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Des guerres mythiques racontées par Homère dans l’Iliade aux guerres terribles du 20ème siècle, L’Iliade – la guerre, une fascination de Jacques Gardel, nous fait voyager dans le temps avec pour seul repère l’étrange séduction que la guerre peut exercer sur nous. Mais attention ! Pas de glorification. Plutôt une interrogation, une exploration, une quête dans l’obscurité avec pour seul guide une bande sonore. C’est au gré des textes lus par une voix qui semble surgie de nulle part, comme désincarnée, que nous planons sur un décor aux allures de capharnaüm pour n’atterrir que trois heures plus tard, la tête bien sur les épaules, désormais porteuse d’un nouveau fardeau : la conscience de la vulnérabilité humaine.

Podcast proposé par Chiara Meynet, de la Rédaction, juste en dessous!

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Cette question ne cesse d’occuper l’esprit des festivaliers d’Objectif Mars. Une réponse en podcast.

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Qu’est-ce que la guerre ? Cette question ne cesse d’occuper l’esprit des festivaliers d’Objectif Mars et trouve, dans le spectacle La guerre, notre poésie de Jean-Michel Potiron, quelques éléments de réponse. L’infatigable homme de théâtre est allé pendant trois ans à la rencontre des chercheurs de l’Unil, mais aussi des grands penseurs des siècles passés : Hegel, Kant, Freud, Arendt bien sûr, Darwin et bien d’autres encore viennent alimenter sa réflexion. Inévitablement, la nature humaine est mise à la question : qu’est-ce qui nous différencie de l’animal ? Qu’est-ce qui, en l’homme, fait son humanité ? Plutôt que des réponses, Jean-Michel Potiron nous laisse avec des questions et, surtout, avec la conscience de la difficulté à penser son humanité. Alors : qui, de Hobbes ou de Rousseau a gagné le pari ? Le sujet paraît sombre et sérieux, mais Jean-Michel Potiron ne cesse de le répéter : « Nonobstant notre sujet, nous garantissons la dimension jubilatoire et profondément humaine de notre spectacle. Loin de toute démarche culpabilisante, La Guerre, notre poésie portera un regard joyeux et bienveillant sur notre nature humaine. »


Pour ceux qui ont manqué la pièce, vous pouvez parcourir avec Jean-Michel Potiron ses trois années de travail... Ou vous procurer l’ouvrage interdisciplinaire « Qu’est-ce que la guerre » issu de cette aventure.

 

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Après la Tour Vagabonde, la Grange de Dorigny inaugure à son tour, avec La femme dans le coffre de Simone Audemars et d’après Daniel Arasse, le programme théâtral tout spécialement conçu en l’honneur de ses 20 ans de programmation. Ce titre, au caractère plutôt énigmatique, ne fera sens qu’au moment de la représentation. Impressions.

La Tour vagabonde, où se déroulent des spectacles

La perspective d’une nouvelle semaine harassante de cours et de séminaires n’étant pas toujours des plus réjouissantes, je me précipite, comme souvent, à la fidèle Grange de Dorigny me changer les idées. Arrivée sur place, je constate avec étonnement que la scène est installée au cœur du foyer de la Grange et non dans la salle habituellement réservée au théâtre. Je profite donc des quelques minutes qui me séparent du début de la représentation pour jeter un œil à l’exposition A la charge ! Sous les traits de la guerre, qui habillera les murs du foyer tout au long du festival Objectif Mars. Sont suspendus au mur les dessins de onze illustrateurs de presse – notamment des membres de Vigousse –, qui nous livrent, tour à tour, leur vision de la guerre. Imaginez la Mort, exaspérée, demander aux hommes de cesser de se taper dessus et de bien vouloir, enfin, lui ficher la paix ! Ou encore un Saint-Pierre énervé de devoir à nouveau écourter ses vacances pour réceptionner le nouvel arrivage de morts que créent les guéguerres à répétition de ces très chers bipèdes au télencéphale hautement développé : le ton est donné. Je ne peux en dire plus car les lumières s’éteignent gentiment, nous appelant à gagner nos places : le spectacle commence.

La femme dans le coffre n’est pas tout à fait une pièce comme les autres, car on y apprend à regarder. Mêlant habilement théâtre et cours (oui, cours !) d’histoire de l’art, on y explore les mystères de l’œuvre de Titien, La Vénus d’Urbin, cherchant à en percer les secrets, s’aidant tantôt de la Vénus endormie de Giorgione, tantôt de L’Olympia de Manet. Au néophyte, il faudra parfois s’accrocher pour suivre le débat endiablé de ces deux spécialistes de l’histoire de l’art, qui font de cette discussion une véritable joute oratoire, au point de friser la masturbation intellectuelle, comme l’un des protagonistes l’évoque. L’érotisme, il en est précisément question dans ce dialogue – et même source de désaccord : la Vénus d’Urbin représente-t-elle une pin-up ? Il reviendra à chacun de trancher.

Le décor est, quant à lui, agencé de façon fort ingénieuse. Construit en « 3D », par différents plans plus ou moins proches du spectateur, il permet aux acteurs de se déplacer dans le tableau. Par différents stratagèmes et grâce à ce décor particulièrement amovible, les protagonistes peuvent construire et déconstruire l’œuvre de Titien au gré de leurs fantaisies, accompagnant ainsi parfaitement leur prouesse oratoire qui décortique - cette fois, intellectuellement - la composition du tableau. Les acteurs mènent donc l’enquête au cœur même de la peinture, si bien que nous finissons par entrer dans la toile avec eux, mêlant allégrement réalité et illusion. Cette lecture d’œuvre, faite sur le vif en prenant à témoin les spectateurs, présente au final moins le face à face entre deux historiens que le face à face entre l’homme et l’œuvre. S’il nous est donné de voir cette belle vénus étendue sur le lit, rien ne nous permettra jamais de toucher : nous renouons ainsi avec l’érotique, enjeu central de la toile. Notons au passage le seul désavantage de cette salle improvisée, qui empêchera peut-être les plus tatillons d’apprécier l’ambiance privilégiée du spectacle : les feux de circulation du M1, qui rythment à cadence régulière le vigoureux débat de ces deux passionnés.

Plus d’informations sur www.grangededorigny.ch

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