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Men&Chicken, Tale of Tales et Swiss Shorts

Il était des fois...

Avant dernier jour du festival et encore de sublimes films à l’affiche! La fatigue se fait sentir auprès des festivaliers, les heures de projection sont dures à tenir mais heureusement la qualité est au rendez-vous. Alors que le NIFFF bat son plein, on apprend, des réalisateurs de courts, que l’industrie est au plus mal. Les idées, l’énergie et l’enthousiasme sont là, mais la distribution manque à l’appel.

Le film fantastique, un drame en tout genre. Si cela ne dépendait que des salles, les démons seraient étouffés dans l’œuf, les communications aliens hackées, les robots des produits ménagers, la psyché humaine une boite à cartoons, les morts, morts, les virus réduits à de simples grippes et le monde aussi ennuyant qu’il en a l’air.

Pas de place pour ces films!? Mensonge, tous en ont au moins une dans leur cœur- Gremlins, E.T., Star Trek… Maudite industrie qui pervertie le rêves et les idéaux ! Car, de la place il y en a pour du populaire, pour de l’accessible, pour des trames sensées et des intrigues normées!

Alors que les films fantastiques nous annoncent l’avenir, exacerbent nos peurs et nos vices, frisent et ondulent le long de la fragile frontière de l’indicible, explorent les impossibles ; Alors que le fantastique se démontre être un féroce outil politique, adepte de l’anarchie, les portes, elles, se ferment.

Plus de place pour l’extraordinaire, maintenant on ne veut plus que de l’EXTRA-ordinaire, du quotidien magnifié, de la routine améliorée, de la merde parfumée.

Nombre des films vus au NIFFF ne seront sûrement jamais projetés dans les salles. Seul moyen de les voir, le festival! Terrible et affreuse réalité. Sûrement est-ce pour cela que nous nous enivrons tant du NIFFF, que nous devenons d’infâmes gloutons, boulimiques et affamés, désespérés et déraisonnables. Sans nous, le film n’a pas d’avenir mais avec nous, il n’en a pas non plus. Notre streaming génération se gave et vomi sans relâche, ignorant l’œuvre et n’appréciant que le produit.

Le monde du film est très proche de l’industrie, sûrement est-ce cela qui le perd. Le cadre est industriel et ses acteurs produits. D’ailleurs, au NIFFF, les placements de produits sont quasi-inexistants. Nous ne sommes pas considérés comme des consommateurs mais plutôt comme des amateurs. Amateurs d’histoires et d’audace, fins gourmets de bandes sonores et d’agencements filmiques. La critique est de mise, tout au long du festival, la seule usine est notre petit cerveau qui lutte contre ses préjugés et délie les impressions. De temps en temps, tout de fois, l’industrie lourde débarque sur la toile, de gros budget, de gros effets, de gros acteurs et de gros gros gros billets verts. Si cela sont sûrs d’être distribués, les festivaliers, eux, ne sont pas dupes. L’argent permet l’exceptionnel et non le talent!

Aujourd’hui donc, Men&Chicken, Tale of Tales et Swiss Shorts

Men&Chicken : sale, méchant et bête, une comédie nordique indécente et gonflée de désirs inassouvis. L’homme est-il venu avant ou après la poule ?

Tale of Tales: Les Frères Grimm ont de quoi être jaloux. L’acre douceur qui se dégage de ce conte pour adulte pince et dorlote celui qui s’y attarde. Grosse production mais Gros succès.

Swiss Shorts : un avenir incertain pour le cinéma fantastique en suisse et ailleurs, mais un univers fantastique riche et dépaysant. Dommage, certains ne visent que des longs métrages et cela se ressent.

Demain, dernier jour. Tristesse et désolation, comment envisager la vie sans le NIFFF, puisse la fin du monde se hâter !

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