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Une performance digne des glorieux chanteurs passés. Feu! Chatterton au Festi'Neuch ce jeudi 11 juin.

La relève du rock français est désormais assurée. Né en 2011, Chatterton est mort et est devenu Feu! Chatterton lors de sa résurrection. Eux-mêmes ressuscitent la chanson française telle qu'on ne l'entend plus depuis Bashung, ou encore Gainsbourg avec des textes écrits à la plume. Ils s'inscrivent dès lors dans la lignée des groupes qui font revivre le français dans la musique, comme Fauve dont ils ont pu faire la première partie.

Emprunt de lyrisme romantique et mélancolique, les paroles parlées et chantées avec force et douceur constituent l'essence de la musique de ce groupe encore si jeune et pourtant si mature. Paroles merveilleusement servies par les mélodies et scandées par la voix si particulière du jeune Arthur, mélange fin de dandy éternel et d'un enfant du siècle.

Le charisme, les images et l'atmosphère suscités par le groupe nous englobent immédiatement sans même qu'on s'en rende compte. Tantôt installant une atmosphère sombre et captivante, tantôt insufflant une énergie propre à déployer l'ardeur enfouie des festivaliers, Feu! Chatterton est là pour nous dire les tourments, la misère et les malheurs du monde, tout en projetant les fantasmes, l'exaltation, et le bonheur qu'il peut ou pourrait offrir. Aussi audacieux qu'un point d'exclamation au milieu du nom de leur groupe, il évoque sans vergogne la mort, l'amour, le sexe, ou la folie dans un bain onirique.

Le public, lui, est attentif, comme captif de plein gré des tableaux qu'on leur dépeint. Si bien qu'un couple au loin ne peut s'empêcher de s'embrasser, au son des premières notes de La Mort dans la Pinède, qui n'est pourtant pas le plus romantique des titres du groupe. Il est même violent et amer. Tout en restant sensuel et hypnotique. C'est là le talent de Feu! Chatterton, ce grand écart permanent, possible grâce aux champs des nuances, des rythmes et la maîtrise de la prosodie, ou comment déclamer les paroles.

On peut d'ailleurs reprocher à la sonorisation d'être un peu trop porté sur les aigus pour la voix, ce qui masque parfois les paroles. Cela n'empêche cependant pas le chanteur à la moustache d'échanger avec son public, ajoutant à la forte proximité qu'il entretient avec lui.

Afin de finir en apothéose, le groupe réserve La Malinche, un morceau qui aura mis pour toujours en refrain la syncope exécutée à coups de guitare. Un morceau qui aura aussi permis à Feu! Chatterton d’accéder à la notoriété.


Quel groupe peut se vanter de donner vie à ce qui est mort ?

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