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De retour à Montréal pour les FrancoFolies 2015, le collectif français présentait leur second album « Vieux Frères - Partie 2 » au Métropolis mardi 16 juin aux côtés de Feu! Chatterton et Grand Blanc.

Il y a entrevue et entrevue. Celles que l’on fait par curiosité, par passion, par envie, par défaut (rarement). Et puis il y a FAUVE. Ma plus belle rencontre depuis Grand Corps Malade l’été passé aux FrancoFolies de Montréal. Le genre d’entrevue pour laquelle tu stresses, pas par peur mais plutôt par excitation. Animée par une envie de bien faire, de poser les bonnes questions, de surprendre, puis d’être surprise à mon tour, d’obtenir des réponses intéressantes.

Mardi 16 juin, 13h, bien préparée, un peu nerveuse, je m’engouffre dans les backstages sombres du Métropolis. On me confie à deux des membres de FAUVE qui se présentent au micro comme « Fauve » et « Fauve ». L’entrevue commence, et c’est parti. 37 minutes plus tard, je n’ai pas vu le temps passer, le naturel a pris le dessus, et c’est en coupant l’enregistreur que je réalise à quel point cela n’avait rien d’une entrevue classique.

PARTIE 1 - L’introspection

J’ai commencé l’entrevue en leur expliquant qu’ils étaient mon album de voiture par excellence. L’été passé, j’écoutais FAUVE en boucle en allant au Paléo, le matin en route pour nos émissions, l’après-midi pour les concerts et la nuit en rentrant chez moi. J’écoutais FAUVE en voiture le mois passé en allant en Gaspésie avec les plus beaux paysages du Québec devant moi. Ils ont trouvé la remarque intéressante puisqu’ils ont écrit la plupart des morceaux des deux premiers albums en étant eux-mêmes sur la route, en tournée dans des vans ou des camions. Disons que, tout comme eux, durant ces moments propices à l’introspection, on aime se plonger dans les paroles, les mélodies et la rythmique de FAUVE qui se marient si bien avec ces instants-là.

Lorsque je leur demande ce qu’on lira dans les médias demain au sujet du concert de FAUVE ce mardi soir, ils répondent en plaisantant: « Fauve déçoit ». Puis nous explique leur légère frustration lorsqu’ils jouent de l’autre côté de l’océan puisqu’ils ne peuvent pas tout emmener dans l’avion et doivent se contenter de l’essentiel. J’ai même eu le droit à mon compliment préféré à la fin de cette première partie « Ce sont des questions intéressantes dont on n’a pas l’habitude ».

PARTIE 2 - Une vie normale

Nous avons eu une conversation sur le fait de mener une « vie normale ». Selon eux, ils n’ont pas changé leur façon de vivre. En dehors des deux heures de concert où ils sont sur scène, ce qu’ils vivent le reste du temps n’est pas si différent de ce que vivent leurs amis. Personne ne les arrête dans la rue, ils ne prennent pas de drogue, ne passent pas le week-end avec Matthieu Chedid ou Stromae. Là, c’est le moment où j’ai ri intérieurement, ayant moi-même passé une bonne partie du week-end avec la famille Chedid. J’ai bien aimé leur justification d’une « vie normale ». Selon eux, les moments exceptionnels, ceux passés avec les membres d’un groupe dont on serait fan par exemple, ne sont exceptionnels que dans la mesure où ils ne deviennent pas une habitude. Comme les vacances, puisque ce n’est pas quelque chose de normal, c’est moins grave quand on les laisse derrière soi. Tout ça pour dire que FAUVE risque de s’arrêter après cette tournée. Rien n’est certain, mais ils savent déjà que cela ne durera pas quinze ans.

Après leur avoir demandé quel est le dernier évènement culturel non musical auquel ils ont participé, nous mettons en commun nos souvenirs de concerts pluvieux. Leur concert le plus marquant, en Suisse à Festi’Neuch, où les projecteurs en plein air éclairaient la pluie avec un côté féérique, un peu magique. Ils ont adoré ce concert.

PARTIE 3 - Echange de questions

Depuis mardi, j’ai décidé d’intégrer un nouveau concept dans mes entrevues, la dernière question étant « Quelle est la question que vous souhaiteriez poser au prochain artiste que je vais interviewer ? » L’avant-dernière question serait donc celle de l’artiste précédent. FAUVE ayant été les premiers, ils n’ont malheureusement pas eu le droit à la question de l’artiste précédent. Cependant, pour bien lancer le concept, j’ai réalisé une sorte de mini sondage sur Facebook pour récolter des questions de fans à leur poser. J’en ai sélectionnées trois et ils ont adoré et longuement répondu aux trois questions.

La question de Mélanie (Glasgow) « Jusqu’où votre environnement (ville, mer, campagne), influence-t-il votre écriture ? », celle de Félicien (Lille) « Aimez-vous les gens avec des masques de tigre au Métropolis à Montréal ? » et enfin, celle de Mégane (Rouen, Montréal) « Vous préféreriez jouer les yeux bandés ou les pieds attachés ? »

Fréquence Banane retrouvera FAUVE sur scène le 25 juillet 2015 au Paléo Festival. En attendant, bonne écoute !

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Le célèbre festival lyrique reprend du service cette année avec l’opéra bouffe de Rossini Il Barbiere di Siviglia dans un spectacle majestueux qui ravira comme toujours initiés et profanes.

 

De tous les opéras, le Barbier de Séville est sans aucun doute le plus célèbre. Qui n’a jamais entendu la scène d’ouverture ou siffloté les airs de Figaro ? Si tout le monde connaît la musique, Avenches est aussi une bonne occasion de (re)découvrir l’opéra dans les arènes, avec la voûte étoilée en guise de plafond peint. À condition bien sûr que la vague de chaleur perdure encore jusqu’à mi-juillet, sans quoi les organisateurs passeront au plan B. Pour mémoire, l’année dernière la pluie avait joué les trouble-fête, minant le festival qui retrouva un public amoindri. En 2014, son directeur, Michel Francey, nous avait confié à l’ombre d’un nuage qu’Avenches était en pourparler avec des ingénieurs de l’EPFL pour un système de toit mobile. Cette solution onéreuse fut finalement abandonnée cette année au profit d’un partenariat avec l’Institut Equestre National (IENA) situé non loin. Le festival existe donc à double, et au besoin, le public se réfugiera dans le manège, où dit-il, « l’acoustique est remarquable ! »

Dans la rubrique nouveauté, le festival s’est aussi mis à l’ère des gadgets avec une nouvelle application pour Smartphone. Disponible sur l’App Store et Android, cette application permet entre autres de découvrir du contenu additionnel ; interviews, histoire, infos, sans oublier pour séduire les plus pragmatiques une alerte bien utile pour connaître le lieu de la représentation qui oscillera entre les arènes et l’IENA si la météo met son grain de sel. Ajoutez à cela le grand retour du panier pique-nique aux produits locaux, et Avenches détient la recette parfaite pour festivaliers Open Air. L’occasion donc de s’offrir quelque gourmandise pendant que le spectacle régale les yeux et les oreilles.

Depuis plus de vingt ans déjà, Avenches représente cette alternative populaire de l’opéra,  bien loin de l’atmosphère froide et guindée des salles classiques. Tout comme pour la musique de chambre, cet art tend vers la démocratisation et s’offre un nouveau souffle en sensibilisant les générations élevées en marge de cette culture. Et si le spectacle est toujours de qualité, son prix reste aussi plus qu’abordable en proposant notamment des rabais pour étudiants/AVS de 50 pourcent. Avec un début d’été qui dépasse déjà allégrement le seuil de la canicule, pourquoi ne pas s’offrir un air de fraîcheur en profitant d’une jolie balade musicale ?

Prochaines dates des représentations: 9, 11, 14 & 17 juillet, début: 21h30

 

Ci-dessous, une interview d’Avenches Opéra exclusive avec son duo de directeurs, Michel Francey & Eric Vigié.

 

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Plus d’infos sur le festival : http://www.avenchesopera.ch/

Ne manquez pas le concours de places à gagner pour le festival ! Ecrivez à la rédaction!

 

© Avenches Opéra

 

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Vampire? Vous avez dit vampire?

 

Réalisé par Ana Lily Amirpour, ce film en noir et blanc flirte avec le récit de vampire d'origine : sombre, lent et déroutant. Parfois un peu trop malheureusement, ce qui pourra en rebuter plus d'un. Il possède néanmoins une esthétique très particulière qui le rend extrêmement intéressant. Dans la ville de Bad City en Iran, la nuit, tous voguent à leur vie sordide et solitaire sans se douter qu'une vampire les surveille. Mais lorsque cette dernière commence à intervenir, ils verront leur vie basculer. Ce long métrage a été présenté samedi 28 au FIFF (Festival international de Films de Fribourg) en guise de film de clôture de la semaine, et il mérite bien sa position. Première réalisation d'Ana Lily Amirpour, elle a d'ailleurs obtenu le prix de la révélation Cartier en Amérique pour cette oeuvre.

L'esthétique de ce film est visible par le travail de l'image et surtout des personnages. Chacun d'entre eux est traité différemment par la réalisatrice. Par exemple, on suit le protagoniste grâce à de longs plans séquences, proches du roman graphique (elle a d'ailleurs rédigé le scénario sous cette forme, d'après une interview réalisée sur avoir-alire.com [1] ). À l'extrême opposé, on trouve la vampire, dont les vêtements oscillent entre l'habit traditionnel iranien et la cape. La manière dont elle est présentée est aussi extrêmement dérangeante, la caméra étant cette fois-ci portée à l'épaule, et donc moins stable. Pour ajouter au côté dérangeant, son nom n'est jamais mentionné (même au générique, elle est appelée « la fille »). D'autres traitements rendent les personnages troublants, et donc le film entier. Par exemple, l’usage de flou, très utilisé avec la vampire ou le mac, mais beaucoup moins avec les autres, les lumières (plutôt: le jeu de lumières), car la majorité des scènes se déroulent de nuit, ou encore les costumes, le noir et blanc étant alors mis en avant. Enfin, ajoutons les musiques, quasiment absentes et donc remarquées dès leurs apparitions.

Cependant, le film tire en longueur, et souvent peut perdre le spectateur. Cela est probablement fait de façon volontaire, car l'oeuvre essaie de maintenir le suspense, néanmoins cela n'en reste pas moins problématique, demandant alors beaucoup d'attention. Le dernier tiers de l'histoire est du coup assez difficile à suivre. On assiste donc à une oeuvre extrêmement esthétique, avec un immense travail sur l'image, mais dont la lenteur pose problème. Attention, il est sorti le 14 janvier dernier. Le cinéma Bellevaux de Lausanne le présente donc en seconde sortie dès mercredi 1er Avril.


[1] retrouvez l'interview sur http://www.avoir-alire.com/a-girl-walks-home-alone-at-night entretienavec- ana-lily-amirpour

 

© A Girl Walks Home Alone At Night

 

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