, les intervenants ne sont pas bien introduits et il est même difficile de comprendre de quoi l’on parle. En effet, le vocabulaire est d’emblée assez spécifique, avec beaucoup d’abréviations qui ne sont pas recontextualisées, ce qui aurait permis une meilleure compréhension à qui n’est pas spécialiste de cette révolution plutôt mal connue sous nos latitudes.

Heureusement, au fil du documentaire les choses se clarifient et on finit par se laisser prendre par cette révolution culturelle sans précédent, à travers la grande campagne d’alphabétisation nationale et le riche échange qui s’est produit entre intellectuels et paysans notamment. Outre cet échange d’apprentissages, d’un coté de la lecture et de l’écriture et de l’autre de différents travaux agricoles, on apprend à mesurer la complexité de ce processus révolutionnaire entaché d’un conflit sans fin entre les sandinistes et différents groupes paramilitaires « sponsorisés » par la CIA et l’armée argentine qui empêche un certain épanouissement de cette révolution. On ressent, à travers les témoignages, que si ce projet à été porteur d’espoir pour beaucoup de nicaraguayens, il a aussi amené son lot de désillusions, surtout dues aux interventions extérieures selon les différents protagonistes qui partagent leur vécu dans ce film.

Ainsi, c’est un voyage historique, avec des images « filmées de l’intérieur » qui nous est proposé. L’accent est mis sur la révolution en tant que telle jusqu’à la défaite électoral de Daniel Ortega, leader sandiniste, aux élections de 1990. Ce documentaire donne donc un aperçu qui pousse à s’intéresser de plus près au mouvement sandiniste tout en donnant des clés de compréhension centrales sur la période révolutionnaire qui suit directement le renversement du système Somoza.

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Ce vendredi 15 novembre, le festival Filmar en America Latina ouvre ses portes. Ce sera l'occasion pour l'émission Radio Masala de couvrir l'événement à travers nos impressions et nos rencontres !
Filmar en America Latina 2013
Désormais bien implanté dans le paysage cinématographique romand, Filmar en America Latina revient cette année avec sa sélection de 70 fictions et 30 documentaires diffusés, en plus de Genève, dans plusieurs plusieurs villes romande et de France voisine. Cette année, la manifestation se centrera principalement sur les pays andins que sont la Bolivie, l'Equateur et le Pérou. Vous retrouverez sur ce blog les podcasts et articles concernant cette 15e édition qui nous fera passer des rires au larmes, de l'Argentine à Puerto Rico, de Bienne à Genève... Plus d'info sur www.filmaramlat.ch/
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KNEEBODY : En tournée en France, au Pays-Bas et en République Tchèque depuis plus d'un mois, Kneebody débarque en Suisse pour la dernière étape de son voyage européen. Samedi dernier, Genève les a accueilli dans la pénombre de la salle de concert du premier étage de son jazz club le plus renommé: l'Association pour l’Encouragement de la Musique Improvisée – ou l’AMR pour les intimes.

Le Quintet indéfinissable

Les Kneebody sont un groupe à découvrir sur scène m’a-t-on dit, et après avoir douté, j’ai dû reconnaître la justesse de cette recommandation. À l’origine, je pensais les enregistrements au studio de meilleure qualité que les exécutions en live : de l’acoustique au mixage tout peut être minutieusement travaillé et les multiples prises permettent de retenir les meilleures performances. Kneebody m’a fait changer d’opinion. Ecouter avec les oreilles est une toute autre chose qu’écouter avec les yeux.

Oui, vous m’avez bien lu : « écouter avec les yeux » !

Quand on écoute un album de Kneebody – au nombre non négligeable de neuf ! – on ne réalise pas ce qu’il se passe entre les cinq musiciens : Adam Benjamin au Fender Rhodes, Shane Endsley à la trompette, Kaveh Rastegar à la basse, Ben Wendel au saxophone et Nate Wood à la batterie.

Pour comprendre Kneebody il faut avant tout aller les voir en concert. C’est seulement alors que vous remarquerez comment les deux voix du groupe peuvent s’unir, le romantisme de Shane s’emmêlant à l’énergie de Ben. Pendant les solos virtuoses de Kaveh, résonnants tels les pas d'une danseuse de lindy hop dans un métro, vous tremblerez. À travers le pianotage d’Adam, compositeur de « Lowell » le morceau le plus connu du dernier album du groupe (The Line, 2013), vous découvrirez qu'un clavier peut se jouer comme une guitare électrique. Vous perdrez le contrôle de votre corps dans la tentative de suivre les mouvements presque hystériques de Nate, le batteur du groupe et aussi la réincarnation en personne de l’électricité. Il emporte le groupe vers des tempos cryptiques dont lui seul est le maître.

Le concert terminé, on a l’impression d’avoir appris quelque chose mais celle-ci demeure inexprimable. La salle vidée, la scène nettoyée, restent incrustées dans le parquet les vibrations « kneebodyenne ».

On a déjà essayé de catégoriser la musique de Kneebody en passant par le jazz électrique, le rock indépendant ou encore le post-bop et punk-rock. Mais toute tentative reste vaine : Kneebody c'est... Kneebody !

Formé en 2001 à Los Angeles, Kneebody est le fruit d’une rencontre entre quatre hommes: Adam, Kaveh, Ben et Shane, tous élèves à l'école de musique « Eastman School of Music » (Rochester, New York). Par la suite, ils ont rejoint Nate dont Adam avait fait la connaissance au « California Institute of the Arts » (Valencia, California). De là, le quintette a surtout joué aux États-Unis et c’est seulement récemment qu’ils se sont imposés en Australie, au Japon et en Europe. Kneebody monte en force malgré l’éparpillement géographique de ses membres et l’émergence de différents projets individuels. Leur discographie compte neuf albums et des collaborations prestigieuses : - « Wendel » (2002), - « Kneebody » (2005) - « Low Electrical Worker » (2007) avec le saxophoniste et ami Joshua Redman - « Kneebody Live Vol. 1 » (2007) - « Twelve Songs by Charles Ives » (2009) avec le vocalist Theo Bleckmann - « Kneebody Live Vol. 2, Italy » (2009) - « You Can Have Your Moment » (2010) - « Kneebody Live Vol. 3, Paris » (2011), « The Line » (2013).

De la Californie au Lac Léman, les Kneebody sont venus jouer à Genève dans le cadre du Jazz ContreBand Festival. Après la balance, Fréquence Banane a rencontré Adam Benjamin et Nate Wood, qui ont bien voulu répondre à nos questions.

Woooo !

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C'est un trio de jazzmen composé de trois garçons adorables: au piano, Matthieu Llodra, genevois d'origine espagnole, à la batterie le français Maxence Sibille, et à la contrebasse, Fabien Iannone de l'arc lémanique. Matthieu Llodra Trio, le nom dit tout !

L'irrésistible trio mélodique

Ils se rencontrent en 2009 à l'Haute École de Musique de Lausanne. Ils y étudiaient alors le genre atypique et varié qu’est le jazz. À l’époque, ils donnent des petits concerts ici et là jusqu'à ce que Malcom Braff, le célèbre musicien adepte de métissage, les repère. Alors, qu’il devait jouer au Caveau des Vignerons à l’occasion du Cully Jazz Festival, Braff leur propose de jouer à sa place. Ils passèrent toutes les nuits du festival à jammer, et ils revinrent l'année suivante avec plein de nouvelles créations.

Depuis, ils ont également été conviés à participer à un autre festival de jazz du bassin lémanique : le Jazz ContreBand. La scène du célèbre club carougeois « Le Chat Noir » a été mis à leur disposition et de 22h à minuit le public a pu assister à un concert riche en émotions et plus que divertissant. Ces jeunes musiciens donnent tout sur scène et leur talent est plein de promesses ! Leur musique ravit les oreilles et fait palpiter les cœurs. Par des transitions presque imperceptibles leur style va du jazz standard au pop électro. Le tout réside dans un phrasé propre au trio et un langage physique dans lequel les yeux transmettent autant que les mots.

Matthieu Llodra Trio après la balance a retrouvé le micro de Fréquence Banane dans la loge - voici ce qu'ils ont bien voulu partager avec nous.

Irene, le jazz et un trio (Taille: 12.92MB)
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Titi Robin : le Robin des Bois français, le hors-la-loi qui marche à travers le désert du Maroc, nage dans le Bosphore pour arriver à Istanbul et, de là, se perd dans les montagnes de l'Inde du Nord.

Crédit photo : Camille Verrier ; JazzContreBand

J'aime l'imaginer avec sa guitare sur les épaules, un bouzouk et un 'oud dans les mains et voyager à travers le monde entier pour transmettre, avec sa musique, messages d'amitié et communion entre différentes cultures.

Dès les années 1980, il a été auteur exclusif de ses nombreux projets : « Les trois Frères » avec le breton Erik Marchand et deux joueurs de luth arabe et de tabla indien ; « Gitans », mosaïque de rencontres entre artistes chers à Titi Robin de l'Inde du Nord à l'Andalousie, via les Balkans ; « Le Regard Nu » où, à travers la musique, Titi Robin devient peintre et sculpteur des poses de modèles féminins ; « Payo Michto », disque live de rumba catalane ; « Kali Gadji » avec des mélodies du Maroc au Mali, en passant par la Mauritanie ; « Ciel de Cuivre », voyage intérieur avec une quinzaine de musiciens invités ; « Alezane et ces vagues », disque divisé en deux CDs thématiques, « le jour » et « la nuit » ; enfin « Kali Sultana » qui représente « l'incarnation féminine de la grâce, idéal de beauté après lequel courent tous les artistes, […] muse universelle » (extrait du dossier de présentation de l'album).

Inoubliable est aussi la collaboration de plus de 15 ans avec la chanteuse et danseuse gitane du Rajasthan, Gulabi Sapera. Dans le livre sorti en 2000 « Gulabi Sapera, Danseuse Gitane du Rajasthan », la danseuse conte sa vie de jeune fille nomade en provenance des campements de charmeurs de serpent jusqu'à la reconnaissance nationale puis internationale.

Au long de tous ces projets et collaborations, Titi Robin rencontre enfin les compagnons parfaits pour son ultime voyage : « Les Rives », un disque enregistré dans chacun des trois pays qui ont le plus influencé son style : l'Inde, la Turquie et le Maroc.

Le sextet est formé par Titi Robin au bouzouk et guitare, par les maîtres reconnus au niveau internationale Murad Ali Khan au sarangi (luth de l'Inde du Nord), El Mehdi Nassouli au guembri (instrument à cordes des Gnawa), Sinan Çelik au kaval (flûte turque) et par deux amis de longue date : Francis Vari à l'accordéon et Zé Luis Nascimento aux percussions.

Après presque plus de 30 ans de vie nomade, ce musicien polyvalent a enfin mis à quai son bateau sur le Lac Léman pour jouer, une nuit d'octobre, au Théâtre Forum de Meyrin. Ses collaborateurs et amis ont joué autour de lui, suivant le fil rouge de son projet, apportant aussi un peu de leurs traditions musicales. À Meyrin, Titi Robin a recrée la Pangée en face d'un public enthousiaste qui acclame l'orchestre en demandant un bis. Deux filles sont même allées danser sur scène, au bonheur des joueurs qui ne retiennent plus leurs rires.

La grandeur de ce groupe ne réside pas seulement dans ses mélodies malicieuses, vagabondes et épicées, mais surtout dans la performance spectaculaire des ces musiciens.

Le micro de Fréquence Banane aussi est arrivé dans les mains du leader Titi Robin qui, très bavard, nous donne plus de 15 minutes d'interview. Il nous dévoile les secrets de son nouveau projet « Les Rives » et de ses musiciens, et il nous offre son point de vue sur la « world musique » dont il a été l’un des précurseurs en Europe.

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