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Festival Archipel: Corps Étrangers

Corps étrangers: Soirée patchwork-performances vocalo auditives

Ce dimanche j'ai pu assister à la performance tenue à la White Box du Grütli.

On y est accueillis par par deux installations vidéos aux couleurs sombres et intriguantes. On y discerne des ambulances, des flammes, des accidents, un fracas visuel que les jeux de lumièresau-travers de la typographie troublent pour le lecteur. Deux texted, l'un relatant l'expulsion d'un clandestin par les forces de police, l'autre retracant l'explosion qui a conduit un soldat à perdre son ouie et la parole.

Divisé en cinq parties, les acteurs alternent leur paroles comme des musiciens echangeraient leur partition en cours de route.
La premiere performance voit  Caroline Bergvall, Vincent Barras et Jacques Demierre articuler des sons qui au cours de leur lecture à trois voix, vont annoncer le vol du mot composé par l'acteur précédent. Sans s'attarder sur le sujet-même du texte

Le duo Barras-Demierre enchaine ensuite sur une performance bruitée qui reproduit le schéma précédent ou les deux performeurs propulsent des onomatopées constantes qui une fois arrivées à la fin du soufle de l0un est récupéré par le suivant et ce, pendant près de 10 minutes. Tout autant, leurs voix, le souffle et un rythme soutenu permettent aux deux performers de rester cohérents et en aucun cas rébarbatifs dans leur action.

S'ensuit une partie que l'on pourrait nommer d'orchestrée, en effet c'est sous la conduite d'un des perfomers précedants que l'ensemble de l'Encyclopédie de la parole vient interpréter une pièce sonore de textes.
Le chef d'orchestre donne et reprend les mots soufflés et parlés par les interprètes. Divisés en couples, chacunes de leur voix appuie le texte de sussurations, de bruitages et d'onomatopées. Il est assez fascinant de voir ces acteurs jouer un texte comme un ensemble de musique contemporaine, mais le plus souvent on se perd à apprécier la performance plus que le texte lui-même. Si vous veniez a me demander de quoi il s'agissait, je ne saurais le dire.

La pièce suivante voit tous les performers attablés, à boire et à articuler des débuts de phrases, à entamer des conversations sans les aboutir, comme dans un temps en suspens. On se serait cru dans un interlude, à la "En attendant Godot" si je puis me permettre. Un partie que peut-être certains auraient qualifiés d'obsolète mais qui prend tellement de sens quand on considère tous les mots perdus dans des discussions "small talk".

La dernière performance réitère le schéma de la tierce, toutefois en changeant de disposition les acteurs, et ponctue, si cela était encore nécessaire un soirée riche en expériences. Dans son entiereté, la soirée s'est révélée plus qu'intéressante, elle permettait de découvrir un art "parlé" qui reste d'un certaine manière encore discret, Il ne tient qu'au public d'aller chercher ce genre d'évènement, voire même d'aller chercher la discussion avec les artistes ( ce que votre serviteur n'a pas fait, mea culpa) pour mieux saisir la porté de la performance.

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C'est en pleine saison des festivals, mais dans une salle en dur que nous avions rendez-vous mercredi soir avec le groupe islandais Sigur Rós aux Docks de Lausanne pour un concert qui s'annonçait mémorable. Les conditions, en tout cas, étaient réunies : en salle, donc sans les inévitables stands saucisses des festivals; dans une petite salle dont la configuration assure à chacun une position proche de la scène; un concert à un prix assez prohibitif pour s'assurer que chaque personne dans la salle est un fan et donc écoutera le concert religieusement.

 

Le prix n'a semble-t-il pas retenu les fans, puisque la file d'attente était très longue à l'entrée, et que le concert annonçait complet depuis quelques temps déjà. Si le son n'était pas vraiment à la hauteur, saturé et parfois même à la limite du larsen, le contenu, lui, répondait à nos attentes, malgré un début de concert un peu hasardeux à la voix (la première moitié du superbe Glósoli sera massacrée tant niveau tempo que niveau justesse du chant). Une setlist mélangeant habilement anciens et nouveaux morceaux et un line-up à géométrie variable, le groupe étant rejoint par amiina, quatuor à corde attitré, et par les horny brasstards, quintette à cuivres qui s'avéreront de meilleurs showmen que les membres du groupe eux-mêmes. D'autant plus à géométrie variable que tous les 12 musiciens se trouveront à un moment ou à un autre derrière un autre instrument, qui délaissant sa basse pour aller faire de la batterie, pendant que le batteur joue du métallophone, qui posant sa trompette pour se glisser aux percussions. On oubliera donc facilement les petits soucis techniques et la timidité/froideur du groupe pour se plonger à fond dans les superbes mélodies et dans la grande variété qu'ont apporté les musiciens au concert.

Sur des morceaux comme Sé Lest, on se dit que l'apport de musiciens additionnels a probablement sauvé le concert, puisque c'est sur ce morceau qu'apparaîtront, de manière furtive, les Horny Brasstards, traversant la scène pour ressortir de l'autre côté, apportant une bouffée d'air salvatrice. On retiendra donc plus de brèves fulgurances, comme le son fragile de la flûte émergeant du chaos à la fin de hafsól, la présence malgré tout magnétique du chanteur, la chaleur des cuivres ou la grande variété des instruments utilisés sur scène, que l'ambiance générale du concert, frisant toujours la platitude et la déception. Un bilan donc en demi-teinte, nuancé, outre par ces quelques éléments, par la sensation diffuse d'avoir assisté à un moment magique, hors du temps.

Paradoxal ? Peut-être... Les sentiments étaient en tout cas très partagés à la sortie de la salle.

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