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L’exposition « Foucault, la prison d’aujourd’hui » s'est déroulée à la Grange de Dorigny à l’Université de Lausanne du mercredi 19 mars au dimanche 30 mars 2014. Les dix jours étaient consacrés à montrer la réalité des prisons suisses à travers des projections de films, des débats, des tables rondes et une exposition organisés par le Groupe Infoprisons.
© Silvia Trieu 2014

Le Groupe Infoprisons a pour origine le choc causé par l’affaire Skander Vogt en mars 2010. Celui-ci est mort asphyxié dans sa propre cellule de la prison de la plaine de l’Orbe, après avoir mis le feu à son matelas. Suite à cet incident, le Groupe infoprisons a été fondé pour réfléchir au drame passé et à ce qu’ils pourraient faire afin d’éviter la répétition de ce genre d’événement et améliorer les conditions de vie des prisonniers.

Les tenants du Groupe Infoprisons espèrent faire réaliser à la population la gravité du système pénitenciers en Suisse en nous faisant réfléchir sur l’état actuel de notre société et nous questionner sur notre mentalité individualiste. C’est pourquoi ils ont monté une exposition pour dénoncer les conditions précaires des prisonniers.

« Foucault, la prison d’aujourd’hui » est divisée en cinq parties dans le but de montrer chronologiquement les événements marquants qui se sont passés dans les prisons romandes et suisses dans les années 70 et 80. Chacune des parties retrace l’histoire et l’évolution des luttes contre le système pénitentiaire et montre qu’elles ne datent pas d’hier. Composée d'anciennes affiches de campagne de lutte et de vitrines d'archives journalistiques, photographiques et de lettres personnelles des prisonniers, l’exposition permet de comprendre très facilement un enjeu important en un temps minime.

L’exposition apporte beaucoup en termes de réflexion. Elle retrace l’histoire en ressortant les archives concernant les prisons. Elle dénonce notre société individualiste en pointant du doigt ce sujet dont personne ne veut parler, la prison. A travers l’exposition, on apprend que pour sécuriser et rassurer la société, les prisonniers sont généralement placés en dehors des villes. Ils sont mis dans des cases à part et sont inconsidérés. A tel point, qu’ils ne savent souvent pas eux-mêmes qu’ils ont des droits. La prison est alors un isolement dans tous les sens du terme. Les prisonniers sont enfermés, mais certains se trouve en isolement dans la prison elle-même. Ils sont cloîtrés dans de petites pièces trop ou mal éclairées sans aucun contact, pas même avec les autres prisonniers. Ils se referment sur eux-mêmes et c’est alors que le cauchemar commence. Pour le Groupe Infoprisons, il y a une différence entre punir des gens pour leurs fautes et les rendre malade psychologiquement à cause de mauvais traitements.

« Foucault, la prison d’aujourd’hui » rend compte des conditions misérables que le système pénitencier impose aux prisonniers, quelles que soient leurs erreurs commises. Mais elle montre aussi qu’il y a eu une amélioration des conditions de vie des prisonniers au fil des années.

L’exposition « Foucault, la prison d’aujourd’hui » est très accessible et permet au grand public de réfléchir aux conditions pénitencières et d’oser en parler, car rien ne devrait être mis à l’écart ou considéré comme inhumain. Les prisonniers ont eux aussi le droit à la parole.

 

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