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Dernière journée du festival mais aussi journée internationale de la femme. Qu'elle plus belle manière de clôturer ces 10 jours en assistant à cet ultime débat : "Les femmes dans les processus de paix". Pour accompagner ce sujet et ce débat, un film : Pray the Devil Back to Hell.

 

Choisir d'Agir et Réagir

Un film retraçant le rôle des femmes dans les processus de paix au Libéria dans les années 1990.

Le Libéria, élu domicile de prédilection par les afro-américains dans la fin des années cinquante, subit tensions et guerres civiles depuis le départ de ceux-ci. Avant la « décolonisation », les américains ont à leurs habitudes privilégié certaines ethnies au dépend d’autres, instauré un régime voué à la discordance et aux conflits d’intérêts et ont, bien sûr, saupoudré le tout d’argent et de fusils.

Et on remercie les Etats-Unis pour leur énième contribution à la paix dans le monde ! Cela mérité bien un prix nobel de la paix pour le président !

Ce climat propice à la démocratie et modèle de justice, ne tînt que quelques instants avant de s’effondrer dans le chaos le plus total. Le chef du gouvernement commettant crimes de guerre et joyeuses ripailles sur le dos de son peuple quant à la l’armée rebelle, chargée de libérer son pays de ce tyran, usurpateur de pouvoir, celle-ci… et bien elle était tout aussi innocente que sa proie, commettant crimes de guerre à la chaîne et maintenant terreur et insécurité tout en ayant pouvoir et argent constamment dans sa ligne de mire.

L’histoire que je suis en train de vous narrer n’est qu’une infime partie de ce qui s’est passé au Libéria et ne concerne qu’une infime partie de la population, une population mâle, dopée aux testostérones, avec un désir insatiable de tuer et de violer ! Ces hommes ont peut-être produit cette histoire mais ce sont les femmes qui en ont changé son cours !

Femmes et enfants, premières victimes de pays, économies et régimes instables. Femmes et enfants, premiers absents de négociations pour la paix, pour le changement et pour débats ou initiatives s’intéressant à leur sort. Femmes et enfants longtemps boudés par le droit, longtemps niés un statut de citoyen, être humain parmi d’autres. Femmes dont le corps est le premier a être envahi et souillé lors de conflits. Enfants dont l’âme et les désirs sont corrompus et manipulés vers la haine et la destruction…

Femmes et enfants, pourtant, seuls instances d’espoir qui restent quand les hommes ont tous basculés dans l’innommable et l’inhumanité.

Les hommes au Libéria, se faisant une fierté d’être au combat, n’admettent pas les femmes. Celles-ci n’ont donc aucune responsabilité directe dans les conflits, leurs mains ne sont pas recouvertes de sang, seuls leur cœur et corps saignent et subissent. C’est cette situation qui a été propice aux mouvements des femmes du Libéria pour la paix.

En 1989, les villageois s’étaient tous réfugiés à Monrovia, capitale du Libéria. Les forces rebelles commettaient dans les villages viols et autres hostilités morbides ce qui poussait les populations dans la capitale où ils se pensaient à l’abri, sous la direction directe de Taylor, le despote…Or, Taylor voyait leur présence comme néfaste à l’image qu’il voulait avoir de la gouvernance de son pays. Il commença a y avoir des rumeurs, des bruits affreux courraient dans les camps de réfugiés : les forces rebelles avançaient sur Monrovia et Taylor allait déplacer le conflit dans les camps pour soi-disant protéger les réfugiés mais saisir, en réalité, l’occasion de nuire et d’éliminer la plupart d’entre eux dans le chaos qui s’annonçait.

C’est à ce moment, que les femmes en eurent assez ! Assez d’avoir peur, de courir, fatiguées de voir leurs enfants violés, tués, de les voir disparaître, de vivre dans une guerre incessante, de vivre avec la faim et la peur au ventre.

Assez de voir tous ces hommes mener cette zizanie et n’avoir comme seule ambition : pouvoir et argent ; sans le moindre souci de leur peuple ou de ses souffrances.

Ces femmes vivaient un calvaire sans fin, leurs intérêts n’étaient pas défendus et elles étaient prisonnières de ce climat mortuaire et martial, sans un mot à dire ! Jusqu’au jour où elles en eurent assez, où ils étaient allés trop loin, où les femmes surent que si la paix devait arriver un jour, cela n’arriverait pas avec eux mais avec elles !

Elles étaient le dernier espoir de paix pour le Libéria. Consciente du devoir et des responsabilités qui leur incombés, elles y mirent toutes leurs âmes et courage.

Ce film est leur histoire, leurs combats et leurs victoires !

Finalement ce FIFDH aura été riche en émotions et en découvertes. Il ne me reste plus qu’à trouver le courage…d’AGIR car les exemples et les héros dont s’inspirer ne manquent pas et grâce leur soit rendue !

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Nous sommes le 7 Mars.

Le Festival prend fin demain et notre aventure avec.

Beats of Antonov

Charlie’s Country

Dirty Gold War

sont les trois films vers lesquels on a décidé de se tourner.

Gaks gold

On croit souvent faire le premier pas, faire nos propre choix et être les seuls résponsables de nos sacrifices or, il n’en est rien !

Au FIFDH, ce sont les films qui vous choisissent, les documentaires qui vous élisent, les acteurs qui vous confient leurs combats.

Et vous dans tout ca ? Vous êtes la boîte de réception, le réceptacle !

Ce n’est pas vous qui vous tournez vers tel ou tel film, c’est le film qui vous fait tourner la tête, qui vous bouleverse et vous marque au fer à tout jamais.

Quand on rentre dans une salle de projection, nous devenons du bétail conscient qu’il ne ressortira pas vivant de l’abattoir à bons sentiments et du voile de l’ignorance.

Trois films nous ont donc élu, nous ont donc confié leurs messages et leurs doléances.

Beats of Antonov, Charlie’s Country et Dirty Gold War.

Les trois se penchent sur l’éradication de peuples et cultures, se tournent vers un non-retour de l’humanité, vers une terre déjà bien entamée par les méfaits de l’homme et sa cupidité, vers la destruction de l’homme et l’effacement de son humanité.

De cette torpeur s’élèvent pourtant des cris, des chants, des voix qui eux y croient encore, qui espèrent encore pouvoir faire valoir leurs droits, qui n’ont pas encore perdu la foi et qui comptent encore se faire justice.

Pourquoi est-ce qu’alors nous n’y croyons plus ? Pourquoi est-ce que nous voyons l’humanité condamnée ? Pourquoi est-ce que ce sont ceux qui subissent et souffrent le plus de la mondialisation, de la modernité et d’intérêts étrangers, qui y croient le plus ? Sommes-nous tant pessimistes que ca ? Avons-nous donc perdu tout espoir ?

Si cela est le cas… autant mourir maintenant que de subir et d’être asservi à un système et une société qui n’y croient plus et dans laquelle nous n'avons plus foi. Autant céder notre place à ceux qui le méritent, ceux qui se battent et luttent pour un monde meilleur, un respect de la vie, de la terre et de la diversité. Nous, vous, eux, tous ceux qui se disent où ne s’avouent pas défaitistes qu’ils croupissent dans une honte éternelle.

Ne sont pas dignes à la vie, ceux qui ne croient plus en elle.

Ne sont pas dignes d’être sur terre, ceux qui n’en prennent pas soin.

Ne sont pas dignes d’aimer, ceux qui n’aiment pas leurs voisins.

Ne sont pas dignes d’être heureux, ceux qui se réjouissent en tant qu’individu uniquement !

Vous l’aurez compris ce FIFDH, vous n’en sortez pas indemne !

Vous pensez y aller pour apprendre et découvrir sur l’autre, sur la condition des droits humains et de l’humanité dans le monde mais, en réalité, l’unique chose à laquelle vous êtes confrontée c’est vous même. Que ceux qui n’ont pas la conscience tranquille, prennent garde !

C’est peut-être égocentrique, égoïste, nombriliste de voir ce festival ainsi ! Comme un énième service rendu aux riches et nordistes avides de purifier leurs âmes. Mais il nous rend véritablement service et nous apprend une leçon :

Là où la mort et la tristesse règnent le plus, est aussi là où la vie et la joie triomphent!

Beats of Antonov

Des peuples entiers dans le sud du Soudan, réfugiés dans la région du Nil Bleu et de la Montagne Nouba. Chassés depuis des années, victimes de racisme, de guerres ethniques, des « sacs noirs » auxquels on n’accorde aucune valeur, vivant au rythme des bombardiers, de maisons brulées, bétails tués et proches disparus… Désarmés, aucun fusil en main ; leurs seules armes : la beauté, la musique, le chant et des couleurs radieuses !

Charlie’s Country

Nous suivons Charlie, un vieil aborigène d’Australie. Son aigreur et sens de l’humour nous emmènent vers de nombreux horizons de réflexion. Charlie n’est pas son prénom, son véritable prénom est trop compliqué à prononcer ; comme sa culture qui est devenue trop compliquée a intégrer dans la société moderne et post colonialiste d’Australie. Charlie se cherche une identité. Il tente un retour à la Terre Mère mais celle-ci le rejette. Il est déjà bien trop atteint par la société et ses maladies. À Darwin, il se mêle aux siens- ceux qui ont quitté les campements- déchéance et alcool le mène en prison. Là il perd toute identité. Son ami d’enfance avouera ne pas réussir à lui parler tant il est changé : cheveux et barbe rasés. Sorti de prison, Charlie rentre au village artificiel et surveillé où les siens sont pour la plupart enfermés. Face à la l’échec de son retour aux sources, de sa quête pour un état de complétude et d’harmonie entre ce qu’il a été, ce qu’il est et ce qu’il aimerait être ; Charlie se soumet à sa condition mais s’engage dans sa communauté pour que eux, les jeunes, n’aient pas à vivre son cheminement d’errance entre cultures et identités, pour qu’ils aient une chance de faire perdurer la richesse de leurs origines dans la brutale et écrasante société australienne.

Dirty Gold War

L’or de la mine à la vitrine. Plus jamais vous ne regarderez vos alliances, bijoux ou caprices de la même manière et… tant mieux ! Personnellement, je pencherais pour rendre l’or, son utilisation en tant que monnaie et ou décoration : illégale ! Alors qu’il est si évident de bannir le commerce d’ivoire, d’ailerons de requins ou de graisse de baleine pourquoi n’en est-il pas de même pour l’or ?!

L’or est un fléau, son histoire n’est pas glorieuse ! La beauté qu’on lui attribue, les valeurs qu’elle est supposée faire éclater au nez de tous : richesse, élégance, finesse… Toutes ces choses sont très relatives et ne valent rien au regard des dégâts et de l’horreur qu’elle amène : morts, pollutions et corruptions sans parler des génocides historiques et ruées animales vers la richesse ! Si la valeur de l’or est à revoir, ce film aussi est à voir, et revoir et ce, jusqu’à ce que tout un chacun enregistre dans son petit cerveau qu’il est temps de mettre un terme à cette industrie de la mort !

Dès aujourd’hui, refusez le port ou l’achat d’or, informez-vous sur le sort des réfugiés du Sud Soudan et militez pour la survie des populations indigènes !

FIFDHment vôtre…

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Hier j’ai assisté à deux projections fort intéressantes. Emballée dans les rouages du festival, j’ai consommé de l’image avec gloutonnerie, dévoré deux films d’affilés, englouti deux reflexions sans les mâcher cerebralement, absorbé tout leurs sucs jusqu’au point de m’y étouffer et surtout je me suis gavée des souffrances et de la tristesse du monde comme si de rien n’était.

(c) https://deerjaws.wordpress.com/tag/fishing/

Peut-être, en rentrant, ai-je pédalé avec plus de conviction, mais c’est tout ! Faire un Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains crée des métasituations auxquelles l’on ne penserait pas immédiatement :

- L’intérêt que peut avoir un Festivalier pour tout ce qui va être présenté

- La frustration et la honte de devoir choisir quel sujet l’intéresse le plus, quel thème ou débat risque de lui apporter le plus

- La crainte d’agir sans état-d’âme, d’être purement un consommateur sans conscience

- La conscience de vivre une farce mais la reconnaissance d’avoir accès à toutes ces histoires et combats

- Un combat avec soi même, lorsque confronté à sa passivité et soumission

- Une soumission au monde comme il est

- N’être et n’agir pas différemment, être simplement plus « aware »

Le FIFDH nous engage dans la contemplation et non dans l’action, il ne donne pas de solutions, n’apporte aucune aide… Il se contente d’informer et de surfer sur la vague exclusive des droits humains dans le monde, laissant l’homme sur le bas côté au profit d’une cause, d’un concept ridiculement lointain : l’humanité…

Choisir, favoriser , jauger le film qui nous fera le moins perdre de temps, qui en vaudra vraiment la peine et donc risquer d’agir sans une once d’humanité; écartant simplement, d’un geste de l’esprit, les autres causes et combats. Mais bon, ils n’avaient qu’a être présenté à un horaire convenable ou ne pas se chevaucher avec la projection du film tant acclamé par les critiques…

Hier, j’ai donc consommé de la chair humaine à la chaîne., enchaînant une projection sur les « Enfants Forçats » et une autre sur les pirates en Somalie «Fishing without Nets ».

Enfants Forçats : Quand les enfants se prennent en main

Un film, un sujet, un débat ? Non, il n’y avait pas de débat. Le film ne laissait pas de place au débat et le sujet était trompeur. On nous explique, avant la projection du film, quelques dates, faits et chiffres ; on contextualise le film.

« Des millions d’enfants travaillent encore soit sous le joug de l’esclavagisme soit dans des conditions qui mettent en péril leur éducation et santé . Or, dernièrement la Bolivie a fait passer une nouvelle loi concernant les enfants au travail : les enfants de 10 à 18 ans ont dorénavant le droit de travailler. Est-ce si mal de faire travailler les enfants ? Si ceux-ci travaillent dans de bonnes conditions, ont accès à une éducation, des soins et une vie libre. Qu’est-ce qui nous empêche de les faire travailler ? De leur permettre de gagner quelques sous pour leur famille ou pour leur survie ?»

Le débat s’annonce intéressant, dommage que le film en à peine une heure , réduise ces questions ouvertes à des abhérations. Pendant 1h12, H.Dubois nous dresse un portrait sinistre de la condition des enfants au travail. Inde, Mali, Burkina-Faso, Etats-Unis…nous y retrouvons des témoignages d’enfants esclaves, des activistes déplorant le sort des enfants au travail, rêvant à un futur où tous les enfants seraient à l’école et non dans les mines, derrières des échoppes, dans les usines, dans la rue, dans des tombes…

H.Dubois, ne nuance pas ses propos, il nous frotte le visage contre des images d’enfants squelettiques, en pleurs, désemparés, adultes avant l’âge, morts-vifs… Le documentaire installe l’auditoire dans une mare de mal-aise, ceux qui voient l’enfant au travail comme une opportunité, une chance ou une nécessité se sentent incriminés. Je suis perdue, pourquoi ne pas voir le travail comme une part de l’éducation obligatoire qu’un enfant devrait recevoir.

Travailler jeune permet l’indépendance, permet de se débrouiller, d’être autonome, d’être libre et insuffle le courage et le respect.

Dubois rêve d’enfant éduqués, ayant un avenir devant eux… Mais pour nous, petits occidentaux éduqués et nourris dès notre plus jeune âge de livres, multiplications et d’ambition de fonctionnaires ne sachant que faire de leurs 10 doigts à part réaliser un travail mécanique ou consommer dans l’immédiat- car incapable de se débrouiller ou de subvenir à nos propres besoins- nous, ou du moins je le crois, sommes les véritables « Enfants Forçats » asservis par un système, une compréhension du monde et une élite ayant peur de basculer à tout moment. Le film enraye toute vision positive des enfants au travail.

Le véritable problème ce n’est pas les enfants au travail mais les conditions de travail. Résultat, le Bolivie doit se justifier et expliquer pourquoi elle a passé cette loi…au lieu de la louer et de prendre exemple, nous reculons apeurés par l’aspect révolutionnaire de leur idée.

Ô droits humains et de l’enfants comme vous semblez éloignés des hommes que vous défendez…

Fishing Without Nets

Une histoire d’amour, d’argent et d’espoir. Je suis heureuse d’être partie à temps du débat vindicatif des « Enfants Forçats » pour le film explosif et terrible qu’a été « Fishing Without Nets ».

Percussions et shoots de Khat rythment le film.

C’est l’histoire d’un pêcheur Somalien, simple et aimant, qui pour rejoindre sa femme et son enfant envoyés au Yemen, s’enrôle dans la piraterie.

L’histoire s’emballe, saccadée d’arabe hurlé et de coups de fusil elle s’enroule aussi autour de cœurs tiraillés et d’une pauvreté tourbillonnante. Le film nous emmêle dans un filet invisible. Un filet dont la maille se resserre, forme un étau et finit par entailler celui qui y est capturé. Nous sommes pris en otage comme tous les personnages de ce film, nous sommes coincés dans les eaux de la fiction en attendant que la réalité nous remonte et nous écorche vif, sur le pont si vermoulu qui forme le lien entre mer et terre, fiction et réalité, nature et culture, monstres et humanité.

« Fishing Without Nets », un film, une histoire, une expérience a vivre et voir avec précaution, le risque étant de rester coincé dans les filets si tendres et tant de fois réparés, que sont l’espoir, l’amour et…l’argent.

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« Pourquoi est-ce que lorsque certains passent les frontières, ils meurent et d’autres pas ? »

« Il y a une lune et un soleil pour tout le monde, pourquoi la terre, elle, devrait-elle être divisée ? »

« Mort aux passeurs »

« No Borders »

« If you have to live, live free »

Extraits du documentaire: “On the Bride’s Side”

Exil en préparation
Pour la plupart des personnes migrantes d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient, l’arrivée n’est ni l’Italie, ni la Grèce; ce sont uniquement des zones de transit avant d’arriver en Suède. Or, rares sont ceux qui parviennent à échouer sur les côtes européennes et plus rares encore sont ceux qui parviennent à atteindre la Suède.

Leurs voyages sont semés d’embuches et de dangers. Pour quitter leurs pays, ils s’endettent, se confient à des passeurs sans état d’âme et se retrouvent dans des situations à hauts risques où la mort n’est jamais bien loin.

Lors de leurs périples, s’ils ne meurent pas sous les rafales de bombes ou fusillés, ils risquent l’épuisement, la faim, la soif ou encore la noyade, puis arrivés sur sol européen ils subissent humiliations et misères, prison ou renvoi, indifférence ou haine.

Au fil des années, la situation n’a cessé d’empirer. De plus en plus de migrants meurent en mer, les préjugés et la xénophobie escaladent vers une tolérance zéro, l’intérêt des nations pour ces gens est symbolique, politique, les frontières se ferment et le migrant vus comme délinquants…

Dans ces conditions et à la vue de cette situation qui empire du côté des migrants mais ne bouge pas de l’autre côté de la frontière.

« On the Bride’s SIde », lui, nous emmène de l’autre côté.

Nous ne sommes plus assis devant les nouvelles, avec une vue aérienne sur un bateau grouillant de monde et de morts ou à bord d’un chalutier se refusant d’aider les noyés car ils n’avaient qu’à ne pas faire le voyage, ils connaissaient les risques et puis ceux qui mourront ici, feront des migrants en moins sur nos terres car vous savez ce sont de véritables délinquants et profiteurs sans éducation… bref, ce discours est sans fin et les arguments, bien que faibles et non-fondés, pullulent par milliers…

Nous sommes aux côtés des migrants, de ceux qui n’ont qu’un seul rêve, trouver refuge et sécurité pour eux et leurs proches. Et la sécurité dans le cas présent et bien c’est la Suède.

Nous suivons l’aventure de quatre hommes et une femme. 5 palestiniens et syriens coincés en Italie et qui n’ont qu’un rêve, atteindre la ô tant et combien louée Suède.

Nous avons un couple, un père et son fils ainsi qu’un jeune homme.

Maintenant la question est : Comment vont-ils y arriver ?

C’est là, que commence notre documentaire

L’histoire de comment des migrants et italiens se sont débrouillés pour exhausser le rêve de leurs amis et compagnons.

L’idée c’est de se faire passer pour une procession de mariage. Qui arrêterait un mariage ? Les migrants deviennent parents, cousins, oncles, mariés… Ils sont cinq dissimulés parmi des italiens d’origine et des amis migrants intégrés à la société européenne, tous se sont lancés dans ce projet insensé d’accompagner ces cinq migrants en Suède.

Ils passeront par la France, le Luxembourg, l’Allemagne et le Danemark avant d’arriver en Suède. Nous les suivons tout au long de leur voyage. Répartis dans trois voitures, ils partagent avec nous leurs craintes, vies, histoires, espoirs et tristesse. Nous croisons des partisans du projet dans chaque pays, risquant prison ou autre représailles pour l’aide qu’ils apportent.

Ce documentaire déchire, on en vient à espérer que ce n’est qu’un film et non un documentaire. On en vient a souhaiter que rien n’est vrai, que tout est fiction, qu’aucun n’a réellement vécu ce qu’ils racontent, un à un, au fil du voyage :

Amis décédés, proches noyés, aide refusée, guerres insensées, vies déchirées : l’exil ou la mort.

Nous découvrons la tendresse et la douleur de ces gens, l’incohérence de nos politiques de migration, l’absurdité des frontières mais aussi l’importance d’avoir et d’appartenir à un peuple, une nation, un état…

Ce documentaire, je le recommande à tous et j’en viens sérieusement à penser que ce FIFDH devrait être permanent. Nous devrions injecter les Droits de l’Homme dans l’enseignement primaire, secondaire, universitaire… Mais aussi prendre garde aux supports que l’on utilise pour véhiculer les conditions et aberrations dans lesquels l’humanité est approchée, traitée, blessée, vendue et manipulée. Prendre garde à l’image; les films c’est bien mais l’on oublie vite que ce n’est pas que de la fiction. Le film permet de prendre trop de distance vis-à-vis de ce qu’il traite…

Ainsi, j’ai vu se lever après la projection nombre de festivaliers, comme si de rien n’était. La séance finie, ma B.A faite, ma sensibilisation entamée, ma sortie culturelle accomplie, je peux maintenant aller boire un verre avec mes copines, filer à la maison regarder ma série qui va commencer, sortir danser, me dépêcher d’aller au théâtre Pitoëff où Snowden pourrait apparaître via Skype…

> Est-ce que l’on ne finit pas par endosser un comportement irrespectueux et indécent ?

La formule du Festival est d’approcher ces sujets, tous plus sensibles les uns que les autres, concernant tant de monde et de douleurs, s’ingérer dans les plaies et le chagrin, analyser telle ou telle situation… n’y-a-t-il pas un moment où tout ceci perd de son sens. Ou les droits de l’homme deviennent divertissement ? Où l’on tombe dans le voyeurisme élitiste et occidental de : « ô regarde comment ca se passe là-bas, combien c’est terrible, combien ces gens sont courageux… »

Comme nous sommes tous ridicules assis là bien confortablement dans nos sièges alors que l’on aborde des sujets aussi terrible et impensable que : l’exil ou la mort…

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L’enlèvement et Words with Gods sont les derniers films auxquels j’ai assisté. Pourquoi eux ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Ai-je eu raison ? Saurais-je, un jour, si j’ai eu raison ? Et maintenant ?

Ganymede enlevé par Jupiter, Le Sueur Eustache
Hier encore, deux films sélectionnés difficilement depuis la liste foisonnante de films du FIFDH. Heureusement je ne regrette aucun des deux ! Vous savez, la vie peut-être dure lorsque l’on regarde ainsi autant de film en si peu de temps. Et elle l’est d’autant plus quand il y a le risque de louper et d’écarter des films de génie et de beauté !

Par exemple, ce soir pour quelle projection devrais-je opter ? Une qui pourrait aboutir avec un skype en compagnie de Snowden mais qui comporte le risque de m’ennuyer ou bien une qui m’intéresse mais qui pourrait me faire regretter mon choix…

Que de décisions dont l’unique personne à trancher peut-être moi ! On a beau mettre nos actes et paroles sur le dos des autres, ce sont toujours nous qui les accomplissons; alors vais-je réussir à assumer mes choix ? Ou bien vais-je hanter les générations futures des spectres de choses que j’aurais pu faire mais que je ne n’ai jamais faites !

De l’espace de Culte

Projection au temple St.Gervais, comment aurais-je pu deviner que cela allait être dans une église ? J’ai hésité, je n’y ai pas vraiment cru lorsque j’ai passé le pied de la porte de l’église paroissiale de St.Gervais.

J’ai pensé aux petits yaourts colorés, au fait que dernièrement je n’ai mis les pieds dans des lieux de culte uniquement par dessein touristique, qu’en fin de compte bientôt on oubliera la fonction première des églises, mosquées, synagogues et que celles-ci se métamorphoseront, comme elles le font déjà, en restaurants de luxe, magasins d’habits, ateliers d’artistes, salles de cinéma…

La plupart de nos pratiques, aujourd’hui, ne sont pas seulement modernes et ne font pas seulement appel à énormément de ressources et technologies, elles sont aussi envahissantes et avalent tout sur leur passage. Elles rasent nos capitaux culturels, nos patrimoines historiques et sociaux et transforment le tout en une charmante bouillabaisse d’oubli et de squelettes.

C’est très étrange de voir combien les cultes, qu’ils soient religieux ou pas, ne changent jamais vraiment de nature. Que l’on vénère la fiction et le cinéma ou des textes sacrés et leurs écrivains décédés, notre dévotion demeure égale.

À 13heures, personne ne priait dans l’église mais tous attendait impatiemment la manifestation du messie de l’image et de l’imaginaire.

Peut-être, est-ce cela l’unique différence entre cultes centenaires et cultes modernes : la conception du temps, de l’espace et de l’homme.

Aujourd’hui, on a plus le temps, on a tous l’espace que l’on désire et l’homme a la possibilité de s’élever au même niveau que ses divinités. Avant, on avait du temps, de l’espace et des hommes, simplement.

Grossier résumé, je vous l’accorde mais je veux en venir au film : esthétique mais creux. Une coquille dont toute présence divine se serait évanouie, le bruit d’une maison d’escargot sèche que l’on écrase pas inadvertance sans se retourner pour chercher le propriétaire.

Beau mais décevant. Le lieu qui l’accueillait avait plus d’histoire et de raison d’être que ce film aux prétentions avortées; parce que même la fiction a ses limites et ne peut reproduire fidèlement ou comprendre entièrement la religion sans paraître désuet de sens et d’intérêt

À l’enlèvement, le soulèvement du voile de l’ignorance

Frank Garbely et Juan Gasparni ont croisé et recoupé leurs enquêtes et travaux pour « L’Enlèvement ».

Véritable coup de théâtre !

Argentine, Espagne, Italie, France et Suisse: pays et citoyens impliqués

Fiat, Renault, Peugeot : entreprises corrompus et dépourvus d’éthique

Genève, Zurich, Paris, Gènes : allers-retours d’argent et de preuves, repères familiers

Hector, Luchino, Peron, Agnelli, Giscard d’Estaing , Chambon, Gasparini, Cafatti : acteurs et victimes

Animation et Documentaire : choix intéressants mais pas assez exploités

Régimes politiques, emprisonnements, humiliations : les dessous-des-cartes

Droits Humains : peu de choses lorsqu’Entreprises et Nations font le choix, main dans la main, de passer outre

Nous suivons le fil de l’enquête menée par ces deux hommes et l’évolution de la déchéance d’un homme trompé par ceux auxquels il vouait fidélité.

Il est difficile de retenir tous les noms mais une chose est sûre, c’est que les faits et les révélations d’hier soir ne sont qu’une infime partie de l’Iceberg. Peut-être, une reproche : de ne s’être appuyer sur l’animation uniquement pour véhiculer scènes ou histoires violentes, ainsi qu’une impression à la fin de cette petite heure, qu’ils auraient pu, qu’ils auraient dû aller plus loin.

En tant que spectateur, on ressent, que sais-je, un petit je ne sais quoi de terreur de la part du réalisateur et co-auteur de ce documentaire.

Se sont-ils retrouvés confrontés à un élément, une révélation de trop ?

Le mystère du livre noir, disparu mais bien ancré dans la tête de la victime nous laisse septique et suspicieux.

Alors que «L’Enlèvement » désirait faire lumière sur des faits et une histoire manigancée, j’ai l’impression qu’il a certes éclairé certains pans du récit mais que l’autocensure ou les précautions ont réussi à former une nouvelle enveloppe protectrice.

Encore une fois, les plus gros et les plus méchants gagnent !

Des choix intéressants mais inaboutis pour ma part, peut-être que ce soir sera une autre aventure ! Et vous ?

À demain :)

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