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Vampire? Vous avez dit vampire?

 

Réalisé par Ana Lily Amirpour, ce film en noir et blanc flirte avec le récit de vampire d'origine : sombre, lent et déroutant. Parfois un peu trop malheureusement, ce qui pourra en rebuter plus d'un. Il possède néanmoins une esthétique très particulière qui le rend extrêmement intéressant. Dans la ville de Bad City en Iran, la nuit, tous voguent à leur vie sordide et solitaire sans se douter qu'une vampire les surveille. Mais lorsque cette dernière commence à intervenir, ils verront leur vie basculer. Ce long métrage a été présenté samedi 28 au FIFF (Festival international de Films de Fribourg) en guise de film de clôture de la semaine, et il mérite bien sa position. Première réalisation d'Ana Lily Amirpour, elle a d'ailleurs obtenu le prix de la révélation Cartier en Amérique pour cette oeuvre.

L'esthétique de ce film est visible par le travail de l'image et surtout des personnages. Chacun d'entre eux est traité différemment par la réalisatrice. Par exemple, on suit le protagoniste grâce à de longs plans séquences, proches du roman graphique (elle a d'ailleurs rédigé le scénario sous cette forme, d'après une interview réalisée sur avoir-alire.com [1] ). À l'extrême opposé, on trouve la vampire, dont les vêtements oscillent entre l'habit traditionnel iranien et la cape. La manière dont elle est présentée est aussi extrêmement dérangeante, la caméra étant cette fois-ci portée à l'épaule, et donc moins stable. Pour ajouter au côté dérangeant, son nom n'est jamais mentionné (même au générique, elle est appelée « la fille »). D'autres traitements rendent les personnages troublants, et donc le film entier. Par exemple, l’usage de flou, très utilisé avec la vampire ou le mac, mais beaucoup moins avec les autres, les lumières (plutôt: le jeu de lumières), car la majorité des scènes se déroulent de nuit, ou encore les costumes, le noir et blanc étant alors mis en avant. Enfin, ajoutons les musiques, quasiment absentes et donc remarquées dès leurs apparitions.

Cependant, le film tire en longueur, et souvent peut perdre le spectateur. Cela est probablement fait de façon volontaire, car l'oeuvre essaie de maintenir le suspense, néanmoins cela n'en reste pas moins problématique, demandant alors beaucoup d'attention. Le dernier tiers de l'histoire est du coup assez difficile à suivre. On assiste donc à une oeuvre extrêmement esthétique, avec un immense travail sur l'image, mais dont la lenteur pose problème. Attention, il est sorti le 14 janvier dernier. Le cinéma Bellevaux de Lausanne le présente donc en seconde sortie dès mercredi 1er Avril.


[1] retrouvez l'interview sur http://www.avoir-alire.com/a-girl-walks-home-alone-at-night entretienavec- ana-lily-amirpour

 

© A Girl Walks Home Alone At Night

 

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