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« Pourquoi est-ce que lorsque certains passent les frontières, ils meurent et d’autres pas ? »

« Il y a une lune et un soleil pour tout le monde, pourquoi la terre, elle, devrait-elle être divisée ? »

« Mort aux passeurs »

« No Borders »

« If you have to live, live free »

Extraits du documentaire: “On the Bride’s Side”

Exil en préparation
Pour la plupart des personnes migrantes d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient, l’arrivée n’est ni l’Italie, ni la Grèce; ce sont uniquement des zones de transit avant d’arriver en Suède. Or, rares sont ceux qui parviennent à échouer sur les côtes européennes et plus rares encore sont ceux qui parviennent à atteindre la Suède.

Leurs voyages sont semés d’embuches et de dangers. Pour quitter leurs pays, ils s’endettent, se confient à des passeurs sans état d’âme et se retrouvent dans des situations à hauts risques où la mort n’est jamais bien loin.

Lors de leurs périples, s’ils ne meurent pas sous les rafales de bombes ou fusillés, ils risquent l’épuisement, la faim, la soif ou encore la noyade, puis arrivés sur sol européen ils subissent humiliations et misères, prison ou renvoi, indifférence ou haine.

Au fil des années, la situation n’a cessé d’empirer. De plus en plus de migrants meurent en mer, les préjugés et la xénophobie escaladent vers une tolérance zéro, l’intérêt des nations pour ces gens est symbolique, politique, les frontières se ferment et le migrant vus comme délinquants…

Dans ces conditions et à la vue de cette situation qui empire du côté des migrants mais ne bouge pas de l’autre côté de la frontière.

« On the Bride’s SIde », lui, nous emmène de l’autre côté.

Nous ne sommes plus assis devant les nouvelles, avec une vue aérienne sur un bateau grouillant de monde et de morts ou à bord d’un chalutier se refusant d’aider les noyés car ils n’avaient qu’à ne pas faire le voyage, ils connaissaient les risques et puis ceux qui mourront ici, feront des migrants en moins sur nos terres car vous savez ce sont de véritables délinquants et profiteurs sans éducation… bref, ce discours est sans fin et les arguments, bien que faibles et non-fondés, pullulent par milliers…

Nous sommes aux côtés des migrants, de ceux qui n’ont qu’un seul rêve, trouver refuge et sécurité pour eux et leurs proches. Et la sécurité dans le cas présent et bien c’est la Suède.

Nous suivons l’aventure de quatre hommes et une femme. 5 palestiniens et syriens coincés en Italie et qui n’ont qu’un rêve, atteindre la ô tant et combien louée Suède.

Nous avons un couple, un père et son fils ainsi qu’un jeune homme.

Maintenant la question est : Comment vont-ils y arriver ?

C’est là, que commence notre documentaire

L’histoire de comment des migrants et italiens se sont débrouillés pour exhausser le rêve de leurs amis et compagnons.

L’idée c’est de se faire passer pour une procession de mariage. Qui arrêterait un mariage ? Les migrants deviennent parents, cousins, oncles, mariés… Ils sont cinq dissimulés parmi des italiens d’origine et des amis migrants intégrés à la société européenne, tous se sont lancés dans ce projet insensé d’accompagner ces cinq migrants en Suède.

Ils passeront par la France, le Luxembourg, l’Allemagne et le Danemark avant d’arriver en Suède. Nous les suivons tout au long de leur voyage. Répartis dans trois voitures, ils partagent avec nous leurs craintes, vies, histoires, espoirs et tristesse. Nous croisons des partisans du projet dans chaque pays, risquant prison ou autre représailles pour l’aide qu’ils apportent.

Ce documentaire déchire, on en vient à espérer que ce n’est qu’un film et non un documentaire. On en vient a souhaiter que rien n’est vrai, que tout est fiction, qu’aucun n’a réellement vécu ce qu’ils racontent, un à un, au fil du voyage :

Amis décédés, proches noyés, aide refusée, guerres insensées, vies déchirées : l’exil ou la mort.

Nous découvrons la tendresse et la douleur de ces gens, l’incohérence de nos politiques de migration, l’absurdité des frontières mais aussi l’importance d’avoir et d’appartenir à un peuple, une nation, un état…

Ce documentaire, je le recommande à tous et j’en viens sérieusement à penser que ce FIFDH devrait être permanent. Nous devrions injecter les Droits de l’Homme dans l’enseignement primaire, secondaire, universitaire… Mais aussi prendre garde aux supports que l’on utilise pour véhiculer les conditions et aberrations dans lesquels l’humanité est approchée, traitée, blessée, vendue et manipulée. Prendre garde à l’image; les films c’est bien mais l’on oublie vite que ce n’est pas que de la fiction. Le film permet de prendre trop de distance vis-à-vis de ce qu’il traite…

Ainsi, j’ai vu se lever après la projection nombre de festivaliers, comme si de rien n’était. La séance finie, ma B.A faite, ma sensibilisation entamée, ma sortie culturelle accomplie, je peux maintenant aller boire un verre avec mes copines, filer à la maison regarder ma série qui va commencer, sortir danser, me dépêcher d’aller au théâtre Pitoëff où Snowden pourrait apparaître via Skype…

> Est-ce que l’on ne finit pas par endosser un comportement irrespectueux et indécent ?

La formule du Festival est d’approcher ces sujets, tous plus sensibles les uns que les autres, concernant tant de monde et de douleurs, s’ingérer dans les plaies et le chagrin, analyser telle ou telle situation… n’y-a-t-il pas un moment où tout ceci perd de son sens. Ou les droits de l’homme deviennent divertissement ? Où l’on tombe dans le voyeurisme élitiste et occidental de : « ô regarde comment ca se passe là-bas, combien c’est terrible, combien ces gens sont courageux… »

Comme nous sommes tous ridicules assis là bien confortablement dans nos sièges alors que l’on aborde des sujets aussi terrible et impensable que : l’exil ou la mort…

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