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Après plus d’un an de préparation, un groupe de scientifiques de l’Unil a reçu le Dalaï Lama pour une journée d’échange unique en son genre. 
http://www.letemps.ch, Le Dalaï Lama arborant la casquette de l'université

Ce lundi 15 avril, on ne reconnaît plus le bâtiment Amphimax. La zone a été sécurisée et les étudiants de médecine ont disparu. Maintenant circulent des hôtes en tous genres, des scientifiques, des invités et une poignée d’étudiants. En effet, pour être admis à la conférence en tant qu’étudiant, il fallait participer à un tirage au sort. Les plus chanceux ont donc pu assister à la rencontre dans l’auditoire Hamburger, tandis que les autres auront pu suivre la retransmission live sur internet ou dans les auditoires de l’amphipôle.

La genèse de cette rencontre remonte à décembre 2011. Dans le cadre d’un colloque sur le cerveau modifié, en lien avec la méditation, un groupe de scientifique de l’Unil rencontre Alain Plattet et Andres Larrrain, tous deux membres de l’association suisse Rigdzin. Ceux-ci ont alors en tête de faire venir le Dalaï Lama en Suisse. Ainsi démarre le projet de rencontre entre le milieu scientifique et estudiantin de l’Unil, et celui de la spiritualité bouddhiste.

Un groupe de scientifiques interdisciplinaire, composé entre autres de médecins, d’anthropologues, de spécialistes du bouddhisme et de sociologues se met au travail afin d’élaborer une palette de questions à poser à Sa Sainteté. Le dialogue portera sur les thématiques du vieillissement et de la mort. Comme nous l’a confié Francesco Panese, l’un des professeurs intervenant, l’élaboration des différentes questions n’est pas chose facile. « Malgré le conseil de gens de gens très proches du Dalaï Lama, jusqu’au dernier moment, on ne savait pas qu’il allait nous répondre. »

Le public et les orateurs ont pu effectivement constater que certaines questions ont eu plus d’impact que d’autres. Ainsi, à la problématique « de la hausse des morts en milieu hospitalier », Sa Sainteté répond que c’est un genre de question que se posent uniquement les gens possédant déjà la « chance de mourir à l’hôpital ». Ce genre de réponse n’est d’ailleurs pas inintéressant puisqu’il met en exergue le fossé culturel et social que l’on peut trouver entre notre société occidentale et la situation de certains pays orientaux. Libre de sa parole et de ses compétences, le Dalaï Lama a répondu avec beaucoup d’humour et d’honnêteté, n’hésitant pas à dire « Je ne sais pas » ou « Je ne suis pas compétant pour répondre à cette question ». À la question de Maya Burger concernant les rituels entourant la mort, il n’hésite pas à répondre que ceux-ci sont souvent sujets à une compréhension humaine très superficielle et qu’ils sont en outre peu efficaces pour le mort.

Le discours du Dalaï Lama porte en lui les valeurs centrales que sont la morale « séculière », le respect, la compréhension d’autrui et surtout, l’éducation. Ces paroles libres de tout prosélytisme religieux, placent au centre l’éthique et la morale, base idéalement universelle de toute religion. C’est donc un fort message de paix et d’espoir qu’a transmis Sa Sainteté au monde estudiantin et scientifique de l’université de Lausanne.

 



Le reportage de cette journée est à découvrir ci-dessous en podcast, au travers de micros-trottoirs et de la rencontre avec le scientifique Francesco Panese.

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