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KNEEBODY : En tournée en France, au Pays-Bas et en République Tchèque depuis plus d'un mois, Kneebody débarque en Suisse pour la dernière étape de son voyage européen. Samedi dernier, Genève les a accueilli dans la pénombre de la salle de concert du premier étage de son jazz club le plus renommé: l'Association pour l’Encouragement de la Musique Improvisée – ou l’AMR pour les intimes.

Le Quintet indéfinissable

Les Kneebody sont un groupe à découvrir sur scène m’a-t-on dit, et après avoir douté, j’ai dû reconnaître la justesse de cette recommandation. À l’origine, je pensais les enregistrements au studio de meilleure qualité que les exécutions en live : de l’acoustique au mixage tout peut être minutieusement travaillé et les multiples prises permettent de retenir les meilleures performances. Kneebody m’a fait changer d’opinion. Ecouter avec les oreilles est une toute autre chose qu’écouter avec les yeux.

Oui, vous m’avez bien lu : « écouter avec les yeux » !

Quand on écoute un album de Kneebody – au nombre non négligeable de neuf ! – on ne réalise pas ce qu’il se passe entre les cinq musiciens : Adam Benjamin au Fender Rhodes, Shane Endsley à la trompette, Kaveh Rastegar à la basse, Ben Wendel au saxophone et Nate Wood à la batterie.

Pour comprendre Kneebody il faut avant tout aller les voir en concert. C’est seulement alors que vous remarquerez comment les deux voix du groupe peuvent s’unir, le romantisme de Shane s’emmêlant à l’énergie de Ben. Pendant les solos virtuoses de Kaveh, résonnants tels les pas d'une danseuse de lindy hop dans un métro, vous tremblerez. À travers le pianotage d’Adam, compositeur de « Lowell » le morceau le plus connu du dernier album du groupe (The Line, 2013), vous découvrirez qu'un clavier peut se jouer comme une guitare électrique. Vous perdrez le contrôle de votre corps dans la tentative de suivre les mouvements presque hystériques de Nate, le batteur du groupe et aussi la réincarnation en personne de l’électricité. Il emporte le groupe vers des tempos cryptiques dont lui seul est le maître.

Le concert terminé, on a l’impression d’avoir appris quelque chose mais celle-ci demeure inexprimable. La salle vidée, la scène nettoyée, restent incrustées dans le parquet les vibrations « kneebodyenne ».

On a déjà essayé de catégoriser la musique de Kneebody en passant par le jazz électrique, le rock indépendant ou encore le post-bop et punk-rock. Mais toute tentative reste vaine : Kneebody c'est... Kneebody !

Formé en 2001 à Los Angeles, Kneebody est le fruit d’une rencontre entre quatre hommes: Adam, Kaveh, Ben et Shane, tous élèves à l'école de musique « Eastman School of Music » (Rochester, New York). Par la suite, ils ont rejoint Nate dont Adam avait fait la connaissance au « California Institute of the Arts » (Valencia, California). De là, le quintette a surtout joué aux États-Unis et c’est seulement récemment qu’ils se sont imposés en Australie, au Japon et en Europe. Kneebody monte en force malgré l’éparpillement géographique de ses membres et l’émergence de différents projets individuels. Leur discographie compte neuf albums et des collaborations prestigieuses : - « Wendel » (2002), - « Kneebody » (2005) - « Low Electrical Worker » (2007) avec le saxophoniste et ami Joshua Redman - « Kneebody Live Vol. 1 » (2007) - « Twelve Songs by Charles Ives » (2009) avec le vocalist Theo Bleckmann - « Kneebody Live Vol. 2, Italy » (2009) - « You Can Have Your Moment » (2010) - « Kneebody Live Vol. 3, Paris » (2011), « The Line » (2013).

De la Californie au Lac Léman, les Kneebody sont venus jouer à Genève dans le cadre du Jazz ContreBand Festival. Après la balance, Fréquence Banane a rencontré Adam Benjamin et Nate Wood, qui ont bien voulu répondre à nos questions.

Woooo !

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C'est un trio de jazzmen composé de trois garçons adorables: au piano, Matthieu Llodra, genevois d'origine espagnole, à la batterie le français Maxence Sibille, et à la contrebasse, Fabien Iannone de l'arc lémanique. Matthieu Llodra Trio, le nom dit tout !

L'irrésistible trio mélodique

Ils se rencontrent en 2009 à l'Haute École de Musique de Lausanne. Ils y étudiaient alors le genre atypique et varié qu’est le jazz. À l’époque, ils donnent des petits concerts ici et là jusqu'à ce que Malcom Braff, le célèbre musicien adepte de métissage, les repère. Alors, qu’il devait jouer au Caveau des Vignerons à l’occasion du Cully Jazz Festival, Braff leur propose de jouer à sa place. Ils passèrent toutes les nuits du festival à jammer, et ils revinrent l'année suivante avec plein de nouvelles créations.

Depuis, ils ont également été conviés à participer à un autre festival de jazz du bassin lémanique : le Jazz ContreBand. La scène du célèbre club carougeois « Le Chat Noir » a été mis à leur disposition et de 22h à minuit le public a pu assister à un concert riche en émotions et plus que divertissant. Ces jeunes musiciens donnent tout sur scène et leur talent est plein de promesses ! Leur musique ravit les oreilles et fait palpiter les cœurs. Par des transitions presque imperceptibles leur style va du jazz standard au pop électro. Le tout réside dans un phrasé propre au trio et un langage physique dans lequel les yeux transmettent autant que les mots.

Matthieu Llodra Trio après la balance a retrouvé le micro de Fréquence Banane dans la loge - voici ce qu'ils ont bien voulu partager avec nous.

Irene, le jazz et un trio (Taille: 12.92MB)
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Titi Robin : le Robin des Bois français, le hors-la-loi qui marche à travers le désert du Maroc, nage dans le Bosphore pour arriver à Istanbul et, de là, se perd dans les montagnes de l'Inde du Nord.

Crédit photo : Camille Verrier ; JazzContreBand

J'aime l'imaginer avec sa guitare sur les épaules, un bouzouk et un 'oud dans les mains et voyager à travers le monde entier pour transmettre, avec sa musique, messages d'amitié et communion entre différentes cultures.

Dès les années 1980, il a été auteur exclusif de ses nombreux projets : « Les trois Frères » avec le breton Erik Marchand et deux joueurs de luth arabe et de tabla indien ; « Gitans », mosaïque de rencontres entre artistes chers à Titi Robin de l'Inde du Nord à l'Andalousie, via les Balkans ; « Le Regard Nu » où, à travers la musique, Titi Robin devient peintre et sculpteur des poses de modèles féminins ; « Payo Michto », disque live de rumba catalane ; « Kali Gadji » avec des mélodies du Maroc au Mali, en passant par la Mauritanie ; « Ciel de Cuivre », voyage intérieur avec une quinzaine de musiciens invités ; « Alezane et ces vagues », disque divisé en deux CDs thématiques, « le jour » et « la nuit » ; enfin « Kali Sultana » qui représente « l'incarnation féminine de la grâce, idéal de beauté après lequel courent tous les artistes, […] muse universelle » (extrait du dossier de présentation de l'album).

Inoubliable est aussi la collaboration de plus de 15 ans avec la chanteuse et danseuse gitane du Rajasthan, Gulabi Sapera. Dans le livre sorti en 2000 « Gulabi Sapera, Danseuse Gitane du Rajasthan », la danseuse conte sa vie de jeune fille nomade en provenance des campements de charmeurs de serpent jusqu'à la reconnaissance nationale puis internationale.

Au long de tous ces projets et collaborations, Titi Robin rencontre enfin les compagnons parfaits pour son ultime voyage : « Les Rives », un disque enregistré dans chacun des trois pays qui ont le plus influencé son style : l'Inde, la Turquie et le Maroc.

Le sextet est formé par Titi Robin au bouzouk et guitare, par les maîtres reconnus au niveau internationale Murad Ali Khan au sarangi (luth de l'Inde du Nord), El Mehdi Nassouli au guembri (instrument à cordes des Gnawa), Sinan Çelik au kaval (flûte turque) et par deux amis de longue date : Francis Vari à l'accordéon et Zé Luis Nascimento aux percussions.

Après presque plus de 30 ans de vie nomade, ce musicien polyvalent a enfin mis à quai son bateau sur le Lac Léman pour jouer, une nuit d'octobre, au Théâtre Forum de Meyrin. Ses collaborateurs et amis ont joué autour de lui, suivant le fil rouge de son projet, apportant aussi un peu de leurs traditions musicales. À Meyrin, Titi Robin a recrée la Pangée en face d'un public enthousiaste qui acclame l'orchestre en demandant un bis. Deux filles sont même allées danser sur scène, au bonheur des joueurs qui ne retiennent plus leurs rires.

La grandeur de ce groupe ne réside pas seulement dans ses mélodies malicieuses, vagabondes et épicées, mais surtout dans la performance spectaculaire des ces musiciens.

Le micro de Fréquence Banane aussi est arrivé dans les mains du leader Titi Robin qui, très bavard, nous donne plus de 15 minutes d'interview. Il nous dévoile les secrets de son nouveau projet « Les Rives » et de ses musiciens, et il nous offre son point de vue sur la « world musique » dont il a été l’un des précurseurs en Europe.

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