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Petits prodiges encensés par la critique, au carrefour entre l’electro torturée et le rock psyché, les montréalais de Suuns faisaient l’ouverture de la première soirée du For Noise édition 2011. Fréquence Banane a attrapé Joseph Yarmush (basse), et Max Henry (claviers) à leur sortie de scène, pour une interview entre sounds checks assourdissants et derniers rayons de soleils brûlants. Comme si l’été avait choisi le week-end du festival pour rappeler au monde son existence.
FB: Votre groupe s’appelait précédemment « Zeroes » et Suuns en est la traduction en langue thaie, pourquoi ce choix ? Pourquoi le Thai plutôt qu’une autre langue ? Avez-vous juste choisi le nom qui sonnait le mieux après l’avoir traduit dans toutes les langues ? Joseph : (rires) J’imagine, oui. Quel que soit le nom que vous donniez à un groupe, c’est toujours difficile d’en changer…C’est même impossible ! Il faut juste se lancer et choisir quelque chose, et si vous le dites un nombre suffisant de fois, cela fera du sens… Et cela a pris du temps dans notre cas. Pour Suuns, oui cela signifie « zeroes »… C’était le choix 1008, je crois… Max : Oh oui ! Quand je pense aux noms qu’on aurait pu porter, il a de quoi avoir honte ! FB : Cela fait maintenant depuis février que vous êtes en tournée, est-ce dur d’être créatif lorsque vous êtes sur la route ? Etes-vous inspirés par les gens que vous rencontrez ? Joseph : C’est dur, car lorsqu’on est en tournée, la plupart du temps, on ne voit pas d’autres groupes jouer. C’est ce qui rend cet été si génial ! On est à l’affiche sur tous ces festivals, ce qui nous donne l’opportunité de voir d’autres groupes. Un vrai bol d’air frais ! Mais oui, c’est dur d’être créatif et de vouloir jouer encore chaque soir tout en gardant l’énergie de notre show. Mais on dirait qu’on y arrive ! Quelque chose se casse à chaque concert (rires), ce qui nous aide dans l’impro… FB : Vous venez de terminer deux séries de concerts, l’une avec Chrystal Castles, l’autre avec The Black Angels, comment cela a-t-il influencé vos performances lives ? Plus électro avec l’un, plus psyché avec l’autre, ou pas du tout ? Joseph : Oui tout à fait ! Pour Chrystal Castles, 100 pourcent du public est là pour les voir, et 95 pourcent n’a pas encore eu 18 ans, et leur temps d’attention est très limité. C’était donc très dur de faire ces premières parties ! Mais on a eu beaucoup de plaisir aussi : on a adapté note show, en le rendant très électro, et aussi très court. L’idée était en quelque sorte de les éblouir avec beaucoup de sons et de lumières, et de laisser Chrystal Castles faire leur spectacle ! Pareil avec les Black Angels, je veux dire… Max : Les fans des Black Angels étaient incroyables ! Ce sont tous des rockers (rires). Les gens étaient très ouverts, on a eu beaucoup de retours positifs de la part du public… Je ne sais pas comment le dire, c’était juste beaucoup de plaisir, mais deux expériences totalement différentes. FB : Vous avez joué sur de nombreux très grands festivals, le Primavera à Barcelone par exemple, après ces expériences, que préférez vous aujourd’hui, les grandes scènes ou les petits concerts ? Joseph : Il faut juste adapter son spectacle au public… Cela dépend, si tu joues durant la journée ou tard dans la nuit. Pour nous par exemple, de jouer l’après-midi, cela n’a rien à voir. Par contre, de jouer la nuit, devant 8000 personnes : si cela ne te bouleverse pas, tu es fou ! Ce n’est pas dans nos habitudes… Nous sommes plutôt rompus aux concerts devant 200 personnes, dans des petites salles dont la transpiration coule du plafond. C’est peut-être ceux-là les meilleurs ! (rires) Mais il n’y pas de vrais règles, j’aime les deux, personnellement. FB : Selon votre myspace, vous avez enregistré de nouvelles chansons début juillet. Peut-on s’attendre à un nouvel opus prochainement ? Votre premier album, « Zeroes QC » a été produit en deux semaines, vous avez donc étés plutôt rapides, cela va-t-il être pareil cette fois-ci ? Max : Oui on a quelques titres, qui vont former un single en format 12’’, probablement pour la prochaine fois qu’on revient. Mais il sera disponible à la commande dès sa sortie, on a même un accord avec Fedex ! (rires) . Quant à l’album… Je ne sais pas, c’est dur à dire. Si on arrive à glisser quelques nouvelles chansons lors de chaque concert, et se familiariser avec, oui cela ira très vite dès que l’on sera à nouveau en studio. Mais si les titres nous donnent du fil à retordre, cela sera plus de l’essai, du retravaillage, de l’expérimentation… Tout ce que j’espère, c’est que l’album sera bon ! FB : Votre label « Secretly Canadian », abrite de nombreux autres artistes de talent, Antony and the Johnsons ou The war on drugs pour ne citer qu’eux, lesquels vous inspirent le plus ? Avec lesquels voudriez-vous collaborer ? Joseph : Vous pourriez sélectionner n’importe lequel, vraiment ! Il y a une telle diversité de musique sur le label. Mais je pense que celui que j’ai écouté le plus dernièrement était « The War on Drugs ». Lorsque leur nouvel album est sorti, notre groupe entier était comme sous le choc ! (rires) Alors si cela n’en devait être qu’un, alors ce serait « The War on Drugs ».
interview Suuns (Taille: 3.93MB)
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