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Vendredi 2 et samedi 3 septembre, le festival accueillait le spectacle du danseur et chorégraphe Boris Charmatz, « Enfant », qu’il a créé pour le festival d’Avignon 2011, en coproduction avec la Bâtie. Boris Charmatz, également invité d’honneur du festival, dirige le Centre chorégraphique de Rennes et de Bretagne depuis 2009, qu’il a transformé en un Musée de la danse d’un genre nouveau.

Faisant partie du mouvement de la non-danse, qui a pris son essor dans les années 1990, Boris Charmatz aime à montrer des corps mus par des forces extérieurs ou des machines. Dans « Enfant », ce sont d’abord les adultes qui sont manipulés par des machines : deux câbles hissent un homme et une femme inertes et ne maîtrisant pas leurs mouvements. Un tapis roulant installé en courbe fait rouler le corps d’une danseuse dans un mouvement perpétuel alors que deux autres danseurs sont secoués par les forts tremblements d’une autre machine, mimant ainsi, semble-t-il, les soubresauts d’un acte d’amour.

De ce ballet de corps d’adultes naît ensuite des enfants qui sont eux aussi tout d’abord endormis et manipulés par les adultes. Ces corps d’enfants, comme une matière malléable et fragile à la fois, sont trimbalés de part et d’autres de la scène par les adultes qui jouent avec eux. Puis peu à peu ils s’éveillent au son de la musique et du chant et apprennent à maîtriser leurs corps. Les enfants pourront alors prendre leur indépendance et jouer avec les adultes jusqu’au moment où ce sera les enfants qui devront s’occuper des adultes.

Le chorégraphe Boris Charmatz a fait un travail incroyable avec les enfants, qui sont souvent au cœur des questions que se pose notre société sur le pouvoir, l’avenir, mais aussi notamment la peur constante de la pédophilie. Il cite le philosophe français Jean-François Lyotard qui écrit : « Dénué de parole, incapable de station droite, hésitant sur les objets de son intérêt, inapte au calcul de ses bénéfices, insensible à la commune raison, l’enfant est éminemment l’humain parce que sa détresse annonce et promet les possibles. Son regard initial sur l’humanité, qui en fait l’otage de la communauté adulte, est aussi ce qui manifeste à cette dernière le manque d’humanité dont elle souffre, et ce qui l’appelle à devenir plus humaine ».

Le spectacle sera à nouveau présenté au Théâtre de la Ville de Paris en octobre. Plus d'infos sur www.borischarmatz.org/assister.

 

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