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Le 24 novembre, les résultats des trois initiatives populaires seront annoncés. Certains pourraient bien changer de façon importante le paysage économique suisse.
Trois objets pour les votations du 24.11.2013 (© www.dsj.ch)

Trois objets seront donc soumis au vote du peuple d’ici au 24 novembre. Le premier, «1 :12 – Pour des salaires équitables», demande que, au sein d’une même entreprise, le salaire le plus élevé ne puisse pas être plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas. Il s’agit avant tout de limiter les hauts salaires. En Suisse, les hauts et très hauts salaires sont fixés par les entreprises elles-mêmes. Si l’initiative était acceptée, l’État interviendrait directement dans la fixation de ces hauts et très hauts salaires. Du coup, selon le PS, les Verts, la jeunesse socialiste et l’Union syndicale suisse, une limite serait fixée aux salaires des plus hauts cadres et certains abus seraient évités : les bonus, les cadeaux de bienvenue et les parachutes dorés, comme celui de Daniel Vassela, patron de Novartis, qui avait défrayé la chronique en début d’année.

En conséquence, selon certains partis de gauche, l’initiative 1 :12 permettrait une plus grande justice salariale au sein des entreprises. Cette justice salariale serait positive pour l’économie, selon l’ancien chef-économiste de l’ONU, Heiner Flassbeck. «La conséquence de l'élargissement massif des écarts salariaux est que les moyens financiers issus des salaires ne sont plus utilisés/réinjectés dans l'économie réelle, mais sont réinvestis dans des fonds spéculatifs, ce qui renforce encore plus l'instabilité du système».

En revanche, selon le Conseil Fédéral, le Parlement, l’UDC et le PLR, la Confédération fixerait déjà des limites claires aux hauts salaires. L’initiative ne changerait donc rien à la donne. De plus, il y aurait en Suisse une répartition équilibrée des revenus entre les différentes entreprises, grâce à une bonne politique fiscale: elles seraient toutes (les petites comme les plus grandes) traitées «à parts égales».

L’une des principales craintes du Conseil Fédéral est que certaines entreprises étrangères renoncent à s’installer en Suisse à cause des restrictions concernant les plus hauts salaires. Cela entrainerait selon lui de grosses pertes pour l’économie du pays.

En ce qui concerne l’initiative pour les familles, beaucoup de partis sont contre. Cette initiative a pour but d’alléger davantage la charge fiscale des parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants. Ceux-ci pourraient en effet bénéficier d’une déduction fiscale au moins aussi élevée (si ce n’est plus) que les parents qui confient leurs enfants à des tiers contre paiement, comme des mamans de jour ou des crèches.

Selon certains partis de gauche, cette initiative viserait uniquement les familles aisées et, par conséquent, avantagerait ceux qui le sont déjà. La réalité est qu’en Suisse, pour deux familles sur trois, les deux parents travaillent, souvent par obligation. La majorité des familles peut donc légalement déduire des frais de garde. Si les déductions de charges virtuelles, correspondant à l’acceptation de l’initiative, venaient à être adoptées, 1,4 milliards de francs seraient transférés des caisses publiques cantonales et fédérales vers les familles à haut revenu. Ces pertes de rentrées fiscales auraient évidemment des conséquences dans de futures mesures d’austérité, dont les principales victimes seraient les familles à bas et moyens revenus. Le PS, le PLR, les Verts et le Conseil Fédéral invitent les citoyens à décliner cette initiative lancée par l’UDC.

Le dernier objet des votations populaires du 24 novembre est la modification de la loi sur la vignette autoroutière. Le montant de la vignette passerait de quarante francs, comme c’est actuellement le cas, à cent francs par année, soit une augmentation de 150%. Cette augmentation permettrait d’effectuer des modifications importantes sur le réseau routier dans le pays, et ainsi correspondrait aux besoins actuels des automobilistes. Certains tronçons seraient repris, pour améliorer le raccordement des villes et de leurs périphéries; certains projets de contournement verraient également le jour, et cette modification permettrait la création de nouveaux tronçons, par exemple dans la région de Morges-Lausanne, afin de décharger les autoroutes, souvent encombrées. Au total, environ 400 kilomètres de routes cantonales seraient intégrés dans le réseau national, qui est déjà long d’environ 1800 kilomètres. Afin de couvrir les frais de construction, le prix de la vignette serait augmenté. Certains partis mettent néanmoins en avant les 9.5 milliards de francs détenus aujourd’hui par l’État grâce aux taxes et redevances imposées aux automobilistes. Cet argent amassé serait, selon eux, bien suffisant pour financer les routes, leur construction et leur entretien.

Photographies: www.swissinfo.ch et www.lematin.ch.

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