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L’enlèvement et Words with Gods sont les derniers films auxquels j’ai assisté. Pourquoi eux ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Ai-je eu raison ? Saurais-je, un jour, si j’ai eu raison ? Et maintenant ?

Ganymede enlevé par Jupiter, Le Sueur Eustache
Hier encore, deux films sélectionnés difficilement depuis la liste foisonnante de films du FIFDH. Heureusement je ne regrette aucun des deux ! Vous savez, la vie peut-être dure lorsque l’on regarde ainsi autant de film en si peu de temps. Et elle l’est d’autant plus quand il y a le risque de louper et d’écarter des films de génie et de beauté !

Par exemple, ce soir pour quelle projection devrais-je opter ? Une qui pourrait aboutir avec un skype en compagnie de Snowden mais qui comporte le risque de m’ennuyer ou bien une qui m’intéresse mais qui pourrait me faire regretter mon choix…

Que de décisions dont l’unique personne à trancher peut-être moi ! On a beau mettre nos actes et paroles sur le dos des autres, ce sont toujours nous qui les accomplissons; alors vais-je réussir à assumer mes choix ? Ou bien vais-je hanter les générations futures des spectres de choses que j’aurais pu faire mais que je ne n’ai jamais faites !

De l’espace de Culte

Projection au temple St.Gervais, comment aurais-je pu deviner que cela allait être dans une église ? J’ai hésité, je n’y ai pas vraiment cru lorsque j’ai passé le pied de la porte de l’église paroissiale de St.Gervais.

J’ai pensé aux petits yaourts colorés, au fait que dernièrement je n’ai mis les pieds dans des lieux de culte uniquement par dessein touristique, qu’en fin de compte bientôt on oubliera la fonction première des églises, mosquées, synagogues et que celles-ci se métamorphoseront, comme elles le font déjà, en restaurants de luxe, magasins d’habits, ateliers d’artistes, salles de cinéma…

La plupart de nos pratiques, aujourd’hui, ne sont pas seulement modernes et ne font pas seulement appel à énormément de ressources et technologies, elles sont aussi envahissantes et avalent tout sur leur passage. Elles rasent nos capitaux culturels, nos patrimoines historiques et sociaux et transforment le tout en une charmante bouillabaisse d’oubli et de squelettes.

C’est très étrange de voir combien les cultes, qu’ils soient religieux ou pas, ne changent jamais vraiment de nature. Que l’on vénère la fiction et le cinéma ou des textes sacrés et leurs écrivains décédés, notre dévotion demeure égale.

À 13heures, personne ne priait dans l’église mais tous attendait impatiemment la manifestation du messie de l’image et de l’imaginaire.

Peut-être, est-ce cela l’unique différence entre cultes centenaires et cultes modernes : la conception du temps, de l’espace et de l’homme.

Aujourd’hui, on a plus le temps, on a tous l’espace que l’on désire et l’homme a la possibilité de s’élever au même niveau que ses divinités. Avant, on avait du temps, de l’espace et des hommes, simplement.

Grossier résumé, je vous l’accorde mais je veux en venir au film : esthétique mais creux. Une coquille dont toute présence divine se serait évanouie, le bruit d’une maison d’escargot sèche que l’on écrase pas inadvertance sans se retourner pour chercher le propriétaire.

Beau mais décevant. Le lieu qui l’accueillait avait plus d’histoire et de raison d’être que ce film aux prétentions avortées; parce que même la fiction a ses limites et ne peut reproduire fidèlement ou comprendre entièrement la religion sans paraître désuet de sens et d’intérêt

À l’enlèvement, le soulèvement du voile de l’ignorance

Frank Garbely et Juan Gasparni ont croisé et recoupé leurs enquêtes et travaux pour « L’Enlèvement ».

Véritable coup de théâtre !

Argentine, Espagne, Italie, France et Suisse: pays et citoyens impliqués

Fiat, Renault, Peugeot : entreprises corrompus et dépourvus d’éthique

Genève, Zurich, Paris, Gènes : allers-retours d’argent et de preuves, repères familiers

Hector, Luchino, Peron, Agnelli, Giscard d’Estaing , Chambon, Gasparini, Cafatti : acteurs et victimes

Animation et Documentaire : choix intéressants mais pas assez exploités

Régimes politiques, emprisonnements, humiliations : les dessous-des-cartes

Droits Humains : peu de choses lorsqu’Entreprises et Nations font le choix, main dans la main, de passer outre

Nous suivons le fil de l’enquête menée par ces deux hommes et l’évolution de la déchéance d’un homme trompé par ceux auxquels il vouait fidélité.

Il est difficile de retenir tous les noms mais une chose est sûre, c’est que les faits et les révélations d’hier soir ne sont qu’une infime partie de l’Iceberg. Peut-être, une reproche : de ne s’être appuyer sur l’animation uniquement pour véhiculer scènes ou histoires violentes, ainsi qu’une impression à la fin de cette petite heure, qu’ils auraient pu, qu’ils auraient dû aller plus loin.

En tant que spectateur, on ressent, que sais-je, un petit je ne sais quoi de terreur de la part du réalisateur et co-auteur de ce documentaire.

Se sont-ils retrouvés confrontés à un élément, une révélation de trop ?

Le mystère du livre noir, disparu mais bien ancré dans la tête de la victime nous laisse septique et suspicieux.

Alors que «L’Enlèvement » désirait faire lumière sur des faits et une histoire manigancée, j’ai l’impression qu’il a certes éclairé certains pans du récit mais que l’autocensure ou les précautions ont réussi à former une nouvelle enveloppe protectrice.

Encore une fois, les plus gros et les plus méchants gagnent !

Des choix intéressants mais inaboutis pour ma part, peut-être que ce soir sera une autre aventure ! Et vous ?

À demain :)

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