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A l’heure où la planète scientifique parle de Mars et de Curiosity, Fréquence Banane se penche sur le mercure. Attention on ne parle pas de la planète mais du métal lourd. Et de poissons.

Le thon est l'un des poissons dans lequel on trouve le plus de mercure (source photo: www.econostrum.info)

Des chercheurs suisses – de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) – et américains – de la Northwestern University et de l’Université du Michigan – ont mis au point un système permettant de détecter d’une façon simple et avec une précision exceptionelle les traces de mercure, un dangereux polluant se trouvant dans l’eau et dans les poissons qui arrivent parfois dans nos assiettes.


Prenant la forme d’une languette de verre, ce système est une sorte de nano-velcro. Les nanoparticules se trouvant sur ces languettes sont recouvertes de “poils” capables de retenir certains des métaux lourds les plus dangereux, comme le mercure ou le cadmium.


Chacuns des “poils” de ces nanoparticules se referment lorsqu’ils sont en contact avec une particule dotée d’une charge positive, comme le méthylmercure – la forme la plus courante du mercure – ou le ion cadmium, par exemple. On peut ensuite relever le résultat de la languette avec un simple appareil de mesure électrique. En effet plus une languette capture des ions, plus elle est conductrice. Il suffit alors de mesurer le courant électrique pour déduire combien de particules polluantes sont piégées.


Le premier gros avantage de ce nouveau système est qu’il est peu coûteux : la fabrication d’une languette coûte entre cinq et dix euros (entre 6 et 12 francs suisses). Le prix de l’appareil de mesure, lui, n’excède pas quelques milliers d’euros. «Avec une méthode conventionnelle, il faut envoyer les prélèvements dans un laboratoire, et le matériel d’analyse coûte plusieurs millions d’euros», rappelle Francesco Stellacci, professeur en matériaux à l’EPFL et co-auteur de l’étude publiée le 9 septembre dans Nature Materials.

Deuxièmement, il est extrêmement fiable : le méthylmercure a des propriétés telles qu’il est extrêmement facile de le piéger sans attraper au passage d’autres substances.


Finalement, cette technologie est très pratique : « après des modifications chimiques relativement simples nous pouvons adapter notre système pour détecter d’autres substances toxiques », précise Bartosz Grybowski, titulaire de la chaire Burgess de chimie à la Northwestern University.


(Avec Lionel Pousaz, du service de communication de l’EPFL)

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