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Il y a des groupes comme ça dont on ne se lasse jamais. Quatrième fois que je les voyais en concert et c’est de mieux en mieux. Après une découverte par hasard au Paléo en 2009 sous le chapiteau, j’étais allée jusqu’à Rock Oz’Arènes à Avenches en 2011 où ils jouaient le même soir que Ben Harper et enfin, au Montreux Jazz Festival en 2012.

© Marion Malique

Petite déception en arrivant à la Place des Arts, mes deux amies qui avaient acheté leur billet en ligne n’ont pas pu les scanner depuis leur téléphone. Nous avons dû faire la file à la billetterie et payer 4$ pour chaque impression. Quand on paye 66,50$ la place c’est toujours 4$ de trop. En revanche, super place presse sur le parterre avec une vue imprenable sur la scène, rien à redire si ce n’est, merci encore.

La lumière se tamise, Rodrigo entre et commence tout en douceur suivi de près par Gabriela qui tapote sur sa guitare en même temps. Dès le premier morceau ils nous invitent à frapper dans nos mains et nous donnent envie de danser. Leurs forces: être deux, être excellents et alterner guitare et percussions sur la guitare. Simplement vêtus d’un jeans et d’un t-shirt noir, ils n’ont rien de deux rock star et semblent très accessibles malgré le fait qu’ils soient sur scène et nous sur nos sièges. D’ailleurs, Rodrigo ne manque pas de nous le faire remarquer dès sa première prise de parole: « It's rare for us to have a seated crew. It feels weird. You look so civilized to me. » Il nous invite à nous lever tout en expliquant qu’ils n’ont pas de liste de chansons fixe et peuvent jouer tout ce on a envie, même du Metallica.

Après une introduction incroyable, on savoure la montée en puissance jusqu’à l’apogée de chaque morceau. L’éclairage ajoute aussi ce petit quelque chose bien qu’ils remplissent la salle avec leur énergie et leur talent. Lorsque Gabriela s’adresse à nous, elle nous raconte qu’ils ont enregistré leur premier album en Angleterre il y a 10 ans après une tentative à Ixtapa au Mexique où ils ont préféré boire des mojitos que travailler. Une fois en Angleterre, pas le choix, il n’y avait que deux chaises, deux guitares, leur producteur et eux dans une petite salle. Ils jouaient chaque morceau cinq ou six fois et le producteur choisissait le meilleur. Toujours aussi mignonne, elle termine par: « I can stay here and bla-bla-bla but we better play ».

Je ne peux m’empêcher de penser au commentaire d’une amie fait quelques jours plus tôt lors du concert de Robert Glasper mais qui s’applique parfaitement ici. « Pendant cet instant, dans cette salle, tout est possible, il n’y a plus de problèmes dans le monde, nous sommes tous égaux, dans l’instant présent. » C’est ce que leur musique m’inspire. C’est typiquement le genre de concert qui pourrait s’écouter et se savourer tout autant les yeux fermés. A la fin de la chanson suivante, tout le monde se lève pour les applaudir, c’est tellement beau que j’en ai les larmes au yeux.

Au bout du cinquième morceau ils proposent à 20 personnes de monter sur scène. J'hésite un peu trop longtemps et n'ose plus y aller ensuite. Ils les gardent en fait jusqu'au rappel. Je me faufile jusqu'au devant de la scène et en profite pour les voir de près. Un morceau plus tard, et d'un commun accord avec mes voisins, nous nous asseyons sur la scène, tout à gauche sur le petit retour mais avec une vue incroyable. Il y a environ 35 personnes sur scène qui dansent et profitent de la générosité de Rodrigo y Gabriela. Ces derniers s'amusent même à jouer dos à nous et face aux spectateurs sur scène.

Une chose est sûre, ce sont de vrais artistes qui font ce qu'ils aiment tout en partageant leur talent avec nous. « Générosité » restera le mot d'ordre de la soirée. Ils reviennent pour un rappel et nous demande ce que l'on veut entendre. Le public crie « Buster Vodoo » et Rodrigo nous répond ne pas se souvenir de celle-là. Je le crois, un peu déçue, mais ils finissent par enchaîner Buster Vodoo juste après un nouveau morceau.

Le final est parfait, me voilà vidée et pleine d'émotions en même temps. Hasta la proxima!

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