frequencebanane.ch
Sex & Rock’n’Roll : Philippe Soltermann, acteur et metteur en scène vaudois, parle d’érotisme et de plaisir féminin sur fond de guitares électriques et électrisantes.
Philippe Soltermann, acteur et metteur en scène

« Dieu est dans ma langue » est une sorte de poème à la fois tendre, drôle et passionné sur le plaisir. Accompagné de deux musiciennes sexy et talentueuses, Philippe Soltermann développe un monologue aux rythmes des voix et des guitares.

A mi-chemin entre le concert et la pièce de théâtre, l’intensité des mots et des images augmente peu à peu jusqu’à ce que l’orgasme musical et langagier atteigne son paroxysme dans des solos délirants. « Ne me juge pas, ne me juge pas », répète sans cesse l’une des chanteuses. Un spectacle qui, effectivement, invite à mettre des mots sur un thème dont il est rare qu’on parle sérieusement et explicitement mais sans jugements préconçus ni a priori. Un spectacle où l’on prend simplement son pied !

Sophie Badoux

Bookmark and Share

« To intimate » : 1) adjectif. Intime, familier, proche. 2) verbe. Signifier avec autorité.

Pour leur première création ensemble les danseurs Mark Lorimer et Cynthia Loemij ont eu envie de parler de l’intimité. L’intimité de deux être proches, des amis mais aussi de celle qui tracasse les gens dans le tram parce qu’ils se sentent trop proches de l’intimité des autres. Comment communiquer, par le langage mais aussi par le corps, tout en respectant l’intimité de chacun ? C’est ce que le duo souhaite approcher dans son spectacle « to intimate ».

Sur la musique interprétée par le violoncelliste Thomas Luks, ils dansent côte à côte sans se toucher comme s’ils apprenaient à se connaître, puis peu à peu certains contacts peuvent apparaître. Jouant avec des chaises, avec le langage et même avec le musicien, obligé de se mêler à la ronde, ils offrent un spectacle où les gestes que l’on croit reconnaître parfois sont finalement souvent ambigus, tout à l’image de notre communication langagière. Celle-ci échoue bien plus souvent qu’elle ne transmet ce que l’interlocuteur voulait vraiment dire. Un ode dansé à l’humain, surchargé d’informations et de moyens de communication, mais qui ne sait plus comment simplement écouter l’autre et lui parler sincèrement.

Ne manquez pas d'écouter l'interview (en anglais) de Mark Lorimer, Cynthia Loemij et Thomas Luks ci-dessous.

Sophie Badoux et Nicholas Weeks

Bookmark and Share
Un spectacle original, coloré et musical, qui questionne l’histoire, son déroulement et la part que l’homme joue dans celle-ci.

Le spectacle de Massimo Furlan, créé spécialement pour le festival des Schillertage de Manheim en Allemagne n’honore pas simplement la mémoire de Friedrich Schiller, dramaturge et philosophe de la fin du siècle des Lumières Bien au contraire… Celui-ci, après avoir été torturé par les personnages qu’il a créé en tant que dramaturge, finira à genoux et en proie à la mort – que Massimo Furlan représente de manière intéressante par une femme habillée en noir et présente sur scène tout au long du spectacle. Schiller va voir son discours, qu’il a prononcé en 1789 à l’université d’Iéna pour sa leçon inaugurale, démonté de toute part. En effet, l’exposé que Schiller donne est très optimiste sur l’avenir, mettant l’Europe au centre de tous les progrès et dénigrant le « sauvage » et les femmes ou les enfants.

Massimo Furlan s’applique donc avec joie à démanteler toutes les injustices et les erreurs de raisonnement du philosophe dans une mise en scène très inventive invoquant pour le spectateur des images à la limite du rêve. Le metteur en scène convoque également la culture populaire, passant de présentateurs fameux à Michael Jackson. Car Massimo Furlan s’intéresse fortement dans ses autres œuvres à la mémoire et à l’histoire mais aussi à la culture populaire (comme avec son spectacle sur l’Eurovision intitulé « 1973 » à voir ou revoir en janvier au Théâtre du Passage à Neuchâtel). Il finira par abasourdir le public dans un tableau imaginaire et presque violent, mêlant danseuses de cabaret, argent coulant à flot, enfants défigurés alors que l’ombre de la guerre et de la mort ne plane jamais très loin.

Pour en savoir plus, ne manquez pas d’écouter l’interview de Massimo Furlan ci-dessous dans laquelle il explique notamment comment il en est venu à réaliser ce spectacle. "Schiller Thriller" est à découvrir en mai 2012 à l’Arsenic à Lausanne. Pour plus d'infos: www.massimofurlan.com.

Sophie Badoux

Bookmark and Share
Petits prodiges encensés par la critique, au carrefour entre l’electro torturée et le rock psyché, les montréalais de Suuns faisaient l’ouverture de la première soirée du For Noise édition 2011. Fréquence Banane a attrapé Joseph Yarmush (basse), et Max Henry (claviers) à leur sortie de scène, pour une interview entre sounds checks assourdissants et derniers rayons de soleils brûlants. Comme si l’été avait choisi le week-end du festival pour rappeler au monde son existence.
FB: Votre groupe s’appelait précédemment « Zeroes » et Suuns en est la traduction en langue thaie, pourquoi ce choix ? Pourquoi le Thai plutôt qu’une autre langue ? Avez-vous juste choisi le nom qui sonnait le mieux après l’avoir traduit dans toutes les langues ? Joseph : (rires) J’imagine, oui. Quel que soit le nom que vous donniez à un groupe, c’est toujours difficile d’en changer…C’est même impossible ! Il faut juste se lancer et choisir quelque chose, et si vous le dites un nombre suffisant de fois, cela fera du sens… Et cela a pris du temps dans notre cas. Pour Suuns, oui cela signifie « zeroes »… C’était le choix 1008, je crois… Max : Oh oui ! Quand je pense aux noms qu’on aurait pu porter, il a de quoi avoir honte ! FB : Cela fait maintenant depuis février que vous êtes en tournée, est-ce dur d’être créatif lorsque vous êtes sur la route ? Etes-vous inspirés par les gens que vous rencontrez ? Joseph : C’est dur, car lorsqu’on est en tournée, la plupart du temps, on ne voit pas d’autres groupes jouer. C’est ce qui rend cet été si génial ! On est à l’affiche sur tous ces festivals, ce qui nous donne l’opportunité de voir d’autres groupes. Un vrai bol d’air frais ! Mais oui, c’est dur d’être créatif et de vouloir jouer encore chaque soir tout en gardant l’énergie de notre show. Mais on dirait qu’on y arrive ! Quelque chose se casse à chaque concert (rires), ce qui nous aide dans l’impro… FB : Vous venez de terminer deux séries de concerts, l’une avec Chrystal Castles, l’autre avec The Black Angels, comment cela a-t-il influencé vos performances lives ? Plus électro avec l’un, plus psyché avec l’autre, ou pas du tout ? Joseph : Oui tout à fait ! Pour Chrystal Castles, 100 pourcent du public est là pour les voir, et 95 pourcent n’a pas encore eu 18 ans, et leur temps d’attention est très limité. C’était donc très dur de faire ces premières parties ! Mais on a eu beaucoup de plaisir aussi : on a adapté note show, en le rendant très électro, et aussi très court. L’idée était en quelque sorte de les éblouir avec beaucoup de sons et de lumières, et de laisser Chrystal Castles faire leur spectacle ! Pareil avec les Black Angels, je veux dire… Max : Les fans des Black Angels étaient incroyables ! Ce sont tous des rockers (rires). Les gens étaient très ouverts, on a eu beaucoup de retours positifs de la part du public… Je ne sais pas comment le dire, c’était juste beaucoup de plaisir, mais deux expériences totalement différentes. FB : Vous avez joué sur de nombreux très grands festivals, le Primavera à Barcelone par exemple, après ces expériences, que préférez vous aujourd’hui, les grandes scènes ou les petits concerts ? Joseph : Il faut juste adapter son spectacle au public… Cela dépend, si tu joues durant la journée ou tard dans la nuit. Pour nous par exemple, de jouer l’après-midi, cela n’a rien à voir. Par contre, de jouer la nuit, devant 8000 personnes : si cela ne te bouleverse pas, tu es fou ! Ce n’est pas dans nos habitudes… Nous sommes plutôt rompus aux concerts devant 200 personnes, dans des petites salles dont la transpiration coule du plafond. C’est peut-être ceux-là les meilleurs ! (rires) Mais il n’y pas de vrais règles, j’aime les deux, personnellement. FB : Selon votre myspace, vous avez enregistré de nouvelles chansons début juillet. Peut-on s’attendre à un nouvel opus prochainement ? Votre premier album, « Zeroes QC » a été produit en deux semaines, vous avez donc étés plutôt rapides, cela va-t-il être pareil cette fois-ci ? Max : Oui on a quelques titres, qui vont former un single en format 12’’, probablement pour la prochaine fois qu’on revient. Mais il sera disponible à la commande dès sa sortie, on a même un accord avec Fedex ! (rires) . Quant à l’album… Je ne sais pas, c’est dur à dire. Si on arrive à glisser quelques nouvelles chansons lors de chaque concert, et se familiariser avec, oui cela ira très vite dès que l’on sera à nouveau en studio. Mais si les titres nous donnent du fil à retordre, cela sera plus de l’essai, du retravaillage, de l’expérimentation… Tout ce que j’espère, c’est que l’album sera bon ! FB : Votre label « Secretly Canadian », abrite de nombreux autres artistes de talent, Antony and the Johnsons ou The war on drugs pour ne citer qu’eux, lesquels vous inspirent le plus ? Avec lesquels voudriez-vous collaborer ? Joseph : Vous pourriez sélectionner n’importe lequel, vraiment ! Il y a une telle diversité de musique sur le label. Mais je pense que celui que j’ai écouté le plus dernièrement était « The War on Drugs ». Lorsque leur nouvel album est sorti, notre groupe entier était comme sous le choc ! (rires) Alors si cela n’en devait être qu’un, alors ce serait « The War on Drugs ».
interview Suuns (Taille: 3.93MB)
Bookmark and Share

Vendredi 2 et samedi 3 septembre, le festival accueillait le spectacle du danseur et chorégraphe Boris Charmatz, « Enfant », qu’il a créé pour le festival d’Avignon 2011, en coproduction avec la Bâtie. Boris Charmatz, également invité d’honneur du festival, dirige le Centre chorégraphique de Rennes et de Bretagne depuis 2009, qu’il a transformé en un Musée de la danse d’un genre nouveau.

Faisant partie du mouvement de la non-danse, qui a pris son essor dans les années 1990, Boris Charmatz aime à montrer des corps mus par des forces extérieurs ou des machines. Dans « Enfant », ce sont d’abord les adultes qui sont manipulés par des machines : deux câbles hissent un homme et une femme inertes et ne maîtrisant pas leurs mouvements. Un tapis roulant installé en courbe fait rouler le corps d’une danseuse dans un mouvement perpétuel alors que deux autres danseurs sont secoués par les forts tremblements d’une autre machine, mimant ainsi, semble-t-il, les soubresauts d’un acte d’amour.

De ce ballet de corps d’adultes naît ensuite des enfants qui sont eux aussi tout d’abord endormis et manipulés par les adultes. Ces corps d’enfants, comme une matière malléable et fragile à la fois, sont trimbalés de part et d’autres de la scène par les adultes qui jouent avec eux. Puis peu à peu ils s’éveillent au son de la musique et du chant et apprennent à maîtriser leurs corps. Les enfants pourront alors prendre leur indépendance et jouer avec les adultes jusqu’au moment où ce sera les enfants qui devront s’occuper des adultes.

Le chorégraphe Boris Charmatz a fait un travail incroyable avec les enfants, qui sont souvent au cœur des questions que se pose notre société sur le pouvoir, l’avenir, mais aussi notamment la peur constante de la pédophilie. Il cite le philosophe français Jean-François Lyotard qui écrit : « Dénué de parole, incapable de station droite, hésitant sur les objets de son intérêt, inapte au calcul de ses bénéfices, insensible à la commune raison, l’enfant est éminemment l’humain parce que sa détresse annonce et promet les possibles. Son regard initial sur l’humanité, qui en fait l’otage de la communauté adulte, est aussi ce qui manifeste à cette dernière le manque d’humanité dont elle souffre, et ce qui l’appelle à devenir plus humaine ».

Le spectacle sera à nouveau présenté au Théâtre de la Ville de Paris en octobre. Plus d'infos sur www.borischarmatz.org/assister.

 

Bookmark and Share
Les posts moins récents

PAGE EN CONSTRUCTION

Avez-vous déjà imaginé un film sans sa musique ? Impossible, rien ne fonctionne, l’émotion n’est pas la même. Les musiques de films suscitent effectivement une grande partie des sentiments transmis au spectateur et ils aident aussi souvent à créer une cohésion générale de l’&oeli... lire la suite...
Premiers arrivés, les montréalais de Suuns auront étés victimes de leur tranche horaire. Pleins d'énergie et de bonne volonté, ils ont tout de même réussi à enthousiasmer la foule clairsemée du début de soirée. Torturée à souhait, la voix du chanteur Ben Shemie s'accordait parfaitement... lire la suite...
Cette année, c'est une affiche copieusement ravageuse qui fera chavirer nos petite têtes blondes festivalières. Éh oui, certains on pu profiter du soleil tout en sirotant leur petit binouze devant des concerts à la sono plus que difficile à juger sous ce soleil de  plomb.        De soleil, il ne se... lire la suite...
Samedi était déjà ma dernière journée à Locarno, mes obligations estudiantines m’obligeant à rentrer en Suisse romande. Alors pour terminer ce festival en beauté, j’ai eu la chance d’assister à la projection de deux documentaires suisses. Olivier Père l’a tout de suite dit ... lire la suite...
Il faut être un lève-tôt si vous voulez profiter entièrement du Festival du film de Locarno, car les premières projections commencent à 9h. Mais ensuite pour tenir jusqu’en fin de soirée c’est plus difficile… Moi j’ai donc commencé ma journée à 11h vendredi avec une projec... lire la suite...
Tout d’abord, le premier film présenté dans la rubrique  « concours international », « Beirut Hotel »  de la franco-libanaise Danielle Arbid, m’a impressionné pour l’atmosphère qu’il dégage. C’est un film qui nous plonge dans l’ambiance d’un pays qui n&... lire la suite...
Super 8, un film de J.J. Abrams
Mercredi, Locarno, 20h00. Des rafales de vent balaient les bords du lac de Locarno. Dans le bus qui doit m’emmener vers la Piazza Grande et son écran géant de 26 mètres de long sur 14 de large, de fines gouttes de pluie commence à s’écraser sur les vitres. Non, non et non ! C’e... lire la suite...
Les Cowboys Fringants Bienvenu au « Cowboy Fringants Show » !! Petit haut à paillettes, cagoule et bretelles, cravate et combinaison de ski des années 80 : rien quâà leurs accoutrements on sait pertinemment que se sera la grosse fête ce soir sur la grande scène. La bande de vieux copa... lire la suite...
The Strokes On a tout dit des Strokes : des gosses de riches pistonnés, des artistes parvenus au look de mannequin, ils seraient prétentieux, capricieux, ingrats et paresseux. En gros, les Strokes semblent tout avoir du cliché de la rockstar égocentrique. Mais ça serait négliger leur talent... lire la suite...
National : Sous un chapiteau plein à craquer, les excellents National ont livré un concert magnifique de plus d’une heure trente. Sans doute portés par un public conquis d’avance, les New Yorkais ont joué leurs meilleurs morceaux, tout en élégance et sobriété. Laissant la place belle ... lire la suite...