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Une fois de plus, le génialissime Barcella et ses musicos rayonnent en Suisse romande et comblent un public nombreux, ému et motivé. Fréquence Banane vous raconte...

Ce n’est pas la première fois qu’on l’approche, ce petit barbu du nord de la France aux rimes fines et puissantes. Il nous avait même rencontré pour une interview à Paléo (2013) dans une ambiance de festival et de chaleur intense. Il avait joué sur une petite scène où s’amassait une foule très compacte (poussée il faut le dire par une pluie tonitruante au-delà du chapiteau). Barcella se sent comme à la maison dans ce genre de lieu où l’énergie s’échange en continu entre public et artiste.


Voilà qu’on le retrouve dans une tout autre configuration, et pour dire la vérité, le risque est grand. Le théâtre de Beausobre est un lieu mytique, à l’acoustique parfaite, au plateau grand et modulable, mais c’est aussi une salle difficile. 800 sièges oranges font face à la scène, le dernier rang est loin, très loin. Il n’est pas rare que des artistes y fassent des tours de piste techniquement parfaits, mais sans réelle connexion avec le public. Et Barcella le sait bien, le sent bien. Il faudra aller le chercher ce public lointain.


Dès le début il annonce la couleur : ceci est un « concert pédagogique, à la configuration assise ». Lui-même s’assoit régulièrement sur un tabouret en milieu de scène sur lequel il passera également pas mal de temps debout à danser. Il nous emmène en voyage, et prend le temps entre chaque titre de nous raconter des histoires, de nous mettre à l’aise. La sauce prend rapidement. Il faut dire que ses titres sont de véritables petits bijoux. Le texte est là, présent, fort, intelligent. Le ton est railleur, dramatico-doucereux ou carrément loufoque. La musique s’emballe, la contrebasse groove, les cuivres frissonnent, le piano s’encanaille. Emporté par des mélodies simples, le public participe parfois en chantonnant, parfois en criant des gros mots (sur le titre salope), parfois même en murmurant, d’un souffle ému. Le voyage continue, et tous ensemble, sur scène ou dans la salle, nous passons du rire aux larmes et du Nord au Sud. Les deux derniers albums sont bien défendus. Un ou deux titres du tout premier album étaient aussi au programme, et même un inédit qui sera présent dans la 4ème galette probablement prévue cette année.


Le temps passe si vite, trop vite. Déjà une heure et demi de concert, et personne n'a envie que ça se termine. Il y aura le premier rappel, bien convenu. Puis un deuxième, beaucoup moins organisé. Hésitations, petits débats, Barcella décide d'interpréter une balade mélancolique accompagnée au piano. Le pianiste tremble un peu, on nous explique que ça fait longtemps qu'il ne la pas jouée cette balade. Qu'importe, l'émotion est là, la musique est là, le texte est là. Enfin tout le monde est triste de se quitter. Barcella rappelle que son stand de merchandising se trouve à la sortie, et que lui sera là pour boire un verre avec les derniers spectateurs, après avoir pris le temps de changer de T-shirt.

Ce concert était un véritable succès, et Barcella le sait : " on est émus ce soir. Faire 500 personnes ( les derniers rangs étaient cachés derrière de grands rideaux), en Suisse, alors qu'on est pas venus ici souvent, c'est vraiment top. Merci ! " On sort de la salle dans un calme absolu, personne ne veut quitter cette bulle et on s'efforce de redescendre sur terre de manière légère et progressive. Le stand de merchandising est bondé. Et dans le train du retour, j'entends même une jeune femme asiatique, probablement venue accompagner son ami francophone, dire en anglais : " I like his way of singing, I mean his way of raping or his way of speaking. That's the way I'm gonna learn french, by going in such good concerts".

© Official Barcella

 

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